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 Let me fall with you | ft. Niadan

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MessageSujet: Let me fall with you | ft. Niadan   Dim 23 Oct - 21:50



Let me fall with you
Niadan

L’odeur de la bière remplit le lieu alors que je lave le comptoir collant d’alcool renversé. Il y a encore eux de la casse ce soir. Parfois, je comprends pourquoi Aidan n’aime pas de savoir que je travaille ici. Encore aujourd’hui, on n’est pas passé loin de l’agression à l’arme blanche. Ce bar n’est clairement pas le plus calme du quartier mais ça à l’avantage d’être une source de revenu fixe. Mais contrairement au rouquin, je n’ai pas pu entreprendre des études. Pas l’argent, pas de stabilité. Et maintenant, maintenant je suis trop vieux que pour faire quelque chose de plus productif de ma vie. Je me suis habitué à tout ce quotidien. Ce soir, c’est moi qui fais la fermeture. Et ça tombe bien, j’ai une petite vente à faire sur le chemin du retour. Un rapide coup d’œil à l’horloge m’apprend qu’il est presque deux heures du matin. Je vais pas devoir trop trainer si je veux être à l’heure au rendez-vous. Je m’active, finissant de ranger chaises et tabourets, de nettoyer certaines tables. Je file ensuite au vestiaire où je récupère mon hoodie que j’enfile rapidement. Il n’y a que le silence autour de moi, dans le bar vide. Le patron me fait suffisamment confiance pour me laisser gérer les fermetures seules depuis le temps où je bosse ici. Je me dirige vers la sortie, faisant un arrêt derrière le bar. J’y ouvre rapidement un tiroir, faisant sauter le double fond. C’est là que je range la marchandise. Je récupère quelques sachets de poudre avant de remettre le tiroir à sa place. Je jette la capuche de mon pull sur ma tête et je m’enfonce dans l’obscurité de la nuit d’Edimbourg.

J’espère que ce soir, Aidan ne m’aura pas attendu avant d’aller se coucher. Je risque de rentrer plus tard que d’habitude et je ne voudrais pas qu’il se pose de questions. Je file dans les rues pratiquement désertes, filant à mon point de rendez-vous. Je n’ai pas pris plus que je ne pourrais vendre avec moi. Hors de question de ramener cette merde chez nous. J’ai trop de respect pour Aidan pour ça. Dealer, c’est mon choix et cela n’a pas à se répercuter sur lui. Surtout pas depuis les proportions délirantes que cela à prit il y a deux semaines. Pas depuis que je joue les indics et encore moins depuis que les flics veulent m’utiliser pour choper quelques poissons un peu trop volumineux pour eux. Je m’arrête au point de rendez-vous. Au moins, ils ferment les yeux sur mon commerce tant qu’ils ne me chopent pas à vendre à des mineurs. C’est déjà ça. Et ils m’ont promis de garder mon conjoint loin de tout ça. Au moins, ça m’évitera cette paire d’yeux bleus furieux que je connais si bien de me juger pour mon comportement idiot. On a clairement passé l’âge de toutes ces conneries mais force est de constater qu’il a murit beaucoup plus vite que moi à ce propos. Je suis resté un mome qui ne rechigne pas devant un peu d’argent facile. Après tout, je ne fais que vendre, je ne suis pas responsable de la manière dont ils consomment. Il y a toujours un risque de rechute. A chaque fois que je vois les petits sachets préparés en avance, je manque de céder. Je sens l’adrénaline couler dans mes lèvres à chaque fois. Vais-je craquer ? Ou pas ? C’est grisant et après une ou deux fois pour dépanner un client, j’ai continué. Cette argent nous permet d’arrondir certaines fins de mois, de vivre encore plus confortablement que normalement. Après tout, barman, ça paye pas si bien que ça…

Je m’arrête à côté de la fameuse boite aux lettres. Et ça ne manque pas, il ne faut pas attendre plus de dix minutes avant qu’une camionnette ne passe, s’arrête. La portière s’ouvre et je m’engouffre à l’intérieur sans réfléchir. On me fait retirer mon hoodie, je les observe me placer un micro absolument pas discret. On me rabâche les mêmes informations dans les oreilles. J’ai du mal à saisir en quoi le mec que je vais croiser ce soir est si dangereux, si insaisissable. Je me laisse faire par les forces de l’ordre autour de moi. Mais je ne suis pas dupe, je sais parfaitement que je ne vais pas les aider à ferrer ce poisson. Pourquoi serait-ce le cas ? Je ne suis personne, je ne vois pas comment je pourrais faire changer les choses pour eux. Finalement, la camionnette s’arrête et je descends. Je remets ma capuche sur ma tête alors qu’un homme ivre crie son malheur au monde, plusieurs rues plus loin. Je vérifie mes poches. La came est toujours là. D’un pas rapide, je me dirige vers mon second rendez-vous de la nuit. Un agent me susurre des instructions au creux de l’oreille, je ne l’écoute pas. Ou à peine. Une fois sur place, je dois attendre plus longtemps pour voir notre homme débarquer. Il est accompagné d’une prostituée. Un agent sous couverture à ce que l’on me dit. Je me contente de faire mon job, de lui proposer mon produit, de monnayer le prix. Alors qu’il va me payer, quelque chose change dans son attitude. Je ne réalise que trop tard qu’il a remarqué l’oreillette à la con qu’ils m’ont fait portés. Je me recule, levant les mains en l’air alors qu’il pointe une arme sur moi.

Mon cœur bat à cent à l’heure, je recule jusqu’à me retrouver acculé contre un mur. Je ferme les yeux et sursaute lorsque la détonation part. Puis, le silence. J’ouvre un œil, puis l’autre. Je n’ai rien. Rien, si ce n’est des éclaboussures de sang sur le visage. L’homme est devant moi, gémissant sa douleur. L’agent infiltré est à genoux à ses côtés, lui lisant ses droits alors que la cavalerie est en train d’arriver. Il y a du sang. Sur le sol, sur moi. L’homme était beaucoup trop proche. Je panique. Je me décolle du mur et je quitte les lieux, arrachant micro et appareils d’écoute en chemin. Bordel, on ne m’avait jamais dit que ma vie serait mise dans la balance ! Furieux et le cœur au bord des lèvres, je rentre chez moi à pied. J’ignore l’un des agents qui m’interpelle alors que je quitte les lieux. Tout ce que je veux, c’est être chez moi. Après un quart d’heure de marche, j’y suis enfin. Je me sens sale. Je ne pense plus aux paquets de cocaïnes qui sont présent dans mon hoodie, je ne pense plus au fait de devoir aller bosser demain après-midi. Il y a juste ce sang que je sens sur mon visage.

Alors que je rentre enfin, je me rue à la salle de bain. J’oublie totalement de me faire silencieux pour ne pas réveiller Aidan, j’oublie que contrairement à moi, son emploi n’est pas nocturne. Je retire rapidement hoodie et t-shirt, les laissant tomber sur le sol de la salle de bain. Je fais couler l’eau de l’évier et je m’asperge le visage. Plusieurs fois. Encore et encore. J’observe mon reflet, j’essaye de chasser l’image de l’homme à terre de mon esprit. Je me penche à nouveau pour me laver le visage une nouvelle fois. Lorsque je me relève, je vois une silhouette derrière moi dans le miroir. Je sursaute et je me retourne, faisant face à Aidan. Et je me rappelle seulement maintenant que je ne suis pas sensé rentré aussi tard et que j’aurais probablement dû être plus discret. Mais je suis toujours en état de choc et ces réflexions ne font que passer dans mon esprit embrouillé. Je grimace, essayant d’obtenir un peu de désintérêt de sa part. « Désolé de t’avoir réveillé Aidan. Retourne te coucher, je te rejoindrais plus tard. » Restait plus qu’à espérer qu’il ne pose pas trop de questions…
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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Dim 23 Oct - 23:14



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Les yeux rivés sur mon écran d'ordinateur, je prépare mes dossiers pour le lendemain. J'ai énormément de choses à faire et de gens à voir. Ça me fait chier, j'aimerais bien tout envoyer balader et faire autre chose de ma vie mais ça paye bien et ça nous permet d'avoir un niveau de vie confortable alors, je la ferme, je serre les fesses et je travaille comme tout le monde. Il y a des jours où j'ai envie de claquer la porte et de partir refaire ma vie ailleurs avec nos économies. Ce serait bien quelques temps mais une fois la source de revenue tarie, qu'est-ce qu'on ferait ? On reprendrait ce même train de vie assommant. Pourtant, il y a des gens qui sont heureux dans le lot, mes parents. Ils ont eu la joie d'avoir un fils qui a réussi dans sa vie, pour le peu que ça veut dire. De toute façon, c'est trop tard maintenant. J'ai passé l'âge de courir à droite et à gauche, de jouer au cow boy à vouloir conquérir le monde. Je devrais me contenter de ce que j'ai au lieu de toujours chercher plus. Je jette un rapide coup d’œil à l'heure. 2h du matin, j'ai beaucoup trop traîné. Je frotte doucement mes yeux fatigués en lâchant un bâillement. Vu l'heure, je peux patienter encore un peu que Niall rentre, je suis plus à cinq minutes près. Tic, tac, les minutes passent et il se fait attendre. Je tente de lutter tant bien que mal contre le sommeil mais je finis par sombrer.

La porte claque et je me relève en sursaut, encore groggy, les yeux embrumés par la fatigue. Je me lève de mon siège en me massant la joue après avoir durement dormi sur le clavier et je file voir ce qu'il se passe. La porte de la salle de bain est grande ouverte et la lumière allumée. Je sors mon téléphone et je regarde l'heure. Il sursaute lorsqu'il me voit dans le miroir « T'es en retard, je peux savoir ce que tu faisais ? Et t'as pas intérêt à me dire que t'avais des clients couches-tards » « Désolé de t’avoir réveillé Aidan. Retourne te coucher, je te rejoindrais plus tard. » Mon regard se pose sur ses vêtements qui traînent sur le sol. Bordel, il sait que je déteste ça. Attendez… Est-ce que c'est du sang, ça ? Nan, c'est sûrement des tâches d'alcool. Tâches qui ressemblent énormément à du sang quand même. J'attrape le hoodie et je l'examine de plus près. Je n'avais pas vu au premier coup d’œil mais il y en a vraiment beaucoup « Niall ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tout va bien, tu n'as rien ? » Ma voix est inquiète, qu'est-ce qu'il a bien pu lui arriver ?

Je fais un pas vers lui avant de retirer expressément mon pied après avoir marché sur un truc. Je me penche pour le ramasser. C'est un petit sachet contenant… Mon visage se ferme automatiquement après avoir compris ce que contenait ce petit sachet. Il a replongé, c'est ça ? Ça ne lui a pas servi de leçon la désintox ? Fou de rage, je lui attrape violemment l'épaule et je l'oblige à me regarder directement plutôt qu'à travers le miroir « Bordel de merde Niall, qu'est-ce que tu fous avec de la drogue sur toi ?! Je peux savoir ce qui t'es passé par la tête ?! T'as plutôt intérêt à avoir une excellente explication parce que, c'est clairement pas quelque chose avec lequel je plaisante ! Ça t'as pas suffit les mois passés en cure de désintox ? Tu en redemandes ? Ou alors, quoi, tu l'as vends ? Putain mais c'est quoi ton problème ? Vendre de la drogue à de pauvres gosses paumés, ça te fait bander, c'est ça ? Ça te rappelle ta jeunesse ? » Je marque une pause, tellement déçu de savoir qu'il est retombé là-dedans « Bordel Niall… C'est ça ton plan de carrière ? Tu veux vraiment replonger là-dedans ? Et sans déconner, si tu me dis que t'as consommé, je te fous dehors à grands coups de pieds au cul » J'en reviens pas ! J'arrive pas à croire qu'il a été aussi con ! Bordel ! On s'en était sorti, pourtant, on avait réussi à décrocher tous les deux et le voilà qui replonge. « Je te préviens, tu arrêtes tes conneries immédiatement sinon, c'est terminé » Moi-même, je n'arrive pas à déterminer si je mettrais réellement cette dernière menace à exécution. Le truc, c'est que j'ai peur. Pour lui, déjà mais aussi, de façon totalement égoïste, pour moi. S'il replonge, je ne veux pas retourner là-bas avec lui. Un aller-retour m'a grandement suffit et depuis, j'ai tout fait pour me tenir éloigné loin de ces conneries. Sauf que ce soir, me voilà avec un petit sachet entre les doigts et même si je refuse de l'admettre devant lui, ça me démange, ça me démange horriblement. Cette sensation de manque, de vide… J'avais réussi à l'oublier mais maintenant que la tentation est à portée de main, c'est dur de penser à autre chose.

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Dim 23 Oct - 23:49



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« Niall ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tout va bien, tu n'as rien ? » Et merde. Je me tends et je ne suis déjà plus capable de le regarder dans les yeux. Depuis qu’on est ensemble, ça a toujours été comme ça. Je suis juste putain d’incapable de le regarder dans les yeux quand je veux lui cacher quelque chose. Je ne pense pas qu’il l’ait déjà remarqué sinon j’aurais beaucoup plus de problème au quotidien qu’actuellement. D’une main, je me saisis de mon propre coude, pestant intérieurement sur mon incapacité à lui mentir. Je mens à tout le monde. Pourquoi j’y arrive pas avec lui ? C’est pas comme si je l’avais jamais fait par le passé mais, depuis qu’on est ensemble, ça a toujours été différent. Sa poigne se referme sur mon épaule et je grimace alors qu’il me force à le regarder. Ouais, il a compris. J’aurais tellement voulu le garder loin de tout cela. Je déteste tellement la flicaille pour m’avoir jeté dans leurs merdes. « Bordel de merde Niall, qu'est-ce que tu fous avec de la drogue sur toi ?! Je peux savoir ce qui t'es passé par la tête ?! T'as plutôt intérêt à avoir une excellente explication parce que, c'est clairement pas quelque chose avec lequel je plaisante ! Ça t'as pas suffi les mois passés en cure de désintox ? Tu en redemandes ? Ou alors, quoi, tu l'as vends ? Putain mais c'est quoi ton problème ? Vendre de la drogue à de pauvres gosses paumés, ça te fait bander, c'est ça ? Ça te rappelle ta jeunesse ? » Le discourt de mon amant fait mal à entendre. Je serre les dents et j’encaisse. Je n’avais effectivement pas le droit de rentrer avec ça sur moi. J’avais toujours voulu le tenir loin de tout cela et voilà que je viens d’échouer lamentablement. Je vais pour lui répondre, pour m’excuser de ma connerie mais sa colère ne me laisse pas le temps de me justifier. « Bordel Niall… C'est ça ton plan de carrière ? Tu veux vraiment replonger là-dedans ? Et sans déconner, si tu me dis que t'as consommé, je te fous dehors à grands coups de pieds au cul. Je te préviens, tu arrêtes tes conneries immédiatement sinon, c'est terminé. » Que lui dire ? Lui sortir le fameux ‘c’est pas ce que tu crois’ ? Si. C’est en grande partie ce qu’il croit. Et il a raison, c’est stupide et irresponsable. Mais en attendant, ça me permet de mettre un peu d’argent de côté, ça nous permet de mettre de l’argent de côté.

Je me penche pour ramasser mon hoodie et mon t-shirt. J’espère que ça va partir au lavage… Si j’ai encore envie de porter ces vêtements un jour… Alors que mon pouce passe sur une tâche de sang, je sens la nausée revenir, les images du sang se répandant sur le trottoir me reviennent. Non, c’est pas le moment de flancher. Après une brève absence, je suis rappelé à moi par un frisson. Un courant d’air caresse mon torse nu de manière plutôt désagréable. « C’est… Ok, je revends à quelques clients par ci par là mais je n’ai jamais consommé moi-même. Je fais juste la passerelle. Rien de grave là-dedans. Je vends qu’à des adultes qui savent ce qu’ils font avec leur dosage. Du moins, j’essaye. » Je contourne Aidan, sortant de la salle de bain pour rejoindre notre chambre. Je sors un t-shirt d’un tiroir et je l’enfile rapidement. Quand je me retourne, c’est pour constater qu’Aidan m’a suivi. « Écoutes… Je sais ce que t’en pense. C’est pour ça que je t’en ai jamais parlé… Et que j’ai jamais rien ramené ici. Parce que je sais la tentation que ça peut représenter et je voulais pas t’infliger ça. Pas après ce par quoi on est passé pour en sortir. Mais faut se faire à l’évidence, Aidan. J’ai pas de diplôme, j’ai rien. Bosser dans un bar est sans doute la plus belle promotion sociale que j’aurais. T’as tellement plus que moi et… Et je voulais aussi poser ma pierre à l’édifice, j’voulais qu’on puisse vivre mieux. Mais je te jure que j’ai jamais reprit quoi que ce soit ou vendu à des gamins. Et je n’ai jamais rien ramené ici… Jusqu’à ce soir… Mais j’ai paniqué. Je… » Lui dire ou pas ? Je ne sais pas si j’ai le droit… Je suppose que oui. Après tout, on partage tellement de choses Aidan et moi.

« Je voudrais me retirer du jeu que je pourrais plus… Les flics m’ont mis la main dessus et depuis, j’suis devenu un indic pour les flics. C’était ma première mission pour eux ce soir… Ca… Ça c’est plutôt mal passé. Je me suis barré dès que c’était finit. J’ai plus pensé aux doses que j’avais sur moi. Je voulais juste virer le sang que j’avais sur moi et te prendre dans mes bras. J’ai merdé. J’ai totalement merdé, Aidan. J’suis désolé. »  Je m’assis sur mon lit. Ouais, je me suis bien planté en beauté. Je prends ma tête entre mes mains. Je revois encore le canon de l’arme pointé sur moi, la main ferme et décidé qui le tenait, mon cœur qui s’est arrêté l’espace de quelques secondes à l’entente de la détonation. Il n’y a pas moyen que je bosse à nouveau pour eux. Pas comme ça, pas dans ces conditions. « Je crois que j’ai eu la peur de ma vie ce soir… Et pas le moindre mutant dans le coin pour éventuellement me sauver le cul… Je… Je vais essayer de leur faire comprendre que j’arrête, que c’est trop pour moi ce genre de trucs. »
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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Mer 2 Nov - 21:26



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« C’est… Ok, je revends à quelques clients par ci par là mais je n’ai jamais consommé moi-même. Je fais juste la passerelle. Rien de grave là-dedans. Je vends qu’à des adultes qui savent ce qu’ils font avec leur dosage. Du moins, j’essaye. » « Rien de grave !? Est-ce que tu te fous de moi ? Est-ce que je dois te rappeler que c'est illégal ?! Et même sans ça, c'est putain de dangereux, tu pourrais te faire planter par un abruti qui en a trop pris ou juste parce que tes prix sont trop élevés ou parce que t'as refusé d'en vendre. Bordel Niall, tu cherches à te faire tuer, c'est ça ?! » J'ai encore du mal à digérer la nouvelle. Savoir que mon amant participe à ça me retourne l'estomac. On y a participé plus jeune, on a vu à quel point c'est un monde pourri jusqu'à la moelle alors, j'ai un peu de mal à comprendre qu'il ait replongé là-dedans.

Il me contourne et sort de la salle de bains. Ah, parce qu'il compte esquiver la discussion, en plus ? Certainement pas. « Écoutes… Je sais ce que t’en pense. C’est pour ça que je t’en ai jamais parlé… Et que j’ai jamais rien ramené ici. Parce que je sais la tentation que ça peut représenter et je voulais pas t’infliger ça. Pas après ce par quoi on est passé pour en sortir. Mais faut se faire à l’évidence, Aidan. J’ai pas de diplôme, j’ai rien. Bosser dans un bar est sans doute la plus belle promotion sociale que j’aurais. T’as tellement plus que moi et… Et je voulais aussi poser ma pierre à l’édifice, j’voulais qu’on puisse vivre mieux. Mais je te jure que j’ai jamais reprit quoi que ce soit ou vendu à des gamins. Et je n’ai jamais rien ramené ici… Jusqu’à ce soir… Mais j’ai paniqué. Je… » « Mais enfin, Niall, on n'a pas besoin que tu vendes de la drogue pour nous assurer un niveau de vie convenable. J'ai mon travail et tu as le tien et ça marche très bien comme ça. Si tu voulais prendre un deuxième boulot, tu avais des milliers de possibilités mais non ! Monsieur a choisi la vente de drogue. Bordel Niall, est-ce que tu as la moindre idées des risques que tu encours ?! Bon écoute, on n'est clairement pas des modèles de vertu mais là, t'as vraiment dépassé les bornes ! »

« Je voudrais me retirer du jeu que je pourrais plus… Les flics m’ont mis la main dessus et depuis, j’suis devenu un indic pour les flics. C’était ma première mission pour eux ce soir… Ca… Ça c’est plutôt mal passé. Je me suis barré dès que c’était finit. J’ai plus pensé aux doses que j’avais sur moi. Je voulais juste virer le sang que j’avais sur moi et te prendre dans mes bras. J’ai merdé. J’ai totalement merdé, Aidan. J’suis désolé. » Je reste quelques secondes à le regarder, le temps d'imprimer ce qu'il vient de me dire « Attends… Tu as fait quoi ?! » Non mais c'est pas vrai, quand je me dis qu'il n'a plus rien d'autre à avouer, il trouve toujours une nouvelle connerie à faire. Devenir un indic pour les flics, il est complètement dingue ou quoi ? « Je crois que j’ai eu la peur de ma vie ce soir… Et pas le moindre mutant dans le coin pour éventuellement me sauver le cul… Je… Je vais essayer de leur faire comprendre que j’arrête, que c’est trop pour moi ce genre de trucs. » « Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je ne suis pas en colère contre toi ? Que j'ai pas envie de te frapper tellement t'es un abruti inconscient ? Que je ne t'en veux pas d'avoir replongé ? Même si tu consommes pas, t'as quand été en contact avec de la drogue. T'as été un putain d'indic pour les flics ! J'arrive pas à croire que tu me sortes ça aussi facilement, à croire que t'as même pas calculé les risques ! Non seulement, tu risques de finir en taule mais tu pourrais te faire poignarder par un inconnu parce que t'as balancé un de leur pote » Je marque une pause, je ne sais pas quoi dire, mis à part à quel point je suis déçu « J'arrive pas à croire que t'as été aussi con... »

Je reste debout à le regarder, tachant de retrouver le Niall d'avant, celui qui n'aurait pas fait une pareille connerie pour de l'argent. Mais pour l'instant, tout ce que je vois, c'est un Niall épuisé. Je n'ai pas envie d'être clément avec lui. Il a fait des choix, il faut assumer maintenant. Il m'a caché ça, il a fait ses petites magouilles dans mon dos et ça vient de lui retomber sur le coin de la gueule. J'ai envie de dire que c'est un bon retour des choses. Seulement, je ne peux m'empêcher d'avoir peur pour lui. Il est rentré vraiment dans un sale état et il n'a pas l'air bien… Et merde, fais chier « Donne moi les doses, on va s'en débarrasser tout de suite »

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Ven 4 Nov - 2:45



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« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je ne suis pas en colère contre toi ? Que j'ai pas envie de te frapper tellement t'es un abruti inconscient ? Que je ne t'en veux pas d'avoir replongé ? Même si tu consommes pas, t'as quand été en contact avec de la drogue. T'as été un putain d'indic pour les flics ! J'arrive pas à croire que tu me sortes ça aussi facilement, à croire que t'as même pas calculé les risques ! Non seulement, tu risques de finir en taule mais tu pourrais te faire poignarder par un inconnu parce que t'as balancé un de leur pote. » Je grimace légèrement et j’enroule mes bras autour de moi, cherchant la chaleur approximative d’un quelque chose. Je revois cette arme pointée sur moi. C’était pas la première fois, on a eu quelques expériences moches par le passé avec Aidan, mais c’était la première fois où j’étais lucide… Et où je me rendais compte de tout ce que j’avais à perdre dans ces conneries. Je pensais bien faire mais j’ai merdé grave. Et la descente n’avait rien d’amusant à vivre. La réalité à le gout amer d’une claque en plein visage et les mots de mon amant ont quelque chose de perçant, s’insinuant au plus profond de moi, ne laissant plus que le poids des remords et des regrets. « J'arrive pas à croire que t'as été aussi con... » Un léger rire désabusé m’échappe. Les descentes, ça n’a jamais rien de drôle. Et là, c’est carrément la remise en question que je voulais par-dessus tout éviter qui me revient en pleine face avec la délicatesse d’un coup de poing. Je fixe le sol, incapable de regarder Aidan dans les yeux, d’assumer ma connerie. Ce soir, je me sens comme la dernière des merdes et vu à quel point le rouquin semble être choqué, je doute même qu’il me laisse dormir dans notre lit ce soir. « Moi aussi j’ai du mal à y croire… Ca partait d’une bonne intention et puis… les choses ont dérapées… » Et ça pour avoir dérapé… Ce n’est pas qu’un peu… Du passage pour faire la commission, pour dépanner un ami, c’est devenu régulier… Puis, j’ai fini par prendre un pourboire sur la vente et les choses ont été si vite à partir de là… Quand les flics sont rentrés dans l’équation, il était juste putain de trop tard que pour faire marche arrière.

« Donne-moi les doses, on va s'en débarrasser tout de suite » Mon regard remonte vers lui, un peu surpris. Je m’attendais à ce qu’il me fasse la morale toute la nuit et me fasse la gueule pendant au moins quelques semaines mais non… Il me propose déjà de se débarrasser de la drogue. Je me penche pour récupérer mon pull, allant chercher les sachets que j’avais rangé dans la poche centrale. Je les observe un instant. Pas parce qu’ils me font envie, mais pour la somme d’argent qu’ils représentent. C’est un trou qui va se creuser dans notre budget de vie, c’est de l’argent perdu, jeté par les fenêtres. J’ai du mal à retenir un soupir. Je déteste gaspiller de l’argent. C’est plus fort que moi, c’est au-dessus de mes forces depuis que mes parents m’ont foutus à la porte avec rien du tout pour subvenir à mes besoins. J’ai appris la valeur des choses et là, ça fait un peu mal. Mais je me relève sans discuter. De toute manière, je n’arriverais pas à le convaincre qu’il vaut mieux vendre ce qu’il reste pour ne pas créer un trop gros trou dans notre budget. Il est bien trop fier et buté que pour entendre raison sur ce sujet et, après tout, j’ai des choses à me faire pardonner. Je refuse cependant d’agiter ça trop longtemps sous ses yeux ou même de lui faire passer les sachets entre les mains. Du coup, je me dirige directement aux toilettes où je vais jeter le tout. Quitte à tout jeter, je préfère m’assurer que rien ne se glisse dans sa poche. C’est moche de ma part de douter, surtout compte tenu du fait que je sais à quel point ça a été difficile pour lui de raccrocher, tout comme pour moi. Mais je suis bien placé pour savoir que cette tentation est et restera toujours présente pour lui comme pour moi. Je n’étais pas bien sûr de pouvoir me faire confiance à moi-même au début. Avec le temps, je me suis montré étonnement résistant à cette tentation, ce qui m’a plutôt étonné. Je ne préfère pas tenter le diable. Une fois tous les sachets au fond de la cuvette, je tire la chasse, observant mon argent s’en aller stoïquement. « Voilà. Tout est parti. Je m’occuperais de mon stock demain. » Ou pas… Je compte bien le revendre celui-là… Et même monter un peu le prix pour amortir le coup de la perte de ce soir. Mais je ne me réapprovisionnerais pas. J’ai déjà fait bien assez de dégâts comme cela…

Je ne me sens toujours pas en top forme mais je l’ai bien comprit maintenant, je ne recevrais pas le réconfort dont j’ai besoin de la part de mon partenaire ce soir. Il est fatigué, en colère et probablement un peu inquiet au milieu de tout cela. Il va préférer me faire payer ma connerie. Depuis le temps où on se connait, je sais bien que je ne dois même pas tenter ma chance. Je retourne donc sans un mot dans notre chambre où j’isole une couverture que je plie soigneusement avant de mettre mon oreiller dessus. « Je suppose que tu ne veux pas de moi dans ton lit ce soir… Je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps avec mes histoires, tu travailles demain non ? Je ne veux pas que tu sois épuisé à cause de mes conneries. » Parce qu’il pourra critiquer aussi longtemps qu’il le voudra, il pourra bouder aussi longtemps qu’il le voudra mais, quoi qu’il face, quoi qu’il me dise, cela ne changera rien aux faits. Le passé est le passé et il a l’étrange propriété de ne pas pouvoir être modifié. En tout cas, je n’ai pas encore croisé de mutants capable de le faire. Le mieux que je puisse faire, c’est reconnaître avoir merdé et essayer de regagner sa confiance en lui laissant le temps de digérer l’information. En plus… Je ne sais toujours pas si je vais rendre le contenu de mon estomac ou pas… Du coup, il est plutôt sage de ne pas passer le reste de ma nuit avec lui. Peut-être même que j’irais me forcer à vomir si vraiment cela ne passe pas… Cela aura au moins le mérite de remettre un peu les choses en place… J’espère… Je soupire et je ramasse mon paquetage pour la nuit, posant un regard chargé de regrets sur mon amant. J’ouvre la bouche, prêt à m’excuser à nouveau mais rien ne vient. Sans doute parce que je reste un con arrogant s’étant déjà excusé  pour ça ou peut-être est-ce la honte de lui avoir mentit tout ce temps, n’attendant que le moment où je pourrais enfin lui déballer toute la vérité pour me soulager de ce poids ou bien est-ce tout simplement la nausée que j’essaye de retenir tant bien que mal. Mais, quoi que ce soit, cela empêcha les mots de s’échapper de mes lèvres. Ma bouche se referme et je me met en route vers le salon, prêt à y passer plusieurs nuits d’affilées.
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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Dim 11 Déc - 0:03



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« Je suppose que tu ne veux pas de moi dans ton lit ce soir… Je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps avec mes histoires, tu travailles demain non ? Je ne veux pas que tu sois épuisé à cause de mes conneries.
- Tu supposes bien »

Je le toise durement et je le regarde s'en aller sans bouger. Je lui en veux horriblement. Je pensais pas qu'il serait assez con pour replonger dans le monde de la drogue. Je m'étais visiblement trompé. Je le comprends pas. Il est pourtant allé en désintox, je sais qu'il a énormément souffert là-bas et il ose rentrer ici avec de la drogue dans les poches en m'annonçant qu'il dealait. Je devrais lui botter le cul et lui couper les mains en plus de l'obliger à dormir sur le canapé bon marché. J'ai encore du mal à admettre que cette situation est belle et bien arrivée, que Niall a replongé et que cet abruti en a ramené ici. Je suis fou de rage, et extrêmement déçu et dégoûté. Je ne veux même pas entendre plus d'excuses, il n'y a plus rien à dire. Assume tes conneries, Southway.

♦ ♦ ♦

Mes yeux parcourt rapidement des dossiers importants. Je cherche une information capitale pour le dossier d'un client et je suis incapable de remettre la main sur le papier. C'est pas très professionnel tout ça. Sans parler que mon patron va me tuer si je ne boucle pas cette affaire. Depuis le temps qu'on travaille dessus, il serait temps d'en finir. D'abord pour le client, et puis pour nous aussi, qu'on puisse enfin passer à autre chose. Je m'effondre contre le dossier de la chaise en poussant un profond soupir. Je suis épuisé, ça fait quelques jours que je ne dors pratiquement pas la nuit. Depuis que Niall est revenu à la maison, les vêtements tâchés de sang et les poches remplies de drogue. On s'est engueulé et depuis, c'est tendu. Et ça va rester comme ça très longtemps. Je ne suis pas prêt de lui pardonner sa connerie. C'était irresponsable, irrespectueux et terriblement con de sa part. On a tous les deux soufferts à cause de cette merde et il… Putain, j'ai déjà dit ça des dizaines de fois et pourtant, j'ai du mal à y croire, j'ai du mal à m'y faire. Peut-être que je refuse. Je ne veux pas admettre que l'homme que j'aime est un putain d'abruti incapable de se tenir éloigné de ce monde qu'on a pourtant quitté des années auparavant.

Pour couronner le tout, je suis pris de violentes migraines. « Fais chier » Je cherche dans anti-douleurs dans un tiroir quand on frappe à la porte. Je n'ai pourtant pas été prévenu d'une visite et je n'ai aucun rendez-vous de prévu… Le gars de l'accueil était pourtant là, ce matin. C'est quand même son job de prévenir quand on a des clients. Il est pas payé pour se détendre à la machine à café et pour ramener les sandwichs le midi. Je finis par trouver le flacon de pilules que je cherchais « Une minute » J'attrape ma bouteille d'eau qui trônait à proximité de mon écran d'ordinateur et j'avale de quoi soulager mes maux de têtes. Pendant ce temps, on frappe de nouveau. « Une minute ! » Aucun respect. La porte s'ouvre dans un fracas et je regarde les invités avec un air dubitatif « J'allais vous faire rentrer hein, pas la peine de vous énerver » Un quart de seconde plus tard, j'ai compris. Ce ne sont pas des clients. La plupart des personnes qui viennent ici ne portent pas de costards impeccables et ne possèdent pas d'insignes de police. Et de badges du FBI. Oh, ok.

« Je peux vous aider ? 
- Nous recherchons quelqu'un et nos sources nous indiquent que vous le connaissez. Dîtes-nous la vérité, avez-vous été en contact avec un petit dealer de drogues. La trentaine, cheveux bruns, assez grand 
- Non, désolé, ça me dit rien. Pourquoi, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien qui ne vous concerne si vous n'avez pas d'informations à nous donner »

♦ ♦ ♦

Je rentre chez moi, encore un peu secoué par l'intervention des flics à mon bureau. C'était Niall qu'ils recherchaient. Quand cet abruti se fout dans la merde, il s'y fout pas à moitié hein. Il a les feds sur le cul et je les ais sûrement aussi maintenant. Je le déteste tellement. Lui qui se préoccupe tant de l'argent, il risque de ruiner ma carrière. Il nous met tous les deux en danger avec ses conneries. Il va finir en prison, ou on va finir en prison, tous les deux. Les feds ne feront même pas de distinction. Allez hop, on les embarque. Putain, j'aime Niall mais je prendrai pas 10 ans de taule pour lui, certainement pas.

Je referme la porte derrière moi. Je la verrouille à clé. J'espère que Niall a pris son double avant de partir au travail parce que sinon, cette nuit, il va dormir sur le paillasson. De toute façon, il l'aura bien cherché. Je refuse d'ouvrir à qui que ce soit, ce soir. Surtout pas après ce qu'il s'est passé cette après-midi. Le Chat vient doucement se frotter à mes jambes, ce gros maton est toujours là quand on a besoin de lui. Je le prends dans mes bras et je nous dirige à la cuisine pour lui servir un peu de lait. Sur la chaise, je remarque le hoodie tâché de sang. Je le fusille du regard, comme si ce vêtement était responsable de tous mes malheurs. Malheureusement, je ne peux pas accuser ce bout de tissu, c'est la personne qui le portait la coupable. Je me surprends à penser qu'il reste peut-être un sachet dans la poche ventrale. Non non et non, je fais déjà suffisamment payer sa connerie à Niall, c'est pas pour y céder à mon tour. Ça a été trop dur de décrocher, de laisser cette merde derrière moi. Mon sevrage ne s'est pas fait sous la surveillance de professionnels, il n'y avait personne pour s'assurer que je survivrais à ça. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était soigner quand je me blessais et me regarder me battre contre mes démons.

Je serre les dents tout en approchant la main du hoodie. S'il reste de la drogue, il faut que je m'en débarrasse tout de suite mais on sonne de nouveau à la porte. C'est ma journée ou quoi ? Je m'attends à entendre la voix de Niall mais une autre voix me parvient, beaucoup moins amicale

« Police ! Ouvrez-nous !
- Oh merde ! »

Je me dirige lentement vers la porte, peu rassuré sur la suite des événements. Pourquoi sont-ils là ? Qu'est-ce qu'ils veulent ? Je déverrouille lentement la porte et aussitôt, une horde de policiers déboule chez moi et me bouscule au passage

« Eh ! Vous vous prenez pour qui là ?! Qu'est-ce que vous faites ?
- On a un mandat, on va fouiller la maison. Votre amant deal de la drogue et on va le prouver
- Faites-moi voir ce mandat »

Il déplie un bout de papier et me le tend. Au premier coup d’œil, je constate avec douleur qu'il est officiel. Je relève des yeux haineux vers l'agent en face de moi et je lui rends le papier. J'étouffe une insulte avant de rentrer à l'intérieur, suivi de près par le reste du groupe d'intervention. De tous les côtés fusent des ''RAS'' et des ''Aucune trace de drogue''. Je les regarde d'un air condescendant. Bah oui, vous vous attendiez à quoi ? Niall est un con mais il ne serait pas allé jusqu'à en planquer dans l'appartement non plus. Tout simplement parce que si j'étais tombé dessus par moi-même au lieu de me l'avouer par lui-même, ma réaction aurait été beaucoup plus violente. Les chiens reviennent vers leur maître, la queue entre les jambes.

« Je vous raccompagne pas.
- On se reverra, Monsieur Pàdraig »

C'est ça, allez, bye bye.

♦ ♦ ♦

Depuis que les fédéraux sont repartis, je suis assis au piano, je joue depuis des heures maintenant. Ça me permets de me vider la tête, de penser à autre chose, dans l'attente d'avoir une véritable discussion avec Niall. Parce qu'après ce qu'il s'est passé aujourd'hui, je dois mettre de côté ma colère impulsive et lui demander de véritables explications. Et surtout, s'il a une sortie de secours. Parce que les flics ne lâcheront rien. Surtout cet agent là, il est plus que déterminé, un véritable requin. J'ai déjà croisé des gens comme lui, ils ont impitoyables et ne reculent devant rien. Ils se foutent royalement de l'éthique et de la morale et ils n'hésitent pas à employer la force si nécessaire. J'ai peur. Pas pour moi mais pour Niall. Il va avoir à faire à cet homme et il n'en ressortira peut-être pas indemne.

Le cliquetis des clés dans la serrure me fait stopper en plein milieu du morceau que j'étais en train de jouer. Je me lève et j'attends d'accrocher son regard. « Faut qu'on parle. Te fais pas d'idées, je suis toujours en colère contre toi et je suis pas prêt de te pardonner. » Je lui fais signe de s'asseoir sur la canapé et je m'installe sur la fauteuil, en face de lui. « Il s'est passé quelque chose aujourd'hui. Les fédéraux sont venus dans mon bureau, ils m'ont posé des questions, ils voulaient savoir si je te connaissais. Je leur ai dit non. » Je fais une pause, le temps qu'il assimile cette information avant de continuer « C'est pas fini. Je suis rentré et les fédéraux sont revenus avec un mandat pour fouiller l'appartement. Ils pensaient trouver de la drogue et heureusement pour toi, il n'y en avait pas. T'as vu l'ampleur des conséquences de tes conneries ? Est-ce que t'es fier de ce que t'as accompli ? Tout ça pour quelques dollars, tu risques de finir en prison. Dis-moi que tu as TOUT arrêté et que tu as une sortie de secours, dis-moi aussi qu'ils n'ont jamais vu ton visage et que la description qu'ils m'ont faites,c 'est simplement un portrait-robot » S'il-te-plaît, dis-moi qu'on s'en sortira, dis-moi que tu t'en sortiras.

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Dim 11 Déc - 18:35



Let me fall with you
Niadan

J’ai été con. Et ça, Aidan me le fait bien sentir. Je dors mal sur le canapé, j’ai l’impression d’avoir le dos en miette. Chaque fois que je le croise, je me prends un regard polaire. J’ai été trop loin cette fois ci et j’en ai bien conscience. Le pire ? Je commence à ne plus être si sûr de voir notre couple survivre à cette ultime connerie. Mais bon, je suppose que ça aurait été encore pire si je n’avais pas tout dit à ma moitié et que je m’étais contenté d’espéré qu’il ne sache jamais pour tout cela. J’ai arrêté de m’excuser depuis plusieurs jours. Je vois bien que cela ne mène à rien et n’arrange pas mon cas. Et je ne suis pas particulièrement masochiste. Ramper à ses pieds juste pour le plaisir… Je suis capable de le faire par amour si cela à un sens et conduit à quelque chose mais gratuitement et sans rien en retour… Il ne faut pas pousser non plus… J’ai tout de même un minimum de fierté. Je suis fatigué et j’ai encore plus décalé mes services et heures de sommeil. Cela me permet de pouvoir de temps en temps rentrer après qu’Aidan soit déjà parti au boulot. Ces jours-là, je peux me glisser dans notre lit et espérer faire quelques heures de sommeil correct. A côté de cela, je m’occupe d’écouler le plus vite possible mon stock. Cela me garde dehors plus longtemps que d’habitude et m’aide à décaler mes cycles de sommeil pour de bon. Ça me fait chier d’en arriver à éviter Aidan mais son regard lourd de reproche commence à être difficile à supporter. Je déteste quand il me fait me sentir coupable d’un truc qui ne créait aucune culpabilité en moi avant ça. Il a ce don pour me rendre meilleur que je ne le suis réellement… Je ne sais pas si je trouve ça bien ou si ça me frustre totalement. Je suppose que c’est un peu des deux à la fois. Foutu rouquin…

Parallèlement à ma vente intensive, j’ai fait comprendre aux fédéraux que c’était finit, que je ne courrais plus pour eux. Il ne manquerait plus que je me fasse tuer dans leurs conneries. Ils n’ont pas aimés. J’ai bien fait d’avoir attendu d’avoir liquidé mes stocks avant de les prévenir. Ils sont passés plusieurs fois au bar et m’ont abordé plusieurs fois en rue. Je n’en ai parlé à personne. Qui suis-je aller voir quand l’Etat lui-même me harcèle ? Sérieusement, j’ai l’impression d’être un morceau de viande que l’on veut récupérer. Pendant ce temps, je dois faire avec mes contacts qui essayent d’obtenir de moi que je me remette à vendre. Il n’en est cependant pas question. J’ai les feds au cul et j’ai aucune envie de perdre Aidan pour des conneries pareilles. C’est fatiguant. A chaque fois que je croise un home en costume dans la rue, un frisson court le long de mon dos. Est-ce eux ou pas ? Suis-je suivis ? Je n’en sais rien. Mais tous les jours, alors que je rentre chez moi, c’est avec soulagement que je retrouve l’ambiance tendue qu’il y a actuellement entre mon amant et moi. Ce soir, devant la porte d’entrée, je m’arrête un instant. Aidan est en train de jouer du piano. J’aime bien l’entendre jouer. Il a cette manière bien à lui de faire sonner les notes. Je sais que je ne devrais pas profiter de l’instant, je sais qu’il joue quand il est face à des émotions fortes, je doute qu’elles soient heureuses aujourd’hui. Mais je profite de cet instant que je peux m’imaginer comme calme derrière cette porte.

Finalement, je décide de le briser et je rentre enfin chez moi. Comme je m’en doutais, la musique s’arrête immédiatement. Cela me manque les soirées où il jouait pour moi et où je l’accompagnais de temps en temps en chantant. Je ne suis pas un bon chanteur et Aidan se moque souvent de moi quand j’essaye, gentiment, pour me taquiner. J’aime voir la malice pétiller dans ses yeux quand il se moque gentiment de moi. Cela me manque… Ça me manque cruellement. Mais aujourd’hui, ce sont des yeux sérieux et furieux qui accrochent mon regard. Je m’immobilise, attendant que le glas retentisse. Qu’est-ce que j’ai encore fait de travers ? Je me suis débarrassé de la drogue, j’ai arrêté de m’excuser quotidiennement et je ne lui ai même pas parlé du harcèlement dont je suis la victime. Cela fait partie de la suite logique de mes actes, je n’ai pas à m’en plaindre. « Faut qu'on parle. Te fais pas d'idées, je suis toujours en colère contre toi et je suis pas prêt de te pardonner. » Il me fait signe de m’asseoir et je m’exécute en silence. Ses mots me tendent. Ca y est ? C’est la fin ? Il va m’annoncer qu’il ne veut plus de moi ? Ça serait la suite logique. Rien que l’idée de le voir me repousser me tétanise d’effroi mais j’essaye de ne pas le lui montrer. « Il s'est passé quelque chose aujourd'hui. Les fédéraux sont venus dans mon bureau, ils m'ont posé des questions, ils voulaient savoir si je te connaissais. Je leur ai dit non. » « Les enfoirés. » Ma réponse est sortie toute seule en une exclamation incontrôlée.

« C'est pas fini. Je suis rentré et les fédéraux sont revenus avec un mandat pour fouiller l'appartement. Ils pensaient trouver de la drogue et heureusement pour toi, il n'y en avait pas. T'as vu l'ampleur des conséquences de tes conneries ? Est-ce que t'es fier de ce que t'as accompli ? Tout ça pour quelques dollars, tu risques de finir en prison. Dis-moi que tu as TOUT arrêté et que tu as une sortie de secours, dis-moi aussi qu'ils n'ont jamais vu ton visage et que la description qu'ils m'ont faites, c 'est simplement un portrait-robot » Je serre les dents et je détourne le regard. « Parce que tu crois sincèrement que je suis fier de moi là ? J’ai tout arrêté. Il n’y a plus rien. Ni ici, ni là où je planquais mes stocks. J’ai tout vidé et j’ai fait savoir aux feds qu’ils devaient plus compter sur moi… » Je me passe une main dans les cheveux et je détourne le regard, incapable de soutenir les yeux clairs de mon amant. « Depuis, ils me harcèlent. Ils n’ont pas aimés que je me retire et depuis, ils me rendent la vie impossible. Ils étaient sur un gros coup et ils comptaient sur moi pour servir d’appât. Et comme j’ai bossé avec eux, oui ils connaissent mon nom, mon visage et mon adresse. Mais j’ai gardé des preuves des boulots que j’ai faits pour eux. Ils peuvent pas m’enculer sur ce coup et ça les rends dingue… Je suppose que c’est pour ça qu’ils s’en sont pris à toi… Putain, je vais leur casser la gueule la prochaine fois qu’ils viendront fouiner au bar… » Nerveux et furieux par cette réalité, je me relève et je frappe dans le mur le plus proche. Ça fait mal. Ça fait un mal de chien mais bordel qu’est-ce que ça fait du bien. Quoi que je face, je suis baisé. Je cède à leur chantage, je perds Aidan. Je ne cède pas, je continue à me faire harceler et je risque de voir Aidan me quitter à cause du harcèlement qu’il subira lui aussi par ma faute. « Fait chier ! »

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Mar 20 Déc - 22:56



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Niadan

« Parce que tu crois sincèrement que je suis fier de moi là ? J’ai tout arrêté. Il n’y a plus rien. Ni ici, ni là où je planquais mes stocks. J’ai tout vidé et j’ai fait savoir aux feds qu’ils devaient plus compter sur moi… Depuis, ils me harcèlent. Ils n’ont pas aimés que je me retire et depuis, ils me rendent la vie impossible. Ils étaient sur un gros coup et ils comptaient sur moi pour servir d’appât. Et comme j’ai bossé avec eux, oui ils connaissent mon nom, mon visage et mon adresse. Mais j’ai gardé des preuves des boulots que j’ai faits pour eux. Ils peuvent pas m’enculer sur ce coup et ça les rends dingue… Je suppose que c’est pour ça qu’ils s’en sont pris à toi… Putain, je vais leur casser la gueule la prochaine fois qu’ils viendront fouiner au bar… » Mes yeux sont toujours rivés sur lui. Je l’observe calmement et je ne réagis pas quand son poing rencontre le mur d’en face. Moi aussi, j’aurais bien besoin d’évacuer cette colère désormais non plus dirigée vers Niall, mais vers les fédéraux. Il a fait une connerie et il n’y a que moi qui ait le droit de lui botter le cul et de lui faire vivre un enfer pour ça. Je le laisse se calmer, sans un mot. Je réfléchis à un moyen de nous en sortir, tous les deux. Je lui en veux encore, beaucoup même d’avoir trahi la confiance que j’avais placé en lui mais il est hors de question que je le perde à cause de cela. Ce serait stupide et je sais que je m’en voudrais d’avoir brisée notre histoire. Je pensais lui faire payer encore pendant un moment, je ne voulais pas lâcher prise tout de suite mais il est évident qu’il y a plus important à s’occuper pour l’instant. Notre propre État, celui qui est censé être de notre côté et nous protéger, nous harcèle pour qu’on flanche les premiers. Il en est hors de question.

« Fait chier !
- Calme-toi, s’énerver ne sert à rien. Comme tu l’as dit, ils ne peuvent rien faire pour l’instant. Et puis, on est protégé, ils ne peuvent pas utiliser la violence sinon, les preuves ne seront pas recevables par un juge. On mène la danse alors, reste calme »

On mène la danse, oui, mais pour combien de temps ? Combien de temps avant qu’ils ne trouvent quelque chose de tangible, d’irréfutable ? Aucune idée mais ça lui pend au nez, ça nous pend au nez. Je pourrais très bien être condamné pour complicité, je suis sûr que ça ferait très plaisir à l’Inspecteur trouduc. S’il arrive à faire gober au juge que j’étais au courant et que je couvrais les traces de Niall, on tombe tous les deux. J’aime Niall, évidemment, mais est-ce que je suis prêt à prendre des années de prison pour lui ? Le harcèlement, je gère, une raclée, aussi, mais perdre ma carrière et tout ce que je possède ? Je ne sais pas. « Écoute… Je connais deux ou trois contact qui travaillent au bureau, je peux essayer de les contacter et de leur demander conseil. T’inquiètes pas, ils sont ok, c’est de bons amis, ils ne diront rien au fédéraux. » Je me lève pour le rejoindre. Mes pas claquent contre le sol et j’arrive à hauteur de Niall. Doucement, j’attrape son poing meurtri et je l’examine. Ça fait un moment que nos deux peaux n’ont pas été en contact, ça m’avait manqué, il m’avait manqué. Timidement, je m’approche pour me blottir contre lui, ma tête reposant délicatement contre son torse. Mes bras entourent doucement le corps de cet homme que j’ai repoussé depuis des jours. De colère, de déception, de peur aussi. Savoir que les fédéraux en ont après nous a eu l’effet d’un baume apaisant sur cette plaie ouverte qu’était notre couple. On ne doit pas céder, pour rien au monde. Je respire le parfum de mon amant retrouvé, l’esprit pourtant tourmenté par ce qui nous attend demain « On va s’en sortir, ok ? »

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Lun 26 Déc - 12:11



Let me fall with you
Niadan

« Calme-toi, s’énerver ne sert à rien. Comme tu l’as dit, ils ne peuvent rien faire pour l’instant. Et puis, on est protégé, ils ne peuvent pas utiliser la violence sinon, les preuves ne seront pas recevables par un juge. On mène la danse alors, reste calme » Pour combien de temps ? Ma main me fait mal mais ce n’est rien comparé aux émotions qui me ravagent de l’intérieur. Combien de temps au juste Aidan va-t-il accepté de vivre tout ça pour moi ? Combien de temps avant qu’il ne décide que je n’en vaille pas le coup et qu’il me plante sur place ? Notre couple est en sursis, un condamné dans le couloir de la mort qui n’attend plus que l’annonce de la date fatidique. Et c’est entièrement ma faute. Je suis totalement coupable de cet état de fait, de cette situation. « Écoute… Je connais deux ou trois contacts qui travaillent au bureau, je peux essayer de les contacter et de leur demander conseil. T’inquiètes pas, ils sont ok, c’est de bons amis, ils ne diront rien au fédéraux. » Je relève les yeux de ma main blessée quand je le vois bouger dans mon champ de vision périphérique. Je l’observe s’approcher, mon cœur manquant un battement. Ses doigts encerclent mon poignet avec cette délicatesse qu’il a toujours eux envers moi. Mon cœur ce sert. Depuis combien de temps nos peaux ne se sont-elles pas frôlées ? Moi qui suis plutôt du genre tactile avec mes amants, je suis totalement au supplice depuis qu’il a mis cette distance entre nous. Le voir tous les jours sans pouvoir le prendre dans mes bras, sans pouvoir laisser ma main courir le long de son dos, sans lui voler un bref baiser avant qu’il ne parte travailler… C’est difficile pour moi. Ce sont tous des petits gestes qui sont devenus naturels, partie intégrante de notre quotidien. Je souffre de ce manque de contact…

Il s’approche de moi et se blottit tout contre mon torse. Immédiatement, mes bras s’enroulent autour de lui, le serrant avec une force tendre tout contre moi. Tel un adolescent, je sens mon rythme cardiaque s’accélérer suite à cette proximité retrouvée. Cet homme aura un jour ma peau. Je me sens tellement sensible à la manière dont il me regarde, à son bonheur, à son bien être… Je brule d’être proche de lui. Je ne sais pas quelles genres de folies je serais capable de faire pour lui. Sans doute que je m’étonnerais moi-même en voyant ce dont je suis capable pour lui. Comme j’ai l’habitude de le faire quand je suis inquiet, je baisse la tête pour embrasser son crâne et perdre mon nez dans ses cheveux. Je ferme les yeux et profite de sa présence dans mes bras, je m’imprègne de son odeur si particulière, si propre à lui, si Aidan. Mon Aidan. L’un de mes bras cercle ses hanches, le maintenant tout contre moi, lui bloquant toute possibilité de retraite. L’autre barre son dos, ma main venant reposer sur son épaule, caressant du bout des doigts le creux de sa nuque dans un geste tendre qui est devenu automatique pour moi quand je l’ai dans mes bras. Je ne m’attendais pas à recevoir ce réconfort auquel je ne pensais pas avoir droit. Après tout, je suis le seul responsable de cette situation. Quelque part, il est normal que j’assume ma connerie. « On va s’en sortir, ok ? » Je prends une inspiration profonde, serrant un peu plus fort mon amant contre moi. Je ne sais pas comment il fait ça mais il arrive toujours à trouver les mots ou les gestes pour m’apaiser quand j’en ai besoin. « J’ai peur de te perdre. » La gorge nouée par la crainte, ma voix sort à peine plus forte qu’un murmure. Confier mes craintes… C’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à faire. Me montrer vulnérable a toujours été difficile pour moi, l’admettre de vive-voix, encore plus. Mais aux côtés de cet homme, j’apprends lentement mais surement à m’ouvrir, à le laisser prendre soin de moi quand je ne vais pas bien. Une excuse menace à nouveau de sortir de mes lèvres mais je la ravale. S’apitoyer sur la situation ne va en rien aider à la dénouer. Tout aussi mal je peux me sentir par rapport au fait que j’impose cette situation à l’homme que j’aime, pleurer sur notre sort ne servira à rien. « Je vais tout faire pour qu'on s'en sorte… » Une promesse soufflée dans un moment de tendresse, dans un moment de peur. Je n’ai pas envie de lâcher Aidan. J’ai peur qu’il ne reprenne de la distance après ça. J’ai peur que, si je le lâche, il finisse par se rendre compte que je ne vaux pas le fait de se faire harceler par des agents gouvernementaux. Je mesure trop bien la chance que j’ai d’avoir cet homme dans ma vie, dans mon lit, dans mes bras. C’est plus qu’un raté comme moi ne pourra jamais avoir. Parfois, j’ai l’impression que je ne suis pas fait pour une vie aussi simple, aussi morne, aussi creuse. Comme si je ratais le plus important, comme si j’étais destiné à me battre pour quelque chose au lieu de me contenter de faire mes heures de boulot avant de retourner retrouver ma petite vie de couple. Mais j’ai bien vu ce à quoi pouvait ressembler une vie d’action. J’avais espéré faire une différence, pouvoir rendre Aidan fier de moi. J’ai juste réussit à paniquer et risquer de foutre notre vie en l’air. Bien joué.

♦ ♦ ♦


Je me penche pour récupérer mon courrier quand quelque chose me semble ne pas tourner rond. Je me redresse et je me penche en arrière pour m’assurer de l’origine de cette sensation. Je souris et je lève la main pour saluer l’agent du gouvernement qui nous flique depuis plusieurs semaines. On a décidé, avec Aidan, de faire comme si de rien n’était. C’est pas facile tous les jours, ça laisse une sorte de tension d’arrière fond trainer dans notre quotidien mais il vaut mieux leur donner la sensation de prendre ça à la rigolade plutôt que d’en pleurer. L’agent en question me tire la gueule, ce qui me fait sourire davantage. Je rentre chez moi avec cette sensation bizarre toujours présente. Il est quatre heures du matin et je rentre tout juste de mon shift. Je monte rapidement les escaliers vers notre étage et cette sensation s’intensifie. J’étouffe un juron quand, enfin, j’arrive sur notre pallier. La porte est grande ouverte. Ils n’auraient pas osés tout de même ? Mon sang se glace. Aidan ! Je me précipite à l’intérieur après quelques secondes de blancs. Faites qu’il aille bien ! L’appartement est totalement ravagé. Comment c’est possible alors qu’on a le gouvernement au cul ? Comment ils ont pu ne pas se rendre compte de ça ? Aucune trace du mutant que je cherche. Même en sondant autour de moi, je ne le ressens pas. Il n’est pas là. Je sens une chape de plomb et de panique me tomber sur les épaules. Ce que je craignais le plus serait-il en train d’arriver ? Je passe mes mains dans mes cheveux alors que j’essaye de résister à la panique. Ils ont… Ils ont pris Aidan… Déjà, mon esprit s’emballe alors que tous ce qu’ils pourraient être en train de lui faire me passe en tête. J’ai fait ça. Je suis totalement responsable. Cela ne peut pas être le gouvernement… Ils auraient fait ça beaucoup plus tôt et ils n’ont à priori pas le droit de faire ça… N’est-ca pas… ? Cela ne laisse qu’une seule autre possibilité. Et elle ne me plait pas du tout. Il faut croire que le retrait de mon business n’a pas plu des deux côtés… L’angoisse, la panique et la peur montent. Que faire ? Allez voir l’agent gouvernemental en bas ? N’est-ce pas risquer davantage la vie d’Aidan ?

Je sursaute quand la sonnerie d’un téléphone retentit dans l’appartement dévasté. Je trouve l’appareil sur la table du salon, tellement mit en évidence que je ne l’avais pas vu dans le chaos de ce qui était devenu notre chez-nous. Nul doute qu’il y avait dû avoir lutte d’ailleurs. J’espère qu’il n’est pas blessé. Presque fébrilement, j’attrape l’appareil. « Où est-il ? » Pour seule réponse, on me balance une adresse avant de me raccrocher au nez. Mes mains tremblent alors qu’elles se portent à mes lèvres. Mais qu’est-ce que j’ai fait… ? J’essaye de me calmer, de ne pas m’enfoncer davantage dans la panique. Cela me prend un moment avant que je n’arrive à rassembler mes esprits. Je note l’adresse que l’on m’a donnée pour être sûr de ne pas l’oublier. Sortir d’ici sans que cela ne soit remarqué, sans que l’on me suive. J’opte pour le sous-sol qui sert de laverie. Il y a des petites fenêtres qui donnent sur l’autre côté de la rue. Je suis capable de m’y faufiler. Cela me demande un peu de contorsion mais j’étais expert en la matière quand il s’agissait de filer en douce quand j’étais ado. Je fini dans la rue avec une seule chose en tête, retrouver Aidan et m’assurer qu’il aille bien.

♦ ♦ ♦


Je lève les bras quand je sens le froid d’un canon se poser sur ma nuque. Je ne sais pas trop comment j’espérais que les choses se passent mais en tout cas, j’aurais espéré qu’il n’y avait pas d’armes impliquées. Presque directement, trois truands sortent des ombres de l’usine désaffectées, venant me fouiller. Sans doute s’attendaient-ils à me voir arrivé avec un micro, comme la dernière fois. Je serre les dents alors que je me force au calme, à ne pas leur demander avant toute chose où est mon compagnon. Je me laisse guider sans un mot, sans la moindre idée de ce qu’ils attendent de moi, de ce qu’ils veulent. L’arme est toujours pointée sur moi. J’ai baissé les mains sans que cela n’ait l’air de les déranger. Après tout, ils se sont assuré que je n’étais pas armé. Même si ça aurait été tentant de venir avec un flingue… Mais je n’aurais pas su comment m’en servir donc je ne suis pas sûr que ça aurait été très intelligent. Finalement, on débouche sur une salle plus grande. Je dois me retenir de réagir quand je vois Aidan attaché à une chaise, ayant visiblement prit quelques coups. Mes jambes se font cotonneuses alors que je cherche son regard. Je ne sais pas qui je cherche le plus à rassurer quand nos yeux s’accrochent. Je suis  terrorisé rien qu’à voir l’homme que j’aime dans cette situation par ma faute. « Vous voulez quoi ? » Ma voix sonne rude. Je préfère ça à supplier. « Tes talents. Tu vas bosser pour nous si tu ne veux pas qu’on abime ce joli minois. » Je ne peux m’empêcher de faire un pas en avant quand je vois ce couteau approché du visage d’Aidan. On me retient, m’empêchant de l’approcher. « Ok ! Ok ! Je ferais ce que vous voudrez mais ne lui faites pas de mal ! » Le couteau s’éloigne de sa gorge et je relâche un souffle que j’ignorais retenir. Le gars tenant l’arme ricane et je le fusille du regard, jurant silencieusement que, un jour, j’aurais la peau de cet enfoiré. « On a besoin de vendeurs aussi talentueux que toi. » « Big news, j’suis collé par les fédéraux. Je pourrais rien vendre sans qu’ils ne s’en rendent compte. » « Eh bien, tu vas devoir te montrer imaginatif alors. » Je serre les dents. « Ok… Je trouverais. Relâchez Aidan. Je roule pour vous, c’est bon. Dites-moi juste où je trouve la came et je m’occuperais de la revendre. » Je gars chantonne, visiblement content de m’avoir fait plier si vite. « Je te fais parvenir les infos sur le téléphone que je t’ai gracieusement offert. Ne me déçois pas ou je saurais ou le retrouver. » Pendant ce temps, on détache Aidan. Une fois que je suis sûr que je ne vais pas créer de situation à problèmes en le faisant, je marche rapidement jusqu’à lui et je m’agenouille pour terminer de le détacher. Mes mains légèrement tremblantes de peur et d’inquiétude frôlent ses joues. « Je suis là. Tout va bien. » Le murmure affolé s’échappe de mes lèvres avant que je ne l’aide à se lever. Au temps pour les câlins, je veux juste qu’on se tire de se traquenard. Sous les sourires arrogants des truands, on prend la direction de la sortie. On se retrouve finalement seul et dehors. Je suis sur le point de craquer. « Ça va ? Je te désinfecte ça dès qu’on est rentré à la maison. Je suis désolé, Aidan. »
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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Mar 27 Déc - 0:34



Let me fall with you
Niadan

« J’ai peur de te perdre. » Moi aussi. Je ne veux pas que tout s’écroule à cause de ça. T’as fait une connerie, une très grosse journée mais ça en serait une plus grosse de le rejeter pour ça. Je ne sais pas si j’arrêterai un jour de lui en vouloir, même secrètement mais ce que je sais, c’est que je veux mettre de côté ma colère. C’est capital si je veux que notre couple survive à ça. On est seul. Seuls contre tous. Seuls contre cet État qui est pourtant censé veiller sur nous et nous protéger. Seuls face à ces chiens prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent, même à détruire la vie d’innocents. Je ne plierai pas devant eux, je refuse. Avec Niall, nous allons tenir, continuer à vivre, malgré l’oppression. Parce qu’on peut rien faire d’autre. Toute notre vie est ici, il est hors de question de partir. On va rester, c’est chez nous. Peu importe le harcèlement, la surveillance ou les visites répétées, ils ne nous feront pas baisser la tête.

Cette résolution, germant doucement dans mon esprit tandis que je m’abandonne dans l’étreinte de Niall. Blotti contre son torse, cela me fait l’effet d’un cocon protecteur. J’ai l’impression que rien peut nous arriver, que nous sommes en sécurité, que ce moment va durer éternellement. Je n’ai pas envie de briser ce contact. Contact qui m’avait tellement manqué, plus que ce que je veux bien le dire. Durant ces dernières semaines, j’ai absolument refusé tout ce qui venait de lui. Je ne voulais rien entendre. C’était trop douloureux, de savoir que l’homme que j’aime a trahi la confiance que j’avais placé en lui, de savoir qu’il avait repris contact avec nos vieux démons et qu’en plus, il avait osé en ramener ici un soir. C’était trop mais je n’ai pas eu la force de lui claquer la porte au nez. Avec n’importe qui d’autre, je l’aurai fait et il le sait. C’est peut-être pour cela qu’à un moment, il a cessé d’insister, de quémander mon pardon. Aujourd’hui encore, je ne lui pardonne pas entièrement, ce n’est que partie remise. Je garde au fond de moi une trace de ce qu’il s’est passé, pour ne jamais oublier. Toutefois, c’est volontiers que je me laisse aller à ce moment de tendresse, ce moment volé, si cher à mes yeux et que j’avais pourtant si longtemps repoussé. Je resserre un peu plus mon étreinte autour de son torse, de peur qu’il ne m’échappe, de peur qu’il ne m’inflige ce que je lui ai infligé. Je ne veux pas que ce moment se brise, se termine dans un soupir, une lamentation. J’aime cet homme et je ne suis même pas sûr qu’il le sache. Je ne crois pas lui avoir déjà dit un jour, c’est une erreur de ma part, je sais que je le regretterai un jour. Je dois lui dire. Finalement, Niall prend la parole et me coupe l’herbe sous le pied. Je ravale mes mots insipides. « Je vais tout faire pour qu'on s'en sorte… » Je sais. Je vais tout faire pour aussi. C’est pour lui que je prends les armes, au sens littéral comme au figuré. Tandis que ses caresses parcourent ma nuque, me faisant doucement frissonner au passage, mes pensées s’organisent, telles une armée se préparant pour le champs de bataille. Je ne me battrai pas physiquement mais j’ai des contacts, des amis hauts placés, des relations, on peut arranger les choses, faire pencher la balance en notre faveur.


♦ ♦ ♦


Assis au piano, je fais sonner les notes harmonieusement, au rythme du métronome trônant fièrement à sur le piano. Le harcèlement est devenu notre quotidien et j’ai besoin d’évacuer le stress et la frustration que cela provoque. Je ne peux rien faire d’autre, j’ai les mains liés et ça me rand dingue. Mes amis du barreau ne peuvent rien faire, ce sont des fédéraux, après tout, ils ont tous les droits. Ils m’ont dit de porter plainte contre l’État. Ahah, et que va faire l’État, hein ?! S’inculper lui-même ? Tss. Une fausse note, puis deux et je m’arrête dans une cacophonie de sons discordants. « Fais chier » Je me lève, j’ai besoin d’un verre. Je me dirige lentement vers la cuisine, me passant rageusement une main dans les cheveux. La bouteille de Whisky est sortie, comme toujours depuis quelques temps maintenant. Je porte le liquide ambré à mes lèvres quand des bruits de pas résonnent derrière la porte. C’est sûrement Niall. Un coup à l’horloge au-dessus de ma tête me contredit immédiatement. Il doit rentrer à 4h du matin et il n’est que minuit. Peut-être les voisins ? Il pourrait faire moins de bruits dans même. Sauf que le son qui me parvient aux oreilles me contredit une fois de plus. On est en train de crocheter ma serrure. Sans même chercher à comprendre, je repose mon verre et j’attrape un couteau de boucher dans un des tiroirs. Je me cache, de façon à voir les intrus. La porte s’ouvre dans un fracas, comme si quelqu’un venait de mettre un coup dedans et cinq personnes entrent en trombe. Oh merde ! Ils fouillent l’appartement, le mette sans dessus-dessous. Le Chat me passe devant et coure vers le salon. L’un des hommes l’attrape par la peau du cou. Mon sang ne fait qu’un tour et je me jette sur l’homme. Surpris, il lâche Le Chat et j’en profite pour lui asséner un coup dans la cuisse. Son cri de douleur retentit et alerte les autres qui commencent déjà à affluer vers le salon pour voir ce qu’il se passe. « Chopez-le ! » Je pousse l’homme blessé sur les autres en train de se ruer sur moi, emportant au passage la table basse et tout ce qui traînait là. Avec mon couteau en main, j’en blesse un autre au visage, lui entaillant la joue et la pommette gauche mais je me fais rapidement maîtrisé par les autres. Je continue de me débattre « Lâchez-moi, bande d’enfoirés ! » Une douleur aiguë dans la nuque et c’était fini. Je m’effondrai sur le sol, vaincu.


♦ ♦ ♦


« Réveille-toi, crevard » Le poing de l’homme en face irradie mon arcade d’une vive douleur lorsque celui-ci cogne dessus. Un grognement m’échappe. Encore groggy, je lève des yeux douloureux vers la personne qui me frappe depuis tout à l’heure. Je souris à pleine dent « Frappez quelqu’un qui ne peut pas riposter, c’est plutôt toi le crevard dans l’histoire » Un autre poing s’écrase sur mon visage, me cassant le nez au passage. Un râle de douleur accompagne le saignement instantané. J’entends le reste de la troupe rigoler et c’est avec mépris que je mémorise chaque visage, chaque voix, chaque posture. Ces gens vont le regretter. « Me lance pas ce regard, c’était pas mon idée, je suis juste là pour distribuer les coups en attendant ton petit copain » J’esquisse un sourire sarcastique « C’est sûr, t’es clairement pas le genre de gars qui a des idées » Un autre coup s’abat. Je l’ai cherché mais ça valait le coup, il n’y a qu’à voir la tête qu’il fait. N’empêche, il a dit quelque chose d’intéressant. Seulement, c’est quelque chose qui n’a rien pour me rassurer. Niall va venir, ils disent qu’il va venir et je sais qu’une fois rentré, il va se diriger tête baissé vers cet endroit. Je vais tenter une menace, ça ne marchera pas mais ça les garde occupé et puis, si ça les distrait suffisamment, je donne une chance à Niall. Est-ce qu’au moins, il ne lui est rien arrivé ? Il va venir, oui, mais dans quel état ? « J’espère pour vous que Niall n’a rien, sinon je vous jure que je vais tellement vous cassez le couilles que même Jennifer Aniston sera moins féminine que vous » Un dernier coup de poing me met pratiquement K.O. La tête penchée sur le côté, je crache le sang agglutiné dans ma gorge. Son goût métallique me donnerait presque des hauts-le-coeur.

Le cliquetis d’une arme chargée résonne dans l’entrée du bâtiment et me donne froid dans le dos. Je refais légèrement surface, bien que ma vision reste trouble et brumeuse. Cette arme chargée, sur qui est-elle braquée ? La police ? Niall ? C’est mauvais signe, très mauvais signe. J’avais vu juste, un visage familier s’avance, dont je croise le regard voilé d’inquiétude. J’ai envie de lui dire de ficher le camp d’ici, que ces gens ne sont pas fiables mais le mal est fait.

« Vous voulez quoi ?
- Tes talents. Tu vas bosser pour nous si tu ne veux pas qu’on abime ce joli minois. »

Je remarque à peine ce couteau près de ma gorge, c’est surtout l’affolement soudain de Niall qui me fait réaliser et j’ai un mouvement de recul.

« Ok ! Ok ! Je ferais ce que vous voudrez mais ne lui faites pas de mal !
- Putain Niall, fais pas ça
- On a besoin de vendeurs aussi talentueux que toi.
- Big news, j’suis collé par les fédéraux. Je pourrais rien vendre sans qu’ils ne s’en rendent compte.
- Eh bien, tu vas devoir te montrer imaginatif alors.
- Ok… Je trouverais. Relâchez Aidan. Je roule pour vous, c’est bon. Dites-moi juste où je trouve la came et je m’occuperais de la revendre.
- Je te fais parvenir les infos sur le téléphone que je t’ai gracieusement offert. Ne me déçois pas ou je saurais ou le retrouver. »

Non… Comme si c’était pas assez d’avoir les fédéraux sur le cul, voilà qu’on se retrouve avec les dealers de drogue du coin. Dans les deux cas, ils rigolent pas. On est pris au piège entre ces deux forces qui s’affrontent et qui se servent de nous comme des putains de pantins. Pendant cette discussion, on me détache enfin. L’envie me prend de rendre la monnaie de sa pièce à l’autre connard mais Niall se rue vers moi et j’abandonne cette idée, bien que ça ma démange tout de même. « Je suis là. Tout va bien. » Sa voix, affolée, finit de me faire oublier ma petite vengeance. Il est là, il va bien, il n’a rien. Il m’aide à me relever et on se dirige vers la sortie, sous les regards victorieux des criminels. On s’est fait avoir comme des bleus.

« Ça va ? Je te désinfecte ça dès qu’on est rentré à la maison. Je suis désolé, Aidan.
- Qu’est-ce que tu as fait Niall ? Il ne fallait pas céder, tu te rends compte de notre position maintenant ? On est dans la merde, jusqu’au cou. On n’a plus rien... »


♦ ♦ ♦


Assis sur ce qu’il reste du canapé, Niall applique une compresse de désinfectant sur ma joue tandis que j’en tiens une autre sur mon arcade. Je vais devoir me recoudre ça. C’est pas que j’ai pas confiance en Niall mais disons que je préfère me recoudre tout seul. Je suis un peu dans le vague, le regard posé sur les yeux d’un amant qui a littéralement vendu son âme au diable pour venir me sauver. C’était carrément stupide. Je n’avais jamais espéré ça de quelqu’un, encore moins de Niall, cet amant que j’ai repoussé pendant des semaines. J’aurai compris qu’il me laisse tomber. Après tout, j’ai bien failli le faire. Quelque chose vient se frotter à mes jambes et un sourire étire mes traits à la vue du chat. Il est vivant, ils ne lui ont rien fait. Je l’attrape doucement et le dépose délicatement sur mes cuisses, passant ma main dans son pelage soyeux. Toujours au mauvais moment au mauvais endroit hein.

« Niall, je… Je suis désolé » Je me sens coupable. C’est ma faute s’il est de nouveau mêlé à cette histoire de drogue. « Je suis désolé, j’ai… J’ai reporté la faute sur toi mais c’est la mienne… Tu te retrouves encore embarqué là-dedans, je.. Je suis désolé… » Les larmes montent malgré moi. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai pleuré, surtout devant Niall. Sauf que là, c’est trop. Je mets sa vie en danger, il a de nouveau repris contact avec des dealers et tout ça par ma faute, tout ça pour me sauver. C’est injuste, c’est moi qui devrait rouler pour eux, comme monnaie d’échange pour ma libération. « Je… Hors de question de te laisser seul là-dedans, je.. Je vais me racheter, ok ? Je vais rejoindre leur groupe de dealer et… Et je vais échanger ma place contre la tienne. Après tout, c’est… C’est ma mutation que tu copies, pas vrai ? Je peux le faire aussi… S’il-te-plaît Niall, n’y retourne pas... »

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Mar 27 Déc - 16:42



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Niadan

Délicatement, j’applique la compresse sur le visage d’Aidan. Je me sens tellement mal de lui avoir imposé ça. Sans moi, ils ne s’en seraient pas pris à lui. Sans l’amour que je lui porte, ils n’auraient jamais eu pour idée de l’utiliser pour obtenir ce qu’ils voulaient de moi. Je me sens mal. J’ai les tripes tordues par la crainte de le voir à nouveau en danger par ma faute. Que faire ? Le plus sage serait encore d’aller voir l’un des agents qui nous colle au cul depuis des semaines et de tout leur dire, de leur demander d’être placé sous surveillance. Mais je ne sais que trop bien comment cela va finir. On va arriver au même point que celui que nous ne voulions pas me voir atteindre. Mais ne vaut-il mieux pas jouer les dealeurs sous la coupe du gouvernement ? Être une balance, c’est pas vraiment l’extase… Ça ne l’est pas du tout en fait… C’est le meilleur moyen de jouer avec le feu. Et ne je tiens pas vraiment à me bruler… Cependant…. Ils ont blessé Aidan… Et ça, ça je ne peux pas le pardonner. « Niall, je… Je suis désolé. Je suis désolé, j’ai… J’ai reporté la faute sur toi mais c’est la mienne… Tu te retrouves encore embarqué là-dedans, je… Je suis désolé… » J’émet un son agacé en faisant claquer ma langue sur mon palet, tout concentré que je suis à la tâche de nettoyer et désinfecter son visage. Cependant, je dépose le tout alors que je vois ses yeux se charger de larmes. Putain. Je vais tuer le mec qui a osé lui faire ça. « Je… Hors de question de te laisser seul là-dedans, je… Je vais me racheter, ok ? Je vais rejoindre leur groupe de dealer et… Et je vais échanger ma place contre la tienne. Après tout, c’est… C’est ma mutation que tu copies, pas vrai ? Je peux le faire aussi… S’il-te-plait Niall, n’y retourne pas… » Assis sur la table basse du salon, je sens mon cœur se serrer devant le spectacle qui se joue devant moi. Combien de fois au juste ais-je vu Aidan pleurer devant moi ? Si cela est seulement arrivé un jour en fait… Je m’avance sur mon siège improvisé et je me penche. Mes mains prennent son visage en coupe et je dépose un baiser sur son front. « Tu n’es coupable de rien. Si je n’avais pas commencé à jouer les dealers pour arrondir les fins de mois, rien de tout ceci ne serait jamais arrivé. C’est moi qui suis désolé que tu te sois fait blesser à cause de ma connerie. » Je lui vole un baiser rapide mais chargé de tendresse et de demande de pardon. Ses lèvres gouttent le sel de ses larmes et le fer de son sang. Mes mains restent sur son visage, le parcourant presque fébrilement. J’ai tellement eut peur pour lui ce soir. J’ai presque du mal à réaliser qu’il est toujours là, sous mes mains. Il va bien. J’ai du mal à m’en rendre compte, à me rassurer. Alors je lui vole un second baiser. « Je refuse de te voir te mettre en danger. C’est bien comprit ? »

Mes mains quittent enfin son visage mais uniquement pour mieux aller se poser sur ses genoux. Du pouce, je caresse sa cuisse en essayant de ne pas déranger le Chat. Il adore cet animal et il a le don de le détendre. Le chasser maintenant n’est pas une bonne idée. « Je pourrais tuer l’enfoiré qui t’a fait ça… » Je tente un sourire pour dédramatiser mes paroles et un léger rire nerveux m’échappe. Sincèrement, je pourrais réellement faire une grosse connerie si j’étais amené à avoir une opportunité concernant ce gars. Je secoue la tête légèrement et je me redresse. « Je suppose que tu vas vouloir faire tes points toi-même, comme la dernière fois… Je maintiens qu’on devrait aller aux urgences pour ton nez. Je crois bien qu’ils te l’ont cassé. » Je me redresse en essuyant mes mains. En m’occupant de lui, j’ai remplis mes doigts de son sang au fur et à mesure. Je regarde l’état de notre appartement et je ne peux retenir un soupir las en voyant l’état dans lequel est notre chez nous. Ils ont brisés tout ce qu’ils ont pu et il y a des tâches de sang sur le sol… Cela m’étonnerait qu’on arrive à ravoir ça… Ou à faire passer ça pour des taches de vin auprès de nos rares invités. « Tel que je vois les choses, on a trois choix qui s’offrent à nous dans l’état actuel des choses… Premièrement, je joue le jeu sans conditions en espérant même pouvoir nous garder un peu d’argent de côté pour rattraper les pots cassés. Ca fait chier et on retombe dans tous les travers que nous voulions éviter. Surtout qu’avec le gouvernement au cul, la vente va se faire difficile. Deuxièmement, on encule ces batards en prévenant les gars qui nous harcèlent depuis des semaines. Ils vont probablement m’utiliser comme taupe infiltré. C’est plus dangereux que la première option mais ça permet de retirer le problème du gouvernement de nos pattes et de couvrir mes actions. Et, en prime, on contribue à transformer la vie de ces enfoirés en un enfer sans nom. Troisième option… On emballe tout ce qui nous reste et on se casse. J’ai de la famille éloignée qui tient un bed-and-breakfast sur l’île de Skye. C’est pas Edimbourg mais c’est probablement la solution la moins dangereuse qui me vient en tête. » Je vais à la salle de bain ou je ramasse notre kit de premier secours. Je l’amène à Aidan, tout comme l’un des rares miroirs n’ayant pas été brisés lors de l’attaque pour qu’il puisse commencer à se faire ses points. « Mais avant toute chose, on finit de s’occuper de toi. Et on se repose. La nuit porte conseil, il parait. »
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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Mer 18 Jan - 22:27



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Niadan

Incapable de soutenir son regard, mes yeux se posent sur le pelage du chat. Le monde semble flou, embrumé. D’un revers de la main, je chasse les larmes qui menacent de nouveau de couler. « Tu n’es coupable de rien. Si je n’avais pas commencé à jouer les dealers pour arrondir les fins de mois, rien de tout ceci ne serait jamais arrivé. C’est moi qui suis désolé que tu te sois fait blesser à cause de ma connerie. » Je sens ses lèvres se poser doucement sur les miennes. J’ai vraiment eu peur pour lui et encore plus maintenant qu’on est coincé. Je finis par relever les yeux vers lui, pas certains de vouloir lire le visage de cet homme. Je me déteste pour l’avoir fait replongé là-dedans, pour l’avoir forcé à accepter le chantage de ces enfoirés. On avait réussi à s’en sortir et la surveillance constante et le harcèlement du gouvernement n’était qu’un faible prix à payer à mes yeux. Je croise le regard de Niall, j’ai encore du mal à y croire… Il dépose un autre baiser sur mes lèvres, que j’espère durer plus longtemps que le premier

« Je refuse de te voir te mettre en danger. C’est bien compris ?
-Pourtant, il va bien falloir. Je refuse de te laisser seul dans cette galère. C’est ma faute si tu y replonges alors, laisse moi plonger avec toi »

De toute façon, je te demande pas ton avis. Peu importe ce qu’il dira, j’ai bien l’intention de rajouter mon grain de sel dans cette histoire. « Je pourrais tuer l’enfoiré qui t’a fait ça…  Je suppose que tu vas vouloir faire tes points toi-même, comme la dernière fois… Je maintiens qu’on devrait aller aux urgences pour ton nez. Je crois bien qu’ils te l’ont cassé. » Oui, il est cassé. Je le sens mais je n’ai pas envie d’aller à l’hôpital. Pas ce soir. Je n’ai pas envie de sortir, je n’ai pas envie de quitter l’appartement, aussi saccagé qu’il puisse être. Ils sont venus me chercher jusqu’ici alors que c’est chez moi. Ils ont failli s’en prendre au Chat. Si je n’étais pas sorti de ma cachette, cette pauvre bête ne serait peut-être plus là en ce moment. Je n’aurais pu cette petite boule de poils réconfortante, mon compagnon de toujours.

« Tel que je vois les choses, on a trois choix qui s’offrent à nous dans l’état actuel des choses… Premièrement, je joue le jeu sans conditions en espérant même pouvoir nous garder un peu d’argent de côté pour rattraper les pots cassés. Ca fait chier et on retombe dans tous les travers que nous voulions éviter. Surtout qu’avec le gouvernement au cul, la vente va se faire difficile. Deuxièmement, on encule ces batards en prévenant les gars qui nous harcèlent depuis des semaines. Ils vont probablement m’utiliser comme taupe infiltré. C’est plus dangereux que la première option mais ça permet de retirer le problème du gouvernement de nos pattes et de couvrir mes actions. Et, en prime, on contribue à transformer la vie de ces enfoirés en un enfer sans nom. Troisième option… On emballe tout ce qui nous reste et on se casse. J’ai de la famille éloignée qui tient un bed-and-breakfast sur l’île de Skye. C’est pas Edimbourg mais c’est probablement la solution la moins dangereuse qui me vient en tête. » Je le toise, les prunelles brillantes de détermination « Je refuse de partir. J'ai toujours vécu ici, c’est pas trois enfoirés qui me feront plier bagages. Plutôt crever » Je le regarde s’éloigner vers la salle de bains et revenir avec la trousse de soins et un miroir. C’est vrai, je vais devoir en plus me recoudre. Je marmonne un remerciement alors que je commence à fouiller pour trouver du fil et une aiguille. « Mais avant toute chose, on finit de s’occuper de toi. Et on se repose. La nuit porte conseil, il parait. » J’approche l’aiguille de la plaie à l’arcade. Mes mains tremblent, je déteste quand elles font ça. Je suis fatigué, et encore sous le choc après ce qu’on a vécu aujourd’hui. Je serre les dents, essayant de me concentrer sur mes gestes. Je prends de profondes inspirations, tentant de me calmer et de ne pas m’énerver. Il y a un léger mieux, j’arrive à piquer, m’arrachant une petite grimace au passage. Après quelques points, mes gestes deviennent plus assurés. « Ce que j’ai dit il y a 5 minutes tient toujours. Je te laisserai pas seul dans cette galère. Je ne sais pas quel côté tu as prévu de choisir mais personnellement, je pencherais du côté du gouvernement. On a plus d’avantages à jouer sur leur tableau plutôt que sur celui des dealers » Et avec un peu de chances, on pourra casser les couilles de l’autre enfoiré.

Je finis mes points à l’arcade. Les autres blessures sont superficielles et ne nécessitent pas de points de suture. De toute façon, le saignement commence à se tarir et les autres plaies se refermeront d’elles-même. « J’irai voir l’Inspecteur Casse-Couilles demain » Je ne changerai pas d’avis et Niall pourra dire ce qu’il veut. C’est décidé, je rentre dans la danse. Niall a accepté de vendre son cul par ma faute et ces enfoirés ont saccagé mon appartement et failli blesser mon chat. Ça va chier. Ces dealers, je vais les briser comme jamais. « En attendant, je vais avoir besoin d’un remontant... »

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Jeu 19 Jan - 22:26



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« Ce que j’ai dit il y a 5 minutes tient toujours. Je te laisserai pas seul dans cette galère. Je ne sais pas quel côté tu as prévu de choisir mais personnellement, je pencherais du côté du gouvernement. On a plus d’avantages à jouer sur leur tableau plutôt que sur celui des dealers » Assis sur la table basse en face de lui, c’est un air soucieux que je l’observe faire ses points. Les fois où je l’ai vu faire, il était beaucoup plus à l’aise. Personne ne met Aidan dans cet état à part moi. Je sens une bouffée de colère monter en moi. Colère que j’étouffe le mieux que je peux. Ils ne sont pas là. Aidan n’a pas besoin de me voir ronger mon frein en leur promettant monts et souffrances. J’aurais tout le temps de me venger en temps voulu. Alors je ravale ce besoin viscéral de leur promettre à tous une mort lente et douloureuse pour ce qu’ils ont osés lui faire et je laisse un sourire tendre me monter le long des lèvres alors que j’observe la concentration qui déforme ses traits. Quand il se recoud, il a la même expression que lorsqu’il joue un morceau difficile au piano. J’aime voir la concentration sur son visage. Cela le rend particulièrement hypnotisant. Et voir cette expression tirer ses traits, ça me détends. C’est quelque chose que je connais. C’est bien de pouvoir se raccrocher à des choses que l’on connait dans ce genre de situations. Ça permet de ne pas se perdre totalement. J’attrape une compresse et, lorsqu’il a fini, je me penche pour éponger une dernière fois ses blessures avec délicatesse, faisant particulièrement attention à ne pas lui faire mal. « J’irai voir l’Inspecteur Casse-Couilles demain » Je ne pourrais décidément pas l’empêcher de faire la connerie de me rejoindre dans ma déchéance. J’ai envie de soupirer, de protester, de le rejeter. Mais j’ai été trop longtemps battu à froid par ce petit bout de nerfs que j’aime tant. « En attendant, je vais avoir besoin d’un remontant... » « T’as surtout besoin de sommeil. De toute manière, je crois qu’ils ont saccagé le bar. » Je jette un bref coup d’œil au meuble dans lequel on stock nos bouteilles d’alcool pour me rendre compte que, effectivement, ils se sont servis. Et ce qu’ils n’ont pas emporté, ils l’ont jeté au sol. Je crois que je vais prendre des congés de circonstances au boulot le temps de tout ranger et nettoyer ici. On ne peut pas vivre dans cet appartement dans ces conditions. Il ne manquerait plus que le Chat ne se blesse les pattes sur le verre brisé qui recouvre le sol un peu partout.

Je me relève et je récupère le Chat que je cale dans mes bras de manière à en garder un de libre. L’animal ayant l’habitude d’être prit ainsi va instinctivement enfouir sa tête dans mon cou en ronronnant, juste content d’être prit dans les bras. De ma main libre, j’attrape cette d’Aidan, le trainant derrière moi. On a eu une longue journée tous les deux. Je rejoins la chambre et je dépose le Chat sur le lit. Au moins, ils n’ont pas saccagé cette pièce. Je me retourne et j’enlace mon amant sans lui demander son avis. Mon nez va s’enfouir dans ses cheveux et je ferme les yeux pour profiter de son odeur. L’une de mes mains se glisse sous ses vêtements pour caresser le creux de son dos. J’aime sentir sa peau contre la mienne. La peau de son dos est douce et rassurante. « Attends-toi à ce que je sois collant. J’ai vraiment eu peur pour toi ce soir… » Je resserre un peu mon étreinte. Quand j’ai vu ce couteau sous sa gorge… J’ai tellement regretté de ne pas être capable de plus en tant mutant… J’ai tellement regretté de ne pas être capable de m’imposer pour leur montrer qu’on ne déconne pas avec moi, ni avec ceux que j’aime. Mais non. J’ai juste pu céder au chantage. Je ne le regrette pas. Pas une seule seconde. Je ne le regretterais sans doute jamais. Savoir Aidan sain et sauf a plus de valeur que n’importe quoi au monde à mes yeux. Mais j’aimerais tellement faire partie de ces mutants dont les dons les rendent capable de protéger ceux qu’ils aiment. Finalement, je relâche l’étreinte pour me mettre en sous-vêtement et me glisser sous les draps, rapidement rejoint par mon amant. Je le tire d’autorité à moi. Cela fait trop longtemps et j’ai eu beaucoup trop peur que pour ne pas dormir entouré de sa chaleur rassurante. Il nous faut un bref moment avant de trouver une position confortable pour nous deux avant que le Chat ne vienne tout foutre en l’air, essayant de se coucher sur mon visage. Je repousse l’animal en pestant, ce qui arrache un sourire à Aidan. Le premier de la nuit. Mon cœur manque un battement. Ce que je ne serais pas capable de faire pour ce sourire. Sans doute les pires des folies. Je vole ces lèvres tentatrices d’un rapide baiser avant de tirer à nouveau les draps sur nous, laissant le Chat s’installer ailleurs. Rapidement, on n’entend plus que son paisible ronronnement, comme si rien ne s’était passé cette nuit.

♦ ♦ ♦


Combien de temps l’ai-je observé dormir ce matin ? Comme je me suis réveillé avant son alarme, je l’ai coupé et j’ai envoyé un message à son bureau pour les prévenir qu’il avait été agressé dans la nuit, qu’il avait pris quelques sales coups et qu’il devait passer la journée à l’hôpital. Ensuite, je suis retourné dans ses bras, profitant de sa chaleur, de son odeur et du ronflement qui doit être causé par son nez brisé. Mais finalement, je finis par m’extraire du lit, faisant attention à ne pas le réveiller. Après les émotions de la veille, il a bien besoin de se reposer un peu. J’enfile rapidement un pantalon et une paire de tong avant de quitter la chambre pour la zone dévastée de notre appartement. Je vais chercher de quoi ramasser des débris et un sac poubelle pour commencer à retirer le plus gros. Le but est au moins de nous donner à nouveau la possibilité de bouger ici sans risquer de s’ouvrir le pied. Après une demi-heure à ramasser des morceaux de verre et de bois explosé, je vais me remplir un seau d’eau et de savon, prêt à passer à une autre phase du nettoyage. Dans une partie du salon. Ce n’est pas comme si on pouvait vraiment laisser cette marre d’alcool sur le sol. Cela l’a rendu collant et gluant. En y ajoutant le verre brisé et les morceaux de bois, le cocktail est vraiment loin d’être top. Il me faut encore une bonne grosse heure de ménage avant de voir la tête fatiguée d’Aidan sortir de la chambre. Je me redresse, m’essuyant les mains sur mon pantalon. « Bien dormi ? J’ai prévenu ton bureau que tu ne serais pas là aujourd’hui. Je t’emmène à l’hôpital pour ton nez et je ne veux pas t’entendre protester. J’ai profité que tu dormais pour commencer à ranger un peu par ici. J’ai l’impression qu’au plus je nettoie, au plus il y a à faire. C’est incroyable. » Je dépose mon matériel et je m’approche de lui pour lui voler un bref baiser. « Café ? » Sans plus attendre sa réponse (à vrai dire, je la connais déjà), je me détourne pour me rendre à la cuisine. Le chemin à au moins le mérite d’être dégagé maintenant. Je sors deux tasses et je lance la machine à café. Par chance, ils n’ont pas eu le temps de détruire toutes les pièces de mobilier de cet appartement. Je ne sais pas ce qu’on aurait fait sans café. Ce n’est qu’une question de minute avant qu’Aidan ne me rejoigne à la cuisine, les yeux gonflés de fatigue. Une fois les tasses prêtes, je lui tends son café noir et je rajoute un peu de lait dans le mien. « J’ai réfléchit à propos de ce que tu as dit hier… Il serait effectivement plus sage de jouer le jeu du gouvernement. Mais on ferait mieux de faire profil bas dans les jours à venir. Ces mecs vont sans doute nous fliquer au moins les premières semaines pour s’assurer qu’on ne moucharde pas. Si on veut déjà balancer le tout aux gouvernementaux qui nous fliquent, il va falloir être très discret et la jouer fine. »
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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Mer 8 Mar - 21:27



Let me fall with you
Niadan

« T’as surtout besoin de sommeil. De toute manière, je crois qu’ils ont saccagé le bar. » Une expression de déception et de colère passe sur mon visage alors que je déporte mon regard vers le bar. Ces enfoirés ont vraiment tout saccagé, hein ? Comme seule réponse me vint un bâillement. Ouais, j’ai peut-être besoin d’aller me coucher mais avec les événements d’aujourd’hui, je ne sais pas si je serai capable de fermer l’œil. J’ai eu peur pour le Chat, j’ai eu peur pour Niall et surtout, j’ai peur de ce qui va suivre. On est coincé entre des tirs croisés. D’un côté, le gouvernement qui, jusqu’ici, n’a fait que nous traiter en criminel et de l’autre, des dealers de drogue ayant suffisamment d’influence et de capacités pour échapper à la vigilance des agents qui surveillent notre appartement. Dans les deux cas, on est baisé. Cependant, l’un de ces groupes s’est attaqué à Niall, à mon chat et a ravagé mon appartement et ça, je ne le pardonne pas. Quitte à vendre son cul, autant que ce soit à des personnes qui ont eu la décence de ne pas pointer une arme sur nous.

Je regarde Niall se lever et porter le Chat. Je n’oppose absolument aucune résistance lorsqu’il m’attrape le bras et qu’on se dirige vers la chambre. J’ai pas la force de râler ou de protester. Je constate avec surprise que la pièce est intacte et qu’ils n’ont touché à rien. Enfin une pièce qui n’a pas été souillée de leur présence. Ce constat me fait doucement plaisir. L’esprit embrumé, c’est non sans surprise que je me retrouve dans les bras de Niall. Cela fait combien de temps qu’on ne s’est pas retrouvé dans les bras l’un de l’autre ? Beaucoup trop. Aujourd’hui, l’objet de ma colère me semble bien dérisoire. Je resserre mon étreinte alors que je sens sa main passer doucement dans mon dos. « Attends-toi à ce que je sois collant. J’ai vraiment eu peur pour toi ce soir… » Et moi, c’est pour toi que j’ai eu peur, abruti. J’ai été horrible avec lui pendant ces dernières semaines parce que j’ai vraiment eu peur qu’il ait replongé. Je lui a fait vivre un enfer. S’il était arrivé quelque chose, je n’aurais même pas eu l’occasion de lui redonner une chance.

Au bout de quelques minutes, il finit par s’éloigner et on se met en sous-vêtements. Avec mes mains tremblantes, il me faut un peu plus de temps pour me déshabiller et je le rejoins sous les draps. On se retrouve de nouveau dans les bras l’un de l’autre. Ça m’avait manqué de dormir sans la chaleur rassurante de son corps, sans le bruit de sa respiration, sans sa présence à mes côtés dans ce lit. Un sourire étire mes traits lorsque Niall repousse le chat en pestant alors que celui-ci tentait de se coucher sur son visage. Ses lèvres se posent sur les miennes et les draps remontent jusque sous mon menton. Bercé par les ronronnements du Chat et la respiration sereine de Niall, je ferme doucement les yeux avant de sombrer comme une masse dans le sommeil.

♦♦♦

Moi qui me pensait incapable de fermer l’œil cette nuit, je dois avouer que je ne l’avais pas vu venir, celle-là. J’ai dormi comme une souche, je n’ai même pas entendu mon réveil sonner. Je me suis d’ailleurs réveillé en sursaut lorsque mes idées se sont remises en place. J’ai regardé l’heure, j’avais quelques minutes de retard. Rapidement, je regarde mes messages et je me rends compte que Niall a prévenu le bureau de mon absence. Je laisse échapper un râle entre le frustration et le soulagement. Et dire que j’avais des rendez-vous importants aujourd’hui. Tant pis, les collègues pourront me remplacer pour une fois et puis, c’est pas comme si on était débordé de travail. Vu le prix de nos honoraires, rares sont les personnes capables de se payer nos services. Le Chat vient se coucher à mes côtés et je me rendors, le nez dans son pelage.

Je me réveille de nouveau. Je m’étire longuement, grimaçant sous mes muscles douloureux. Puis, j’enfile rapidement un T-Shirt et une paire de claquettes avant de sortir de la chambre. Je plisse les yeux, agressé par la lumière du soleil déjà bien haut dans le ciel. « Bien dormi ? J’ai prévenu ton bureau que tu ne serais pas là aujourd’hui. Je t’emmène à l’hôpital pour ton nez et je ne veux pas t’entendre protester. J’ai profité que tu dormais pour commencer à ranger un peu par ici. J’ai l’impression qu’au plus je nettoie, au plus il y a à faire. C’est incroyable. » J’ai réussi à repousser le moment de l’hôpital jusque maintenant mais c’est vrai qu’il faudrait peut-être faire quelque chose pour ce nez cassé. Je regarde l’appartement et je dois dire que je suis plutôt impressionné par la masse de travail qu’il a abattu pendant que je dormais. Au moins, maintenant, on peut circuler sans risquer de se couper et surtout, le Chat peut de nouveau se balader sans danger. « Café ? » Je secoue négligemment la tête en un ‘’oui’’. Mon regard balaye la pièce, avec tout ce qu’ils ont cassé, ça fait vraiment vide. La déco était déjà assez sobre avant mais là, c’est triste à pleurer. Ils ont même brisé les cadres photos…

J’entends la machine à café vrombir et je rejoins Niall dans la cuisine. Je me frotte les yeux, encore embrumés par la fatigue et je remercie le brun lorsqu’il ma tend ma tasse de café. Au moins, ça, ça n’a pas été cassé. « J’ai réfléchit à propos de ce que tu as dit hier… Il serait effectivement plus sage de jouer le jeu du gouvernement. Mais on ferait mieux de faire profil bas dans les jours à venir. Ces mecs vont sans doute nous fliquer au moins les premières semaines pour s’assurer qu’on ne moucharde pas. Si on veut déjà balancer le tout aux gouvernementaux qui nous fliquent, il va falloir être très discret et la jouer fine. » Je bois une gorgée du liquide brûlant tout en l’écoutant. « C’est vrai qu’il serait peut-être plus sage d’attendre quelques jours avant de balancer mais le risque, c’est qu’entre-temps, ils changent de planque et nettoient les preuves. On devra tout reprendre à zéro. » Le Chat vient se frotter à mes pieds. « Ça me ferait bien chier de perdre leur trace. » Je bois une nouvelle gorgée de café et je fais le tour des placards pour voir s’il ne reste pas quelque chose à grignoter. Il reste deux cookies dans une boîte. J’en prends un et je propose l’autre à Niall. Je réfléchis quelques instants à une solution « Il me semble que l’Inspecteur m’a laissé son numéro au bureau, je passerai le chercher après l’hôpital. »

Je finis ma tasse de café et je la repose dans l’évier. Je fais ensuite sauter le double-fond d’un tiroir de la cuisine et j’en sors un paquet de clopes de notre réserve. J’en prends une et je lance le paquet à Niall. J’attrape un briquet avant de sortir sur la terrasse. Le vent matinal frappe mon visage tandis que je m’accoude au balcon, surplombant la ville d’Edinburgh. Je suis bientôt rejoint par Niall et je me colle à lui, simplement heureux de l’avoir à mes côtés en ce moment.

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MessageSujet: Re: Let me fall with you | ft. Niadan   Lun 10 Avr - 18:42



Let me fall with you
Niadan

« C’est vrai qu’il serait peut-être plus sage d’attendre quelques jours avant de balancer mais le risque, c’est qu’entre-temps, ils changent de planque et nettoient les preuves. On devra tout reprendre à zéro. Ça me ferait bien chier de perdre leur trace. Il me semble que l’Inspecteur m’a laissé son numéro au bureau, je passerai le chercher après l’hôpital. » Il me lance un paquet de clopes et je l’attrape au vol. J’ai du mal à boire mon café, l’inquiétude de la veille entre trop présente dans mes tripes. Moi qui ne suis pas particulièrement tactile, je me sens déchiré de l’intérieur par cette pulsions de le prendre dans les bras, de le couvrir de mon corps, de le protéger de tout et n’importe quoi. Je veux le savoir en sécurité. Je veux m’assurer que, jamais plus, il ne sera utilisé pour m’atteindre, qu’il ne sera plus blessé par ma faute. Je prends une inspiration sèche et rapide alors qu’il se dirige vers le balcon pour fumer. J’abandonne ma tasse de café à moitié pleine sur le plan de travail, je sors une cigarette du paquet à mon tour et je l’observe quelques seconde, la roulant entre mes doigts. Une chose est sure, je vais m’assurer d’obtenir vengeance. Je vais prendre tout ce à quoi cet homme tient et je vais le briser devant ses yeux. Je vais le mettre à genoux, je vais le faire supplier de prendre sa vie au lieu de celle de ses proches. La porte du balcon se refermant me fait sursauter, m’arrachant à mes pensées morbides. Je me reprends légèrement, clignant des yeux pour faire le point. Mon esprit s’est égaré… Et je me fais peur à moi-même. Ais-je vraiment ça en moi ? Ai-je ce besoin viscéral de vengeance qui bouille en moi ? La colère pourrait-elle m’amener à de tels extrêmes. Probablement. On dit que la drogue révèle le pire d’une personne, mais aussi sa véritable nature. Et à l’époque où nous nous droguions, j’avais connu une escalade de la violence. Cette colère, cette haine, c’est quelque qui est probablement tapi en moi, attendant dans l’ombre son heure pour se dévoiler, pour s’offrir au grand jour.

Je me détache du meuble, m’arrachant à mes pensées sombres par là même. D’un pas pressé, je rejoins Aidan sur le balcon. Aidan, mon garde-fou. J’ignore le froid qui claque sur mon torse nu. Mes bras encerclent sa taille et mon torse se colle à son dos, cherchant sa chaleur mais surtout sa présence. Quand je le sens se couler un peu plus dans l’étreinte, je laisse mon visage couler dans son cou, humant son odeur calme et apaisante à plein poumon. Que ferais-je sans lui ? Ma prise se resserre. Je pose un bref baisé dans sa nuque avant de lâcher mon étreinte. J’attrape son briquet et, sans me décoller de lui, je cale ma cigarette entre mes lèvres, l’allumant d’un geste rapide. La fumée s’envole dans l’air de cette belle matinée. Ma joue contre la sienne, je profite simplement du moment. L’un de mes bras est enroulé autour de ses hanches, le maintenant tout contre moi. Je ferme les yeux, m’imprégnant du moment, de nos torses se poussant l’un l’autre sous le rythme de nos respirations, de l’odeur du tabac se mélangent à celle de son shampooing, de sa barbe frottant légèrement contre la mienne, du gout du café toujours présent au fond de ma gorge, de l’air frai qui fait courir de longs frissons le long de mon dos. Le calme après la tempête. Ou bien est-ce le calme avant la tempête ? Je ne devrais peut-être pas mais les mots me brulent la gorge, menacent de s’échapper. Hier soir m’a fait prendre conscience de à quel point je ne suis rien sans lui, de ce que je serais capable de faire en son nom. Alors je recule légèrement la tête, mes lèvres frôlant son oreille. Et en un murmure, je laisse s’échapper ces mots qui me tordent les tripes. Ces petits mots si insignifiants qui veulent pourtant tant dire. Ces mots que nous ne nous sommes jamais échangés. Ces mots que je n’avais jamais ressenti le besoin de prononcer. Ils me brûlent, ils tordent mes tripes dans un besoin à assouvir au plus vite. J’ai envie de le crier au monde, de le lui dire encore et encore, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, jusqu’à ce qu’il en oublie jusqu’à son nom. « Je t’aime. » Un murmure dans le vent. Je ne sais pas s’il a compris les quelques syllabes. Cela a-t-il vraiment de l’importance ? Cela change-t-il quelque chose entre nous ? J’ai envie de dire que non.
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