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 The Red Planet [Karen & Robbie]

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptySam 5 Nov - 0:12



   
   THE RED PLANET
    ft Robert Aylen

L
a situation est délicate, et la solution proposée drastique. Pourquoi ne pas simplement choisir la facilité et essayer un ravitaillement sur Terre ? Après tout si il a pu arriver sur Mars, il a également la possibilité d’en repartir. Le fait qu’il retarde au maximum ce voyage attise fortement ma curiosité quant à sa vie là-bas et les raisons qui l’ont poussé à venir sur cette planète. Pourquoi éviter la Terre ? La fuir ? Beaucoup de mystères plane autour de cet homme. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas tellement mon mot à dire. Je garde donc mes interrogations sous silence, pour une fois. Mon regard balaie le garage, se posant sur ces pièces étalées sur le sol, la carcasse du rover, et Robbie. Je repense brièvement au fait de devoir également me mettre au bricolage afin de l’aider à terminer plus rapidement. Moi qui ne suis pas du tout une personne manuelle, cela risque d’être drôle. Un léger soupire s’échappe d’entre mes lèvres. Ce petit soucis de ravitaillement me mine légèrement le moral. Seule je n’avais pas à penser à cela, je vivais au jour le jour, prenant tout ce qui me tombait sous la main. Là je ne sais pas si tout ce qu’il a prévu va fonctionner, aboutir à quelque chose. Avoir des plans aussi loin sur la durée sur une planète aussi imprévisible comme Mars, c’est prendre des risques. Sa question m’arrache à mes pensées, mes doutes. Je mets de longues secondes avant de comprendre sa question. J’essaie de piocher dans mes souvenirs des détails qui pourraient m’aider à y répondre. Ce que je parviens à faire rapidement. Des paroles, des excursions me reviennent. Je me détache enfin de l’établi afin de m’approcher de Robbie à mon tour.

— Dans un laboratoire abandonné. Le système était complètement hors service suite à une explosion. Il abritait une dizaine de famille et était donc remplit à ras bord. Ils entreposent le tout dans une maison qui sert de réserve, un groupe s’y est inst…

Une alarme stridente me coupe, je sursaute légèrement. Un autre problème ? Décidément c’est la journée. En voyant le visage de Robbie se décomposer, je suppose que c’est grave. J’entrouvre la bouche pour demander ce qu’il se passe, mais à peine ais-je le temps de le faire que la réponse à mon interrogation est exposée. Comme d’habitude, je ne comprends que la moitié des mots qu’il sort, mais je parviens quand même à deviner que c’est grave. De plus, la tempête à l’extérieur n’arrange rien. Le stress me gagne. Monter sur le toit par ce temps ? Il est fou. Hors de question de risquer de se blesser, surtout que la tempête gagne en intensité au fur et à mesure que les heures passent. Son centre ne doit pas être bien loin. Je le suis jusque dans sa chambre, déterminée à le faire changer d’avis, quitte à devoir nous priver un peu plus du confort que nous offre la maison. Blessé, ses projets seront au point mort, et je n’ai aucunement les capacités et les connaissances nécessaires pour m’occuper seule de la restauration du rover.

— Tu ne vas quand même pas y aller ? C’est de la folie ! Tu n’as pas le matériel adéquat !

L’inquiétude se lit aisément sur mon visage. L’imaginer seul sur ce toit avec la tempête ne me rassure pas. Qui sait ce qu’il peut lui arriver ? Et si les rafales le faisaient tomber ? Tous ces scénarios possible sont aussi inquiétants les uns que les autres. Je ne remet pas en doute ces capacités, mais sortir maintenant n’est pas l’idée la plus brillante qu’il ait pu avoir. Je le fixe en silence, le suppliant presque du regard de ne pas y aller. C’est de cette façon que j’ai perdu mon premier compagnon de survie, à cause d’une tempête semblable à celle-ci.

WILDBIRD

 
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptySam 5 Nov - 1:50

The Red Planet
“Karen Page & Robert Aylen”
Une fois dans la chambre, je me dirige vers la commode contenant tous mes vêtements ainsi que certains qui ne sont pas à moi. Je n’ai toujours pas eu le temps de vider les tiroirs des anciens propriétaires et par chance parce que je vais pouvoir avoir accès plus rapidement à ce que je cherche. Je trouve le tissu de corps synthétique après un peu d’agitation dans le fond du dernier tiroir. Ça ressemble à une combinaison de plongée à vrai dire. Je commence à me déshabiller lorsque Karen me rejoint. Cela ne m’arrête pas. Je jette mon t-shirt dans un coin, puis je retire les pantalons tout en écoutant la panique de la jeune femme. Je garde mes sous-vêtements, puisque les enlever n’est pas une nécessité. Je me glisse dans le tissu en un rien de temps, l’ayant déjà fait quelques fois auparavant. Je regarde sévèrement Karen avant de la contourner pour me rendre au sous-sol. Je ne me rappelle plus où elle est. Je fais glisser le bout de mes doigts contre les parois des murs jusqu’à tomber sur une partie mobile. Je la pousse et comme une porte d’armoire, elle se laisse tirer dans ma direction. Je sors de là une ancienne combinaison spatiale qui date de la création de la maison. En bon paranoïaque, mon arrière-grand-père avait constamment peur que la sphère de vie lâche et que l’atmosphère martienne revienne comme avant. La maison est étanche, là n’est pas le problème. C’est sortir qui le devient. À cause de l’ancienneté du truc, je procède à une rapidement inspection de l’intégrité de la combinaison. Tout semble conforme, mais je n’ai pas le temps de procéder à un diagnostic complet avec des tests. Chaque seconde compte. Je remonte en haut, prenant une bouteille d’oxygène au passage. Je commence à enfiler la combinaison blanche sous le regard désapprobateur de Karen. Je termine assez rapidement et je réveille l’uniforme avec quelques coups sur le biomoniteur. Mon statut apparaît sur l’écran de mon avant-bras gauche. Comme mes mouvements sont limités avec la combinaison, je demande à Karen de me donner mon coffre à outils et je regarde dedans si rien n’est manquant. J’attrape ensuite la blonde par les épaules pour qu’elle m’observe un instant.

« J’ai besoin que tu t’occupes de la porte du toit pour moi. Lorsque je vais sortir, tu vas devoir la refermer rapidement avec le bouton d’urgence de l’ordinateur. Ne t’en approche surtout pas lorsqu’elle est ouverte, ça pourrait te blesser. Lorsque je vais avoir finis les réparations, je vais cogner trois fois contre la porte et tu vas pouvoir m’ouvrir en utilisant le même procéder. Normalement une telle réparation me demanderait une dizaine de minutes, mais avec la tempête et la combinaison, disons plutôt vingt. »

Je déverrouille l’interface de l’ordinateur et je le laisse ouvert sur le bouton. Je lui pointe l’écran pour qu’elle touche au bon endroit. Lorsque je suis certain qu’elle a comprit, je mets mon casque. Je commence à grimper l’escalier pour atteindre la porte du toit. Une fois en haut, je suis déjà à bout de souffle. Avant d’ouvrir, je fais un test avec les communications. Ma voix ne résonne pas dans la maison. Le système doit être cassé. Je n’aurais donc aucun moyen de l’informer de ce qui se passe en haut. J’ouvre la porte et alors le sable se met à entrer en trombe, sans parler du vent qui me pousse en sens opposé. Je me jette littéralement dehors et la porte se referme comme prévu derrière moi. Je progresse difficilement sur le toit, marchant à pas très lent pour ne rien casser. Je sais à peu près où sont disposés les panneaux solaires, mais je ne veux pas que mes pieds glissent et les cassent accidentellement. Comme je ne vois rien et que les rafales se font insistantes, je me mets à genoux et j’accroche un crochet semblable à ceux d’escalade mais presque incassable. Je tente d’avancer de la sorte vers la boîte électrique. Je dois m’arrêter après une minute pour changer le crochet de point d’encrage. Finalement, j’arrive à l’endroit voulu et je dois me tenir très près des circuits pour les voir. Même avec la lumière de mon casque, les vents sont violents et sombres. Je prends mon temps afin de ne pas échapper d’outil dans des gestes trop brusque. Je trouve le problème en faisant des tests avec le filage. Le générateur n’est pas irrécupérable heureusement. Il faut seulement que je change son convertisseur d’énergie qui lui permet de rendre l’électricité solaire stockable. La pièce est littéralement en train de brûler. Si j’avais attendu, même une heure de plus, l’ensemble du circuit aurait cramé. Je retire la pièce fautive et je me penche pour assembler un nouveau convertisseur maison. Il ne sera pas aussi performant, mais lorsqu’il n’y aura plus de tempête, je vais pouvoir bricoler un truc mieux. Vers la fin des réparations, je me sens étourdie. Je regarde mon biomoniteur et je jure. La combinaison fuit. Ma bonbonne d’oxygène est littéralement en train d’alimenter l’extérieur plutôt que mon casque. Je dois faire vite, il ne me reste que cinq minutes d’autonomie. Je termine de serrer les composants de ma création hybride et je rallume le circuit. Tout semble correct à première vue, mais je n’ai plus le temps de m’attarder. Je commence à revenir, ayant encore plus de difficulté cette fois. Je passe bien près de perdre connaissance une fois au-dessus de la porte. Je cogne trois coups avec le coffre à outils. La porte s’ouvre et je me laisse tomber dans la maison. J’atterrie durement au sol, la visière du casque fracassant le plancher. Étrangement, elle n’éclate pas, ce qui est tant mieux pour moi. Je porte mes mains à mon cou, tentant de dévisser le casque pour respirer à nouveau. Mais l’évanouissement qui me guète rend mes gestes maladroit. Mes doigts glissent et je n’arrive pas à me libérer du casque.
© Mister Hyde
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptySam 5 Nov - 3:16



   
   THE RED PLANET
    ft Robert Aylen

C
ette situation remue de douloureux souvenirs. Mon cœur se resserre tandis que des images inondent mon esprit, me plongent dans un puit de tourments. Hors de question de revivre, de ressentir à nouveau ce sentiment de perte, je ne le supporterais pas. Remonter la pente a été un processus long et douloureux, et recommencer une énième fois, je ne m’en sens pas la force. Bras croisés contre la poitrine, mes yeux restent fixés sur Robbie, sur ses moindres gestes. Je me suis trompée. Il a le matériel adéquat, mais après autant d’années à prendre la poussière, je ne pense pas qu’il soit aussi fonctionnel qu’à ses premiers jours. Il disparaît au sous-sol. L’idée de l’enfermer dans ce dernier me traverse un instant. Au lieu de cela, je commence à faire les cents pas entre la cuisine et le salon, rongeant le peu d’ongle qu’il me reste. Le grincement des volets, secoués par la tempête,  et cette atmosphère peu rassurante sont loin de m’apaiser. Quoi que je dise, quoi que je fasse, il ira sur ce toit. Sa détermination est beaucoup trop forte face à mes craintes. Des bruits de pas résonnent dans les escaliers, je m’approche, gardant ce même regard inquiet, noir. Cette combinaison me paraît obsolète, non fonctionnel. Un très vieux modèle qui doit très certainement daté des premiers colonisateurs. Un détail peu rassurant. A ajouter sur la liste des choses à avoir en priorité, un matériel de sortie récent, et surtout en état de marche. Je détourne finalement le regard, pour essayer de penser à autre chose. Ma concentration se porte sur le premier objet qu’elle croise, la lampe. Rien d’exceptionnel, mais me focaliser sur ses détails me permet de camoufler un instant mon inquiétude. La voix de Robbie, étouffé par le casque me tire de ma contemplation du luminaire. Sans un mot je m’exécute, mettant sa boîte à outil à sa hauteur pour pouvoir l’attraper plus facilement. Encore une fois, tu es trop gentille Karen. Le contact des gants froids de la combinaison sur mes épaules m’arrache un frisson. J’écoute attentivement ses recommandations, je n’ai rien d’autre à faire d’un autre côté. De plus, ce qu’il me demande est quand même important, si je n’appuie pas sur ce fichu bouton au bon moment, qui sait ce qui peut se produire ? Comme prévu je me place devant l’ordinateur, et appuie sur le bouton une fois qu’il est sorti. Une interminable attente commence. L’air est devenu étrangement plus frais dans la maison. Je me permets de prendre l’une des couvertures du canapé pour me l’enrouler autour des épaules avant de reprendre ma place. Ce calme soudain ne me plaît guère. Dépêche-toi, idiot.

Les yeux rivés sur la trappe, j’attends patiemment les fameux coups, prête à bondir sur le bouton. Les voilà, enfin. Aussitôt, mon doigt appuie sur l’interface tactile de l’ordinateur, une nouvelle vague de poussière envahit la pièce, et une masse s’en extirpe pour retomber violemment contre le sol. Mon cœur rate un battement sous l’effet de surprise. J’appuie une dernière fois sur le bouton afin de refermer définitivement la trappe. Paralysée par la peur, mes jambes refusent de bouger. La boîte à outil s’est éventrée contre le plancher, étalant son contenu un peu partout. Robbie vient de tomber, une chute de trois mètres un peu près. Le stress revient, tape violemment contre mes tempes. Je parviens enfin à bouger en voyant sa vaine tentative pour retirer son casque. Je lâche ma couverture pour m’agenouiller à ses côté, les mains posés sur ce scaphandre pour le dégager et le poser. Au même instant, ses yeux se ferment et son corps devient inerte. Un malaise ? Paniquée, mes premiers réflexes sont de le secouer comme un prunier, en espérant qu’il reprenne connaissance. Qu’est-ce qu’il s’est passé là-haut ? Je commence à fouiller, tripoter sa combinaison au hasard, à la recherche d’un indice. Je trouve rapidement la raison du malaise, en constatant une légère fissure au niveau de la conjonction entre la combinaison et la bouteille d’oxygène. Une de mes mains se pose sur sa joue, glacée.

— Robbie, restes avec moi.

Mes connaissances en médecine sont limités, voire inexistantes. Par réflexe, seul le bouche à bouche me vient à l’esprit. C’est mieux que rien, et puis je lui insuffle de l’air, ce dont il a besoin. Sans perdre une seconde, je lui pince délicatement le nez d’une main, et ouvre légèrement sa bouche de l’autre,  maintenant son menton, avant de venir poser mes lèvres et de commencer à y expulser de l’air. Je recommence ce geste une deuxième fois, fermant les yeux, comme pour éviter d’affronter l’issue fatale qui risque de se produire. Quel imbécile ce cowboy.

WILDBIRD

 
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptySam 5 Nov - 3:52

The Red Planet
“Karen Page & Robert Aylen”
Le casque se retire de ma tête. L’air chaud de la pièce me brûle le visage, me fait un bien fou. Mais me donne surtout un sacré mal de tête. L’oxygène se jette dans mes narines, mais je suis tellement épuisé que je l’inspire à peine. Je plonge momentanément dans l’inconscience, sentant qu’on me secoue, entendant mon nom dans la brume. Mes paupières closent sont agressés par les lumières des lampes. Mon nez se bouche. Une pression s’exerce sur mes lèvres. De l’air chaud entre dans mes poumons. Je m’anime, m’agitant d’un coup en sentant à nouveau ma cage thoracique se soulever d’elle-même. Mes mains repoussent quelque chose au hasard. Je marmonne des sons inintelligibles, des grognements. Mon cerveau réclame plus d’air et ma respiration s’intensifie. J’ouvre les yeux péniblement, peinant à adopter un rythme respiratoire régulier. Je tends à nouveau les mains vers l’avant, j’agrippe ce qui me semble être un tissu. Je cherche à me relever en tirant dessus, mais je retombe plutôt sur le dos. Mes yeux s’ouvrent complètement et je reconnais la maison. En tournant la tête, je vois le visage de Karen. Je suis tellement étourdie que je n’arrive pas à faire le lien entre elle et le bouche à bouche. Je m’assois en usant de son aide.

« Le générateur est ok maintenant. » Est tout ce que j’arrive à formuler comme pensée à haute voix.

Je demeure un moment assis sans bouger, afin de laisser mon corps se remettre du traumatisme causé par le manque d’oxygène. Je n’ai pas mal nulle part, outre mon crâne. Mais aussi désuet est cette combinaison, elle est faite pour amortir les chocs. Je pense donc être aussi ok que le générateur. À condition de ne pas me secouer trop. Je me tourne vers Karen, après une éternité de silence.

« Merci. »

Est-ce la première fois que je la remercie? Je pense que oui. Je ne sais plus. Mais sans elle, je n’aurais jamais réussi à enlever le casque et je me serais probablement évanouie avant de parvenir à le faire. Ça aurait été une mort douce, mais une mort quand même. Je commence à défaire, morceaux par morceaux, la combinaison. Je la remonte ensuite en silence avant de la laisser traîner sur le sol de la cuisine. Je me lève avec précaution et je me dirige vers le garage. Je ne peux pas me permettre de perdre une journée de travail sur le Rover. Malgré les récents évènements, je suis toujours fonctionnel. Enfin, je crois. Je m’approche du moteur vide de la carcasse du véhicule et je le fixe un moment. Je soupire ensuite avant d’attraper un tournevis et de poursuivre ma tâche. Je ne dis pas mot, mon visage est fermé. Mon esprit est ailleurs. Probablement toujours sur le toit avec la tempête. Si mes mains tremblent un peu au début, je retrouve la force de mes bras à force de les utiliser. Mon corps semble se remettre assez bien. J’ai toujours envi de dormir, mais je le combats sans problème. Jusqu’à m’assoir un instant sur la chaise de l’établit. Je ferme les yeux une fraction de seconde et je suis déjà parti. Je m’endors dans une position peu adéquate, mais il semblerait que je ne sois pas aussi fort que je le croyais.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 6 Nov - 3:12



   
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D
e léger mouvements, ainsi que de petits sons m’arrête dans mon bouche à bouche. Je me redresse, m’éloignant légèrement de Robbie pour le laisser récupérer. Un sentiment d’intense soulagement me gagne. Merci. Le stress se dissipe peu à peu, mon cœur retrouvant enfin un rythme un peu près normal. Quelque chose agrippe soudainement mon débardeur, je sursaute avant de constater que ce n’est que Robbie qui chercher désespérément un repère. Je me rapproche une nouvelle fois, prête à lui venir en aide. En levant une énième fois les yeux vers la trappe, un détail des plus important me frappe. La hauteur. Son corps ne peut sortir indemne d’une telle chute. Cette combinaison désuète n’a pas le rembourrage nécessaire, du moins c’est ce que je pense. Mais en le voyant se redresser avec une telle facilité malgré le choc, je commence à me dire que cette vieille combinaison n’est peut être pas aussi pourrie que je ne le pense. Je maintiens ma présence à ses côtés, redoutant une rechute de sa part. Son commentaire me donne envie de hurler ma colère à son égard. Qu’est-ce que j’en ai a faire de ton générateur. Une pensée alimentée par l’inquiétude, excessive et impulsive. Mon regard examine toutes les parties visibles de son corps, à la recherche d’une quelconque blessure ou de traumatisme visible. Mais Rien. En espérant qu’aucune lésion interne ne soit à déplorer par la suite. Son remerciement laisse un léger sourire se dessiner sur mes lèvres. C’est plutôt à moi de le remercier de risquer sa vie pour entretenir la maison, et pour accepter ma présence.

— Je n’ai rien fait d’exceptionnel.

Ce qui est vrai. Appuyer sur un bouton ne demande pas de grandes qualifications. Je l’aide à retirer sa combinaison, jetant les morceaux de cette dernière non loin, dans le but de les ranger par la suite. La surprise me gagne lorsque Robbie se lève sans un mot pour rejoindre le garage. Bouche bée, les yeux écarquillés par la stupeur, je reste assise de longues secondes sur le sol comme une idiote avant de me redresser à mon tour. Je ne préfère pas le brusquer, et le laisse donc vaquer à ses occupations, avec inquiétude cependant. Je ramasse tout ce qui traîne, les outils, la boîte ainsi que le combinaison pour les entreposer dans un coin du salon, en attendant que son état s’améliore. Un bruit métallique soudain me coupe dans mon rangement. Le bruit d’un outil qui tombe. Sans perdre une seconde, je cours jusqu’au garage, paniquée. Une fois dans l’encadrement de la porte, je remarque un Robbie endormi sur la chaise de façon nonchalante. Craignant un second malaise, je m’approche derechef, vérifiant son état tout de même. Rien d’alarmant. Seulement, je ne peux le laisser dormir ainsi. Après une longue inspiration, je soulève délicatement son bras pour le passer autour de mes épaules, le maintenant d’une main, et soulevant son corps à l’aide de mon bras encore libre. Outch. Pour une femme aussi frêle que moi, porter ainsi un homme de cette carrure relève du parcours du combattant. Ses pieds traînent contre le sol. Tant pis. J’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur. La chambre semble un objectif impossible à atteindre, je me permets donc de le tirer jusqu’au canapé ou je l’y pose avec le plus de douceur possible.

— Je crois qu’un régime s’impose, cowboy.

Je reprends mon souffle quelques instants avant de poser une des couverture sur son corps, et de prendre place à l’autre bout du canapé. Hors de question que je le laisse seul. On ne sait jamais. J’entreprends de reprendre la lecture du roman que j’ai dû abandonné suite aux questions de Robbie concernant le laboratoire. Je récupère le livre posé sur la table basse, défile les pages pour retourner au dernier chapitre dont je me suis souviens. Un peu de repos après autant d’émotion ne fait pas de mal. Je tourne un instant la tête dans la direction de Robbie, sourire aux lèvres. Son inconscience me rappelle celle de cet homme qui m’a prise sous son aile après la fermeture du laboratoire. Mon premier compagnon de route, de survie, et le premier homme à avoir su me supporter et m’aimer.

WILDBIRD

 
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 6 Nov - 15:22

The Red Planet
“Karen Page & Robert Aylen”
Je perds complètement contact avec la réalité. Dans un rêve bien peu chaleureux, je flotte dans les ténèbres et la douleur. Je n’arrive pas à m’en extirper. Je ne sens plus mon corps, je suis coincé dans cette réalité intangible. Je tente de voir au-delà, de déceler un détail autre que l’ombre opaque. Cela semble vain comme effort. Mais après une attente interminable de la sorte, la pénombre diminue d’intensité. Je n’en suis pas certain au départ, croyant que mon esprit me joue des tours. Mais à force de fixer dans la même direction, je distingue des formes se dessiner dans un fond bleu foncé. Cette dernière couleur s’éclaircit graduellement pour se transformer en une sorte de gris pâle étrangement familier. Des silhouettes floues s’animent sur le fond monochrome. Je les reconnais avant même que le focus se fasse. Un bras est levé, arme à la main, en direction de la tête d’une seconde personne. Il y a une dénotation subite et je sursaute. Ma vision du passé disparaît pour faire place à un plafond également familier. Je cligne des yeux et me redresse sur mes coudes pour remarquer Karen près de moi. Désorienté, je me laisse retomber contre le canapé et je tente de retirer ce souvenir désagréable qui est encore collé à ma rétine. Je prends une bonne minute pour me calmer. Je ne lui demande pas ce qui s’est passé. Je crois deviner à mon mal de tête que j’ai simplement succombé à un sommeil qui me donnait terriblement envi après la chute. Je m’inquiète seulement pour l’heure. J’espère ne pas avoir perdu trop de temps.

« J’ai dormis longtemps ? »

J’ai peur de sa réponse. Avec notre deadline d’un seul petit mois, je ne peux pas me permettre de dormir de la sorte. J’ai conscience que la défaillance du générateur était imprévue et qu’il va probablement y en avoir des centaines de distractions de la sorte durant un mois. Mais cela me frustre tout de même. J’ai l’impression que tout repose entre mes mains et que la présence de Karen ne va rendre l’échec que plus douloureux. Et dire que je suis venu ici dans l’espoir de ne plus faire de mal à personne. Il semblerait que je vais tuer à nouveau quelqu’un, deux personnes en m’incluant moi-même. Je soupire. Même si ma tête de cri de le faire, mon corps est trop engourdie par la fatigue pour me pousser hors du canapé. Je reste donc là, à fixer le plafond sans grand intérêt.

« Oui, je venais d’arriver de la Terre lorsqu’on s’est rencontré le premier jour. Je ne voulais pas que tu le saches parce que je ne souhaitais pas que tu me poses des questions à propos de ma vie là-bas. De mes raisons d’être ici. »

La confession arrive en retard, mais je me sens lasse de retenir plus longtemps la réponse à sa toute première question. Celle lorsque je la menaçais d’une arme, elle aussi.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 6 Nov - 22:11



   
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L
a concentration est difficile à retrouver après un tel moment. L’intérêt que je porte à ce livre, à l’histoire qu’il contient, n’est plus aussi important que lors de sa découverte. Mon esprit est occupé à ailleurs, à se ressasser des souvenirs, encore et encore. La plume de l’auteur me paraît beaucoup plus lourde, compliquée. Je soupire. Le livre retrouve sa place, sur cette table basse poussiéreuse. Un peu de ménage dans cette maison n’est pas une si mauvaise idée. A savoir si elle contient le matériel nécessaire. J’essaie d’apporter ma contribution comme je le peux. Mes yeux commencent à légèrement me brûler, et mes paupières à se faire lourdes. Une micro-sieste de quelques minutes ne peut qu’être bénéfique. Calée dans le fond du canapé, je m’abandonne totalement au sommeil, sombrant assez rapidement. Les minutes passent, du moins c’est ce que je pense, car lorsque mes yeux daignent enfin à s’ouvrir, l’heure que le radio réveil affiche est bien différente. Une heure trente s’est écoulée, bien plus que ce que je me suis autorisée. Soit. Mon corps se contracte puis s’étire. Mon dos craque, et une douleur persistante s’installe. J’essaie de l’adoucir, de la faire disparaître, mais rien n’y fait. Un soupire m’échappe. Je quitte le canapé pour la cuisine désordonnée. Dans la précipitation et l’urgence, la pauvre est accablée d’outil et d’objets en tout genre. Quelques secondes de réflexion me sont nécessaires, afin de savoir si oui ou non j’ai l’autorisation de me servir un verre d’eau. Ma gorge est sèche, durement mise à l’épreuve par le stress et cette sieste improvisée. J’attrape finalement un gobelet, caché dans l’un des placards, pour le remplir du précieux liquide. Une longue gorgée rafraîchissante me permet de retrouver entièrement mes esprits. Mon regard se perd un instant sur l’un des volets de la pièce. La tempête gronde toujours. Le temps commence à se faire long, à force d’être enfermée entre ces murs. Je retrouve ma place sur le canapé auprès de Robbie, jetant un rapide coup d’œil dans sa direction pour vérifier qu’il dort toujours. Tout va bien. Je bois une seconde gorgée d’eau, avant de me retrouver soudainement secouée. Surprise, mon visage se tourne vers la source. Un léger sourire me prend en voyant le cowboy s’éveiller.

— Presque deux heures.

Autant dire, pas grand-chose. Mon regard reste accroché à lui, surveillant le moindres de ses gestes. Hors de question qu’il reprenne ses activités dans le garage aussi vite. Tant pis si le planning se retrouve retardé, sa santé est plus importante. Blessé, ou bien mort, il ne sera d’aucune utilité. J’ai besoin de lui, et à cent pour cent de ses capacités. Sa voix résonne de nouveau. Ses mots me semblent dénués de sens dans un premier temps, avant de comprendre qu’il s’agit d’une confession. Enfin. Je me redresse, quittant derechef le canapé, pour m’approcher de Robbie. Accroupie à ses côtés, ma main se pose délicatement sur son front pour tenter de prendre sa température de façon sommaire. Sa peau dégage une légère chaleur, mais rien d’affolant. En la retirant, mes doigts effleurent le début de ses cheveux, un geste incontrôlé, impulsif. Là est peut-être la raison de cette soudaine confession. Quoi qu’il en soit, étrangement, l’entendre me parler un peu plus de lui me fait plaisir. Cela doit très certainement se voir à mon visage.

— Je sais que je suis très bavarde et curieuse, mais je ne force pas les gens à me répondre. Je préfère leur laisser le temps de le faire par eux-mêmes …

J’attrape sa main pour la forcer à agripper le verre d’eau que je lui tends. Il en reste encore une bonne gorgée, et ça lui fera du bien de boire. Je recule brièvement, pour m’asseoir sur la table basse, priant pour qu’elle ne cède pas. Fort heureusement elle a l’air d’être de solide composition.  Bras croisés contre ma poitrine, je continue de le fixer, de l’observer. Je commence à me dire que le voile de mystère qui le recouvre fait partit de lui, et lui va bien. Pourquoi essayer de le lui retirer ?

— Et de toute façon c’est le Robbie martien qui m’intéresse, le nouvel homme, pas l’ancien.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyLun 7 Nov - 2:32

The Red Planet
“Karen Page & Robert Aylen”
Je ne suis pas au sommet de ma forme. J’ai l’habitude de l’effort physique intense et prolongé. Mais on dirait que s’en est trop, que je dois accepter ce temps d’arrêt forcé à contre cœur. J’ai pourtant envi de protester. Tout mon être le veut. N’étant plus maître de mon corps, il est bien difficile d’y imposer ma volonté. Je me retrouve donc coincé sur ce canapé, avec encore ce besoin agaçant de m’endormir. Je commence à soupçonner une commotion cérébrale ou bien une séquelle dû au manque d’oxygène. Le plus logique est que j’ai poussé mon corps trop loin. Pas seulement depuis que je suis sur Mars, mais bien des semaines avant. Je n’ai pas arrêté depuis que le Président Benicio est mort de ma main. Quitter le pays, se cacher, imaginer un plan, puis revenir dans la maison de mes parents pour m’emparer de la pierre orange de Mars. Je fixe la blonde lorsqu’elle s’approche de moi. Elle pose sa main sur mon front, n’obtenant aucune réaction de moi en retour. Elle a changé on dirait. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que son regard est différent sur moi. Je ne saurais bien le décrire, c’est seulement moins hostile, plus intrigant. Ces mots créent plus de confusion en moi qu’autre chose. Je fronce les sourcils et je décide de laisser couler. Je prends le verre d’eau que Karen me tend et je le bois sans hésiter. J’atteins le fond bien trop rapidement à mon goût. Le verre quitte mes mains et je retrouve la contemplation du plafond. Je ne détourne les yeux que pour observer Karen un instant. Ces nouvelles paroles me perturbent derechef. Je me sens mal d’un coup ainsi couché et elle assise. Je me redresse lentement et je calle mon dos dans le canapé, faisant en sorte que nous sommes face à face à présent. Ma tête tourne une minute, mais je l’ignore. En évident de la bouger davantage, elle se stabilise toute seule. Cela me permet de mieux me concentrer sur la jeune femme.

« Ce livre que tu lis, il appartient à ma mère. Si tu regarde dans la pochette, tu vas y retrouver les initiales LML. Ce canapé où je me trouve, je m’y suis déjà assis de nombreuse fois par le passé. Moi et ma sœur Cassie avions l’habitude de nous y chamailler avant le souper. Cette table où tu es assise, elle n’a pas toujours été là. Elle a longtemps été contre ce mur, soutenant la stupide radio cassée de mon père. Cette maison est à ma famille. Depuis toujours. J’y suis venu enfant, puis adolescent. Il n’y a pas de distinction entre le Robbie martien et le Robbie terrien. Nous sommes malheureusement la même personne. »

Je retrouve le silence et le tolère un instant, le regard fixer dans le vide. Ma tête bouillonne d’idées et de souvenirs. Je ne sais pas pourquoi je tiens à détruire l’illusion que s’est construite Karen. Ça ne sert à rien de le faire. Mais bon, il faut croire que je ne suis pas d’humeur à ce genre de chose.

« Je suis le mécano qui va réparer le Rover. Le conducteur qui va te conduire au laboratoire de ton père. Le hacker qui va pirater le réseau satellite martien. Et j’espère, le con qui va nous empêcher de crever de faim. »

Je soupire et je songe à mon cul qui est toujours posé confortablement sur ce canapé. Il faut croire que plus rien de productif ne va sortir de moi aujourd’hui.

« Mais pour ce soir, je suis le gars qui va se coucher. »

Je me lève, trop rapidement. Je tombe directement sur Karen. Mon poids la renverse sur la table. Je grogne contre sa poitrine avant de déployer beaucoup de force pour parvenir à m’enlever de son corps. Je marche d’une façon dangereusement instable jusqu’à ma chambre. Fuck it all!
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyLun 7 Nov - 23:38



   
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S
es mots, le partage de ses souvenirs provoque en moi un sentiment étrange, que je ne peux décrire parfaitement. Un mélange entre la nostalgie, celle de mon propre passé, et la douleur qui se dégage de ses propos. Je le fixe d'un regard vide, sans vie, mon esprit étant accaparé quelques instants ailleurs, dans de profondes pensées. C'est un autre homme qui me fait face, bien différent du cowboy des premiers jours, silencieux, froid. Je parviens enfin à déceler une once d'humanité en lui. Sa carapace se fissure peu à peu. Est-ce dû à la chute ? Sûrement. Cependant, je me plaît à penser qu'il est simplement habitué à ma présence, qu'une confiance, une légère intimité se tisse. Après autant de temps plongée dans la solitude, cette possible proximité me rassure. Robbie est capable de bonté, il l'a démontré à plusieurs reprises. Cette image du cowboy sans cœur qu'il tente inlassablement d'afficher n'est qu'une illusion. J'en suis persuadée. Je ne connais pas encore les raisons de ce refus d'attaches, mais tôt ou tard la confession tombera. Un léger sourire me prend en l'écoutant énoncé les nombreux rôle qu'il s'attribue, mais qui semblent vide de sens de sa bouche. Bien au contraire. Sans lui, ma vie aurait prit un tout autre tournant, celui d'esclave. Il est bien plus important qu'il ne le pense, et c'est à moi de lui démontrer. Un choc soudain me plonge vers l'arrière avec une certaine violence, mon dos se cogne contre la paroi glacée et rude de la table basse, et un certain poids se fait ressentir au niveau de mon buste. Je baisse les yeux pour remarquer une chevelure blonde coincée sur ma poitrine. Par réflexe, ma main se lève, mais je la bloque aussitôt. Trop de fois des hommes me sont ainsi tombés dessus, à chaque fois pour d'obscurs raisons, mais cette fois-ci ce n'est pas intentionnel. Un traumatisme difficile à combattre. La surprise du choc laisse aussitôt place à l'inquiétude. Robbie n'est vraiment pas au meilleur de sa forme, je ne peux pas le laisser ainsi.

—  Attends …

Je me redresse difficilement, la douleur de mon dos s'accentuant au moindre de mes gestes. Une fois sur pieds, je rejoins Robbie sur son trajet, me permettant d'enrouler mon bras autour de sa taille afin de le soutenir, d'éviter que par inadvertance il rencontre un mur. Ce n'est pas la même chose que mes attributs, le choc risque d'être beaucoup plus violent. Je l'aide à marcher, lentement mais sûrement, un pas après l'autre. Cette journée a définitivement changé mon point de vue sur cet homme.

— Tu es aussi l'homme qui m'a sauvé la vie, ne l'oublie pas, c'est quand même un détail important. Quoi que tu aurais sûrement préféré ne jamais me croiser...

Mon visage se tourne dans sa direction, un sourire l'illuminant brièvement. L'envie de partir, de le laisser tranquille m'a traversé à de nombreuses reprises, mais à chaque fois quelque chose m'en empêche, que cela soit la tempête, ou bien un sentiment. Arrivée devant la porte de la chambre de Robbie, je la pousse doucement du bout du pied, entrant dans la pièce. Porter un homme de sa corpulence n'est pas une tâche aisée, mais je prends sur moi, et souffre en silence des nombreuses crampes qui commencent à apparaître un peu partout. Lentement, je l'aide à s'allonger sur le lit, avant de reculer de quelques pas et de le regarder droit dans les yeux, bien décidée à ne pas le laisser seul dans un tel état.

— Si tu n'y vois aucun inconvénient, je vais dormir avec toi. On ne sait jamais ce qui peut arriver, et vu ton état, je préfère prendre cette précaution. Je dormirais par terre, ça ne me dérange pas.

Peu importe ma douleur au dos, le plus important actuellement et que Robbie se remette complètement de ce petit incident. Sans perdre une seconde, je me rends dans la pièce d'en face, ma chambre afin d'y récupérer le nécessaire, à savoir ma couverture et un oreiller. De retour auprès de Robbie, je jette le tout par terre, et m'installe en silence.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyMar 8 Nov - 2:33

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Un appel. Puis un bras qui vient me soutenir dans mon obstination à rejoindre la chambre. Le contact provoque une hésitation dans mon corps, mes muscles se crispent une seconde avant de reprendre leur rythme initial de marche. Je demeure en silence, fixant droit devant moi, même lorsque Karen s’exprime à propos d’un autre rôle que j’ai oublié de mentionner précédemment. Je ne me suis jamais attribué un tel mérite, celui de lui avoir sauvé la vie. Je me préoccupe tellement de l’avenir pour camoufler le passé que j’ai mis de côté mon intervention consciente contre ce groupe de pilleurs qui étaient définitivement là pour elle. À vrai dire, je ne pensais qu’à moi, qu’à la maison. Je réalise à présent que mon geste avait beaucoup moins d’égoïsme que je ne le pensais. Je ne suis plus seul. Il y a quelqu’un d’autre dans la maison, avec moi. Cette pensée perturbe mon esprit étourdi. Je prends place dans le lit. La nausée me revient. Ses paroles suivantes sont un bourdonnement à mes oreilles. Je me couche avec précaution. Lorsqu’elle revient, je fixe le plafond avec une volonté incommensurable à ne rien dire de plus. Je ne suis pas dans mon état normal. Je ne peux pas poursuivre cette conversation sans me compromettre davantage. Elle s’installe par terre. Je me souviens alors qu’elle avait dit qu’elle le ferait, pour veiller sur moi, je crois. J’inspire un grand coup pour aérer mon esprit. Je ferme les yeux, laissant les bruits de la tempête qui perdure m’assommer complètement. Je ne réalise pas le moment où je sombre à nouveau dans le sommeil, le processus ayant été beaucoup trop rapide pour que je m’en rende compte. Je suis à nouveau plongé dans le noir et dans le vide. À l’occasion, je vois une présence. Une silhouette féminine. Puis lorsque je tente de l’approcher, elle disparaît sous mes yeux, m’empêchant ainsi toujours de l’atteindre.

Jour 4

Je me lève bien avant le Soleil. À l’extérieur, les restants de la tempête s’agitent toujours contre les fenêtres, annonçant une fin imminente. Je me sens mieux, plus en possession de mes moyens. Je me redresse toutefois avec précaution. Je ne suis que très peu étourdi et pour un bref moment. J’y vois là le signe que je dois reprendre le travail. Karen dort toujours. Je suis donc silencieux lorsque je sors de la pièce. Je me change dans le garage, bien loin de la chambre. Je ferme même la porte de là où je me trouve pour ne pas que le bruit du travail parvienne à ses oreilles. Reprendre l’activité physique me fait du bien. Je me sens à nouveau moi. Je suis également très productif ce matin. Je termine de monter la structure du moteur en deux heures à peine. Un record personnel. Je commence à nettoyer la batterie de ses éléments abîmés et j’établis les premières connections entre elle et le futur moteur. Je compte y additionner d’autres composants afin d’améliorer les performances du Rover, autant au niveau de la vitesse de pointe que de la durée de vie de la batterie. Cela va nous permettre une meilleure progression par jour de route durant notre voyage vers le laboratoire. Alors que je dessine les plans de la future composition du moteur, je remarque le silence autour de moi. Je regarde par la fenêtre et je souris en voyant enfin à l’horizon. Je décide de sortir à l’extérieur, pour voir si la tempête n’a rien endommagé ou déplacé. Je trouve pertinent de retourner sur le toit pour nettoyer les panneaux solaires du sable ainsi que vérifier le générateur. Alors que je suis penché sur ce dernier, j’entends un bruit en bas. Une tête blonde apparaît dans mon champ de vision.

« La maison est intacte, mais je vais devoir retravailler le générateur un peu. Je ne voudrais pas qu’il lâche une seconde fois, surtout si je ne suis pas là pour le réparer. »

Je dis cela tout en travaillant, machinalement et de manière un peu froide. Je suis toujours aussi sérieux, surtout lorsqu’on parle de choses à réparer. Sauf qu’après coup, je réalise mon ton. Je m’arrête une seconde, fronçant les sourcils, avant de reprendre, en me disant que j’ai mieux à faire que de penser à ça.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyMer 9 Nov - 0:38



   
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I
nstallée sur ce sol froid, emmitouflée dans ma couverture, j’observe silencieusement ce lit non loin. Surveiller que tout va bien, que rien de grave ne se produise, voilà mon objectif du soir. Je remarque que mon colocataire de chambre s’endort beaucoup trop rapidement, encore une fois. Je quitte brièvement le confort et la chaleur de mon duvet pour m’assurer que tout est en ordre. Le sommeil n’est pas encore suffisamment présent pour que je m’y abandonne pleinement. J’improvise une petite promenade dans la maison, rangeant les quelques objets qui traînent encore. Une heure puis une seconde s’écoule avant que je ne retrouve mon lit de fortune pour enfin laisser Morphée m’étreindre. Plongée dans l’obscurité la plus totale, je me dirige au hasard, laissant mon instinct  me guider. Une longue traversée du néant qui aboutit finalement à un rêve, nostalgique, chaleureux. Mes derniers souvenirs sur Terre. Une grande table, énormément de personnes autour, une ambiance familiale, des éclats de rires, des chamailleries. Je sens un sourire se dessiner sur mon visage face à cette vision. Ce jour, peu avant que le Monde ne se détraque, dernier moment de bonheur, de joie, avant la séparation douloureuse, le déchirement d’un cœur encore trop jeune. Ce fut la dernière fois que je vis ma mère et mon grand frère. Je n’ai jamais réellement compris les raisons qui ont poussé mon père à m’embarquer clandestinement dans son projet, et cette question restera à tout jamais sans réponse. Depuis tout ce temps, et avec les différents conflits qui ont éclaté, je ne sais si ma famille est toujours vivante là-bas. Je ne me suis jamais réellement posé la question jusqu’à aujourd’hui, et j’ignore ce qui a pu provoquer ce déclic si soudain. Assise sur une chaise, j’observe ce film prendre vie, défiler devant mes yeux. J’avais oublié à quel point mère est une jolie femme, séduisante mais caractérielle. Un bruit sourd me coupe dans ma contemplation, l’image s’efface instantanément pour laisser place à un tout autre paysage, beaucoup moins joyeux, désertique. Une masse assombrie le ciel, lumineuse, flamboyante. Une boule de feu, semblable à une navette, oui c’est ça, qui vient s’écraser violemment sur moi. Je me redresse soudainement, à bout de souffle, quelques gouttes de sueur perlant dans mon dos. Un cauchemar. Le visage enfoui dans mes mains, je tente de retrouver mes esprits, de me calmer. Rien n’y fait. Je quitte la chambre, et remarque que plus personne n’est sur le lit. Déjà sur pieds ?

—  Robbie ?

Son prénom résonne, mais aucune réponse. Je me mets à sa recherche, fouillant chaque pièce, même le sous-sol, mais personne. Le silence ambiant me paraît bien étrange. Les volets ne tapent plus contre la vitre, et plus aucun débris ne cognent les murs de la maison. La tempête semble enfin terminée. Je me précipite à l’extérieur, frissonnant en sentant la chaleur ambiante caresser ma peau, contrastant au froid hivernal de la maison. Un bruit plus haut attire mon attention, je lève les yeux, et tombe sur une silhouette familière, avant de reconnaître Robbie. J’entends à peine sa remarque, assourdie par la colère qui monte de plus en plus. Je ne me sens pas en forme, que cela soit physiquement ou mentalement. Cet homme que je commençais à apprécier la veille me donne aujourd’hui une forte envie de meurtre. Son inconscience me blesse, et son égoïsme m’énerve.

—  Sérieusement ?!

Frôler la mort ne lui ait pas suffisant, il doit constamment la provoquer, se jouer d’elle. Un comportement que je ne tolère pas, ou du moins plus. Vivre sur Mars n’est pas une raison pour abandonner l’idée de vivre. Ce cauchemar a réveillé ce douloureux souvenir, ce sentiment de perte et d’abandon. Je refuse de le vivre encore une fois, de m’attacher à une personne, et la voir disparaître par la suite. S’en est terminé. Telle une furie, je fonce jusque dans ma chambre, attrapant mon sac à dos pour y mettre toutes mes affaires, y compris les vêtements récupérés au sous-sol. Je préfère largement m’éloigner de tout, survivre seule, au moins personne ne s’en préoccupera, et de mon côté je n’aurais personne à qui penser. Vivre comme je l’entends, sans concession. Affaires empaquetées, je me permets de piocher dans les provisions, avant de quitter définitivement cette maison. Je marche dans cette poussière à un rythme effréné, ne prenant aucunement la peine de me retourner. Je suis décidée, enfin. Au fur et à mesure que je m’éloigne, mes épaules se font de plus en plus légères, mais la douleur persiste. Je peux vivre avec, m’y habituer, contrairement à ce cowboy. Je ne sais même pas pourquoi j’ai essayé de tisser un lien avec. Une perte de temps.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyMer 9 Nov - 3:04

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Karen ne répond pas à mes mots. Elle retourne à l’intérieur, me permettant de terminer l’ajustement du générateur en paix. Je m’approche du rebord de la maison afin de redescendre lorsque je remarque une silhouette au loin. Je plisse les yeux et je distingue la chevelure, le sac à dos, ainsi que des vêtements bien peu discret. Qu’est-ce qu’elle fout? Je retrouve le sol poussiéreux, m’essuyant les mains d’un torchon déjà noircit tout en l’observant poursuivre son chemin. Je demeure ainsi un moment, jusqu’à ne plus la voir à vrai dire. Je ne tente rien. Étrangement, je comprends ce qu’elle souhaite faire. Je n’ai aucune autorité sur elle. Je ne suis rien pour elle. Et elle n’est rien pour moi. Elle devait simplement attendre la fin de la tempête pour partir, ce qui me semble logique. Trois jours avec moi, c’est bien suffisant. Pourtant hier soir, elle semblait réellement s’inquiéter pour moi. Qu’est-ce qui a changé? Je soupire devant ce dilemme, retournant dans le garage. J’ai encore tellement de travail à faire. Mais au moins, mon délai vient de doubler. Je n’ai plus une deadline d’un mois, mais bien de deux à présent. Avec une personne en moins à nourrir, mes chances de survie grimpent au maximum. Finalement, ce n’est que bénéfique qu’elle parte d’elle-même. Je commence à faire le tour de la maison pour m’assurer qu’elle n’a rien volé. Seulement quelques provisions, mais rien de dramatique. Je passe le reste de la journée à travailler le moteur. Lorsque je retourne au lit, j’ai toute la misère du monde à m’endormir. La maison est à nouveau vide et je sais que ça va me prendre une ou deux journées pour me refaire à l’idée. Mon plan du départ va finalement se concrétiser tel que prévu.

Jour 19

La musique résonne fortement dans mes oreilles alors que je serre la dernière vis. J’expire un bon coup en me relevant, jetant au loin la clé à molette dans ma main. Travailler sans être déranger m’a permis de faire les réparations en deux semaines à peine. Je vais pouvoir tester le Rover aujourd’hui. J’ai déjà minutieusement étudié la carte satellite des alentours. Je sais quelles seront mes premières maisons à visiter. Tout est déjà prêts depuis cinq jours. Redonner vie à ce véhicule a été ma seule obsession depuis le départ de Karen. Voilà enfin le travail accompli. Au moment de démarrer le Rover, je fais les vérifications d’usage. Ayant laissé tomber la connexion satellite obtenue par le laboratoire, j’ai programmé le véhicule à l’ancienne méthode : un système topographique intelligent. Mon STI est incomplet puisque les cartes que j’avais à ma disposition ne couvrent qu’une centaine de kilomètres carré autour de la maison, mais je compte faire des mises à jour fréquentes au fur et à mesure des expéditions. Assis derrière le volant, je fais avancer le bolide hors du garage. Concentré sur ce que je fais, aucun triomphe ne sort de ma bouche. Mon regard sévère balaye la poussière à mesure que j’avance. La vitesse de pointe maximale que j’ai réussis à obtenir est 80 kilomètres heure, ce qui est presque le double de la vitesse d’origine. Ayant bricolé un habitacle au-dessus de ma tête, je n’ai pas à porter de masque à oxygène durant le trajet. L’air est filtré de manière classique et nettoyé de son dioxyde de carbone par un procéder mécanique semblable à celui de la maison, mais qui nécessite un entretient régulier entre chaque utilisation pour éviter les problèmes. Pour ce qui est de l’autonome de la batterie, je n’ai pas pu faire mieux que 36 heures, même en améliorant le réseau de stockage. Il faudra faire avec. Mais ce sera suffisant pour le premier tour d’essai.

J’arrive à la première maison cible au bout de cinq heures de route. Il y en avait des plus proches, mais leur état est lamentable alors je ne me suis pas arrêté. Cette maison ci est la première qui me semble acceptable pour mériter mon attention. Je m’arrête devant et j’éteins le moteur. Comme le Rover nécessite un code d’accès complexe, je ne crains pas les vols. Sauf qu’on ne sait jamais. Je couvre mon visage d’un foulard qui ne laisse que mes yeux de visible. Je me jette au sol et j’avance vers la porte d’entrée. Elle est verrouillée, mais ce genre de système n’est pas difficile à désactiver quand on sait comment ça marche. J’entre sans trop de problème et j’avance lentement à l’intérieur. Je sens une odeur récente de nourriture, mais je n’ai pas le temps de penser davantage qu’un canon d’arme à feu s’enfonce dans mon dos. Je ne réagis pas. Il y a plusieurs jours déjà que je m’interdis de ressentir à nouveau quoique se soit.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyMer 9 Nov - 23:21



   
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Q
uinze jours. Autant de temps écoulé, et de distances parcourues dans ce vaste désert rouge. Une habitude difficile à reprendre, mais nécessaire pour survivre. En trois jours, mon corps s’était habitué au confort de cette maison, et mes poumons à l’oxygène qu’elle dégageait artificiellement. Les premiers jours furent compliqués, mais l’instinct reprend facilement le dessus, et les réflexes reviennent. Une journée de marche, puis une deuxième, et un espoir enfin face à cette propriété abandonnée. Aujourd’hui elle est mon refuge, provisoire, mais m’abrite de la froideur nocturne, ainsi que du soleil étouffant et de l’atmosphère néfaste le jour. Le bandana n’est plus suffisant pour filtrer les particules, le tissus est usé, et n’est plus une barrière aussi efficace qu’à ses débuts. Je ne reste jamais longtemps au même endroit d’habitude, mais mon corps, beaucoup trop faible et affaiblit par les toux répétitives, refuse de bouger. Cette vieille cabane n’est pas si mauvaise dans le fond, quelques provisions, certes périmées dans un coffre au sous-sol, et un matelas dans la plus grande pièce. Les propriétaires ont très certainement dû emmener tous leurs biens en apprenant l’abandon du projet de colonisation. Des personnes intelligentes. Un énième jour défile. Je ne sais plus depuis combien de temps je traîne ma carcasse dans les environs, ma notion de temps étant complètement perturbée par mon manque de sommeil. Assise dans un coin de la pièce, j’observe le vide, dégustant sagement un bouillon. Le seul aliment ayant gardé un goût un peu près correct, et que mes papilles parviennent à supporter. Plongée dans mes pensées, mes rêveries, le bruit du moteur à l’extérieur ne parvient pas immédiatement à mes oreilles. C’est un claquement de porte soudain qui me tire de ma réflexion. Aussitôt sur pied, j’attrape instinctivement l’arme posée non loin. Un jouet trouvé ici-même et qui fonctionne plutôt bien, par chance. Je ne suis pas une professionnelle de ce genre de chose, mais tous les moyens sont bons pour se défendre. Je regarde furtivement par la fenêtre pour vérifier qui cela peut-il être, et cet homme au visage masqué n’annonce rien de bon. Je pense reconnaître l’un des sbires de Mark.

—  Fais chier.

Le stress monte, la peur. Je refuse de retourner là-bas. Ce camp est une véritable torture, autant mental que physique, il n’y a aucun homme, juste des animaux. Mon rythme cardiaque s’affole, je n’arrive pas à réfléchir correctement. Je cours finalement me faufiler derrière la porte d’entrée, afin de prendre cet inconnu par surprise, de ne pas lui laisser le choix. Le système de sécurité est enclenché, une précaution que j’aime prendre. Paranoïaque ? Légèrement. Une petite sonnerie m’indique qu’il a été désactivé. Mes mains se crispent autour de l’arme, et tremblent légèrement. J’inspire profondément, tandis qu’au même moment la porte s’ouvre. Je m’immobilise, me concentre, et me prépare à agir. S’ils me retrouvent, ils ne me feront pas de cadeaux, et je risque très certainement d’y laisser ma vie. Le traumatisme de leurs sévices me revient en mémoire, provoquant une rage soudaine et insoupçonnée. Plutôt mourir ici dans cette maison pourrie, qu’entre leurs mains. Ca y est, il est entré. L’obscurité des lieux me permet de passer inaperçu. Je l’observe quelques secondes avant de m’avancer et de poser le canon de l’arme contre son dos, doigt sur la détente, prête à tirer.

—  Bouges, et un joli trou ornera ton torse.

Des menaces, une certaine rage et un élan d’adrénaline. Sans comprendre comment et pourquoi mon bas me fait soudainement mal, coincé dans une prise à laquelle je ne m’attendais pas. Dans un instinct de survie je commence à lui asséner des coups, sans vraiment réfléchir, frappant où je peux, et comme je peux. L’arme me glisse des mains dans l’altercation, un coup part, mais par chance se loge dans le plafond. Mon corps reçoit de nombreux chocs, bien trop violent pour pouvoir résister longuement. Un goût de fer se fait sentir sur ma langue. Du sang. Je ne comprends plus rien, je ne sais pas ce qui se passe, mais je m’acharne telle une furie, refusant de me rendre aussi facilement. Un énième coup, un vertige, et je me sens tomber en arrière, atterrissant lourdement sur le parquet. Ma main agrippe au passage le rideau qui masque la fenêtre, et laisse ainsi un rayon de lumière pénétrer dans la maison. Il m’éblouit. Ma vision se trouble, la pièce tourne inlassablement. Mes membres me font mal, ma respiration est irrégulière et douloureuse également. Non, je ne peux pas abandonner tout de suite ! Je ne veux pas y retourner… L’envie de me relever, de continuer à me battre est là, mais mon corps ne suit plus. N’abandonne pas Karen ! J’essaie de bouger, mais une vive douleur se manifeste aussitôt au niveau de mon buste et me cloue à nouveau contre le parquet. S’en est terminé de la liberté, me revoilà esclave.

— Non…

Une dernière plainte dans un murmure à peine audible. Je serre le rideau entre mes doigts comme si ma vie en dépendait, je cherche l’homme du regard, mais tout ce que je parviens à voir, ce sont des formes approximatives, floues.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyJeu 10 Nov - 1:35

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Debout, le canon de l’arme bien enfoncé dans la chair de mon dos, les paroles de cette femme ne déclenchent aucune réaction de ma part. Deux secondes s’écoulent, avant que mon corps réagisse à la menace. D’un pas vif, je recule vers elle. Son bras tendu se retrouve accessible et je l’agrippe avec une force calculée. Je serre les os de l’avant-bras jusqu’à sentir un craquement familier. Alors qu’elle se débat contre mon dos, j’appuie un peu plus fort sur cette partie de son corps pour lui faire lâcher l’arme. Lorsqu’il tombe au sol, un coup part et s’enfonce dans le plafond. Je me retourne pour lui faire face. Les coups calculés afin de déstabiliser s’additionnent. J’abats mon poing sur sa tête et elle s’écroule par terre. Au-dessus d’elle, je l’observe, son visage étant enfin dévoilé par un rayon de lumière de la fenêtre. Je plaque ma main contre sa gorge pour qu’elle arrête de bouger. Je ne serre pas assez pour l’étrangler, mais la proximité prolongée me permet enfin de me rappeler de ce visage. Elle semble perdre connaissance au moment où je retire ma main. Je fronce les sourcils. La fille de riche… Je me redresse et je commence à parcourir la maison de fond en comble. Il y a bien peu de choses intéressantes à l’intérieur. La nourriture est périmée. Il n’y a aucun mobilier ou vêtements. Un coup d’œil à l’ordinateur de la maison m’apprend que la nappe phréatique est presque à sec. L’absence d’entretient à rendu l’extraction d’oxygène des réserves impossible. L’intégrité électrique est bonne part contre. Je retourne donc au Rover, contournant le corps de Karen, pour me saisir de mes outils. Je monte sur le toit et je vole plusieurs pièces ainsi que trois panneaux solaires intacts, les autres étant défaillant en apparence. Une fois mon pillage terminé, je reviens vers la blonde. Toujours inconsciente, avec un filet de sang sur le bord de la bouche. Je réfléchis un instant à son utilité. Avec mes maigres récoltes d’aujourd’hui, je reconsidère le plan initial de pirater le réseau satellite martien. Et si je me souviens bien, Karen connaît les codes d’accès du laboratoire de son père. Je la soulève comme un sac de patates, la jetant sur mon épaule. Je l’installe dans le Rover, derrière les sièges conducteur et passager. Je n’oublie pas de prendre son sac. Il y a forcément un truc utile à l’intérieur. Avant de quitter, je m’empare de l’arme au sol. Je vérifie les munitions. Je la glisse par la suite à ma ceinture.

Je rentre à la maison en un rien de temps. Je débarque les choses une à une, commençant par Karen. Je la dépose dans son ancienne chambre, sans vraiment me soucier davantage de son état. Je retourne ranger le Rover et inspecter mes trouvailles. Une fois le tout accomplie et la maison en mode nuit, je vais m’assoir à la table de cuisine pour manger un peu. De ma position, je peux voir Karen sortir de la chambre si enfin elle finit par se réveiller. Je mange en silence, mon foulard maintenant autour de mon cou. Un bruit me fait cesser de mastiquer. Mes yeux la fixe, ne démontrant aucune émotion. Ni joie de la revoir, ni remord de l’avoir sans ménagement battu. Ni même de colère pour le fait qu’elle est fuit. La seule chose que je lui communique, c’est un doigt pointé sur la chaise en face de moi. Là se trouve un plat lui étant destiné.  
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyVen 11 Nov - 0:12



   
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L
a douleur est beaucoup trop forte, ma poitrine m’oppresse, et respirer est un véritable calvaire. Une ombre se penche sur moi, et presque aussitôt une légère pression se fait ressentir sur ma gorge. Elle n’est pas assez forte pour la qualifier d’étranglement, mais mon corps s’immobilise instinctivement, et je ne parviens plus à m’oxygéner correctement. C’est terminé. Mes paupières deviennent lourdes, une grande fatigue m’envahit, je sombre. Mes souvenirs me reviennent brutalement, les bons comme les mauvais, tous sans exception, puis un trou noir sans fin. Du bruit me parvient brièvement aux oreilles, comme des objets métalliques, des claquements de porte. Une nouvelle douleur, et cette impression de flotter, de ne plus toucher terre. A moitié consciente, je sens, je comprends que l’on m’emmène. Un moteur qui ronronne, quelques secousses, je suis très certainement dans un rover. J’ouvre doucement les yeux, ma vision reste approximative. Je suis entourée de blanc. Bouger demande un effort surhumain. Ma tête me fait affreusement souffrir, une grimace déforme mon visage, avant de sombrer entièrement dans l’inconscience.

Une nouvelle douleur au niveau de la poitrine me tire de mon sommeil assez violemment. Je ne sais combien de temps il a duré. Un petit râle m’échappe. Je parviens enfin à bouger de façon relativement correcte. Par ailleurs, je sens que la surface sur laquelle je me trouve est étrangement molle et confortable. J’ouvre derechef les yeux, et cette fois-ci les choses m’apparaissent nettement, sans aucun défaut. Une drôle de sensation m’envahit, comme une impression de déjà-vu. Ces meubles me sont familiers, toute la décoration. Impossible. Je dois forcément rêver, oui c’est ça, ce n’est qu’une hallucination, très certainement dû au choc à la tête. Lentement, je quitte ce lit pour m’avancer vers la porte, un pas après l’autre. Mon corps est endolori, j’ai l’impression d’être passée sous un rover. Mon bras est légèrement gonflé, et je n’arrive pas à le lever. Je crains le pire. Un miroir se trouve sur ma route, je m’y arrête pour observer le reflet qu’il m’offre. Horrible, désastreux. Amaigrie, je ne ressemble plus à grand-chose, du sang sécher sur un coin de mes lèvres, des hématomes un peu partout, et un bleu sur une joue. Je me fais peur. Cette femme blessée, meurtrie, ce n’est pas ce que je voulais en suivant mon père sur cette foutue planète. Des larmes roulent sur mes joues, en silence. Mes yeux, déjà rouges, le deviennent encore plus. Je quitte enfin la pièce, et ce couloir, ces murs… j’ai énormément de mal à y croire, jusqu’au moment où mes yeux le croisent. Un cauchemar. Je dois me réveiller, maintenant. Je fixe son doigt. Je serre mon poing encore valide avant de m’avancer jusqu’à la table et d’y prendre place. De cette même main, je repousse le plat qui se présente devant moi. Le bandana autour de son cou me rappelle quelque chose. Des bribes de la bagarre me reviennent. Je comprends rapidement que cet inconnu, ne l’était pas, et qu’il s’agissait de Robbie. C’est lui qui m’a mise dans cet état, et il ne s’est pas gêné.

— T’aurais dû m’achever au lieu de me ramener ici.

Je lui lance un regard noir. Une haine incommensurable commence à monter. D’un geste vif, je balaie les couverts pour tenter de canaliser cette violence qui bouillonne en moi. Il a osé. Me voilà de retour au point de départ. Seulement, je me rends compte que je ne fais pas non face à un homme mais à un monstre. Cette froideur, ce vide dans son regard ainsi que la violence dont il a usé envers moi, me confirme cette pensée. Je me trompais depuis le début. Au final, cette planète est réellement néfaste. Elle efface toute trace d’humanité, et réveille les pires instincts. Qu’est-ce que je fou ici ? Je me  relève, gardant mon bras blessé contre mon corps, et ne le quittant pas une seconde des yeux.  Il me fait peur, mais j’essaie du mieux que je peux pour ne pas le montrer. Depuis toute petite on m’inculque cette technique, paraître forte quoi qu’il arrive, ne pas se laisser submerger par ses émotions devant les autres.

— Mais je suppose que tu l’as fait parce que t’as besoin de moi, j’me trompe ? Eh bien tu peux courir pour que je t’aide. Menace-moi, frappe-moi si ça te fais plaisir, je ne cèderais pas. Au final, tu ne vaux pas mieux que ces salauds.

Mon pied frappe violemment la table, la faisant trembler. Je décide de retourner dans ma chambre, de m’y enfermer, de m’isoler, et surtout de m’éloigner de lui. Je claque la porte derrière moi, avant de me laisser glisser, non sans douleur, le long de l’armoire. Des larmes coulent instantanément, noient mon visage, le brûle lorsqu’elles effleurent mes petites plaies. Je ne vaux donc pas mieux que ça ? Mon destin est de subir inlassablement la violence des autres en silence ?

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyVen 11 Nov - 1:53

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J’observe sa colère. Je la fixe en silence, le visage neutre et le regard sans vie. Elle jette ses couverts au sol. Je ne bronche même pas. Les émotions ne m’affectent plus. Cette rage qui l’anime, je n’arrive même pas à la ressentir comme autrefois. Cet évènement inconnu à la connaissance de Karen, ayant eu lieu alors que nous étions séparés, est venu tout changer. Ses paroles sont captées par mes oreilles, ses mouvements d’éloignement sont perçus par mes yeux. Mais d’une manière mystérieuse, leur signification émotive m’est dissimulée. La porte claque et je me lève lentement de la chaise. Je m’avance vers sa chambre. Il n’y a pas de verrou aux portes, donc je tourne la poignée et j’entre sans la moindre considération pour sa récente réaction. Je m’approche, le visage neutre. Ma main droite se porte à ma ceinture et se saisit du fusil qu’elle avait dans la maison. Dans un cliquetis reconnaissable, j’arme le revolver.

« Qui te dit que j’ai déjà eu de la valeur. »

Je colle le canon de l’arme à ma tempe. Sans la moindre hésitation, j’appuie sur la gâchette. Un second cliquetis, celui de l’absence de balle dans le fusil. Je le retire de ma tête et le démantèle en quelques gestes vifs avant de lancer les morceaux métalliques à ses pieds. Le revolver était vide à la base, comme j’ai pu le constater en prenant possession de l’arme. Mais même remplis de munitions, mon comportement n’aurait pas différé. Elle n’a aucune idée de la valeur que je me donne en ce moment.

« Je ne t’ai jamais donné le choix de m’aider. Ni avant, ni maintenant. J’ai besoin d’une journée pour la maintenance du Rover. Nous partons le lendemain matin à la première heure. »

Ma voix est presque robotique. Sans la moindre intonation. Teinté par aucune émotion particulière. Je tourne les talons et je me dirige hors de la chambre. Je n’ai pas terminé mon repas. Je retourne donc à la table et je m’assois pour terminer de manger en silence. La nourriture au sol le demeure. Je n’ai même aucun regard dans cette direction. Lorsque j’ai terminé, je lave mes couverts et les rangent. J’enjambe ce qu’il y a au sol et je m’approche de l’ordinateur de la maison que je frôle des doigts. La radio s’allume. Je vais dans ma propre chambre et je ferme la porte. Je vais m’assoir sur le lit. Immobile, je fixe par la fenêtre. Aucune pensée particulière n’est à l’origine de ce geste. Je me contente de regarder l’obscurité se dessiner à travers le verre. Après une éternité de la sorte, je me couche sur le matelas, fixant cette fois le plafond. Ma tête tourne encore. Je ferme les yeux. Il fait aussi noir derrière mes paupières que dehors. Il n’y a plus de différence entre les deux désormais. Le monde des songes ne m’apporte plus rien de positifs depuis qu’elles sont toutes les deux mortes à cause de moi.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyVen 11 Nov - 3:34



   
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J
e souffre. Autant physiquement que mentalement. Beaucoup d’interrogations se bousculent dans ma tête. Pourquoi un tel acharnement ? Ma vie n’est qu’une succession de douleurs et de violences. J’essaie de résister, de continuer à vivre, mais tout ceci devient beaucoup trop lourd à porter pour des épaules aussi frêles que les miennes. J’ai essayé de garder la tête haute, de me battre, mais cela aboutit toujours à la même chose. Des échecs  constant qui me fragilisent un peu plus chaque jour. Pourquoi ais-je accepté de suivre père jusqu’ici ? Si j’avais su que ma vie deviendrait aussi merdique, que je terminerais dans un état aussi pitoyable que je le suis actuellement, bien évidement que je serais restée sur Terre. En y repensant, je ne pense pas avoir eu tellement le choix dans le fond. Des cris, beaucoup de bruit et des coups ont résonné dans la maison cette nuit-là avant que je ne vois mon père débarquer dans ma chambre pour m’annoncer qu’il m’emmenait avec lui pour sa mission. Avide d’aventures, et n’étant encore qu’une enfant curieuse de découvrir de nouveaux horizons, je n’ai pu refuser. Une manipulation de sentiments. Les larmes coulent, sans aucune interruption. Je libère toute cette haine qui s’est accumulée au fur et à mesure. Un bruit m’interpelle, je tourne automatiquement la tête dans sa direction, avant de voir Robbie rentrer, sans aucune gêne. J’arrête aussitôt de pleurer, essuyant les dernières traces de mon relâchement du revers de ma main valide. J’inspire profondément. Je crains le pire après mon petit spectacle dans la cuisine. Instinctivement, mon corps se met en position de défense,  se recroqueville sur lui-même. Mon expression quant à elle continue de refléter le mépris que j’éprouve à son égard. Expression qui ne dure pas lorsque je remarque qu’il s’empare de l’arme accroché à sa ceinture. Pétrifiée, je recule par pur réflexe, me collant un peu plus contre l’armoire. Il va réellement le faire. La peur me ronge de  nouveau. Mais dans un sens tout cette mascarade serait terminée; je ne sais quoi penser. Le canon se lève, je suis prête à l’affronter. Seulement ce dernier ne pointe pas dans ma direction, mais vers une toute autre. Secouée par le choc, ma bouche s’entrouvre légèrement, mes yeux s’arrondissent et mon corps se met à trembler légèrement. Il ne va pas oser tout de même ? Le cliquetis, un violent sursaut, et mes yeux se ferment automatiquement. Je refuse de voir ça, de souiller un peu plus mon esprit avec ce genre d’image traumatisante. Rien. Un silence envahit la pièce quelques instants. Je rouvre mes yeux baignés de larmes, les levant vers Robbie, une expression d’incompréhension peint sur mon visage. Cet homme est taré. J’en ai croisé des cas, mais lui explose tous les scores. Sa remarque, ses ordres, je ne les écoute pas, les ignore. Je ne suis pas sa chose, son esclave.

JOUR 21

La chambre me semble un lieu sur depuis cette petite altercation. J’y ai passé la journée entière de la vieille,  refusant d’y sortir pour quoi que ce soit. Je ne ressens plus ni la faim, ni la soif, ni même la fatigue. La haine me nourrit. Cet isolement m’a permis de remettre un tant soit peu d’ordre dans ma tête, de trouver des solutions, ou plutôt une. Après tant d’année d’errance plongée dans la solitude, de survie, d’humiliation, je suis à bout. Il est temps d’y mettre un terme. Je n’ai plus personne, plus aucun point de repère vers lequel m’orienter. Et personne n’a vraiment de considération à mon égard. Je ne suis qu’un objet, un être vivant uniquement là pour amuser, occuper la galerie. Un jouet que l’on jette une fois usé. Pourquoi dois-je continuer à m’acharner dans ce cas ? Après plus de vingt-quatre heures à être enfermée dans cette pièce, je daigne enfin en sortir, déterminée à en finir avec tout ça. Je me trouve stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt. Lentement et discrètement, je monte une a une les barres de l’échelle pour me rendre sur le toit de la maison. Les panneaux solaires m’éblouissent un instant. Le soleil me brûle la peau. D’un pas lent, je me rapproche du bord, fixant l’horizon. Je baisse finalement les yeux pour constater la hauteur. Une tas de ferrailles est entreposé juste en dessous. Dire que je n’ai pas peur de mourir serait un mensonge. Mais j’ai perdu le goût de me battre. Il n’y a aucun espoir sur Mars. A défaut de pouvoir m’en échapper à proprement parlé, il est temps de fuir cette planète d’une manière différente. Elle n’est pas glorieuse, presque honteuse, mais c’est la seule chose pour mettre un frein à cet engrenage. Un pas, un seul, et c’est la chute. Pour une fois que je peux décider par moi-même, que je n’obéit pas à des règles ou obligations. Je fixe de nouveau l’horizon, prenant le temps de repenser à tout ce qui a pu m’arriver depuis mon arrivée.

— Tu peux le faire … tu dois le faire.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptySam 12 Nov - 0:16

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La maintenance du Rover est un élément important dans le succès de cette expédition. Calibrer les circuits, tester chacun d’eux une fois ajusté et remplacer les filtres pour qu’ils soient complètement neufs au moment de quitter. Stocker également largement plus que le nécessaire d’outils, d’oxygène, de pièces de rechange, d’eau et de nourriture. En bout de ligne, cela m’a prit l’entièreté des heures du jour et une partie de la soirée. Je retourne dans ma chambre, préparant mes bagages en dernier. J’y glisse un revolver et des munitions, au cas où. Je songe à prendre la pierre orange. Mais si on est destiné à crever là-bas, alors soit. Karen ne sort pas de sa chambre, ce qui ne me perturbe absolument pas. J’apprécie ce silence et cette solitude. Je ne trouve toutefois aucun sommeil réparateur, ce qui est une habitude désormais. Le lendemain, je me lève et me change. Je me dirige vers la porte de la blonde et toque trois coups. Aucune réponse. J’ouvre la porte. Elle n’est pas dans la chambre. Je commence à la chercher dans la maison, enjambant à quelques reprises les couverts qui ornent toujours le sol. Je sors à l’extérieur. Une petite voix attire mon regard vers le toit. Je ne vois d’abord rien, puis en m’approchant de la barrière de roc où se trouvent les morceaux de ferrailles de l’ancien Rover des pilleurs, je la vois enfin. Elle est au bord du toit, de toute évidence là pour se tuer. J’ai vu l’angoisse et la panique dans ses yeux avant-hier. Elle aimerait bien m’échapper grâce la mort. Malheureusement pour elle, j’ai besoin de ce qu’elle sait. Suppression : actes suicidaires. L’ordre ne met qu’une fraction de seconde avant de s’implanter dans le cerveau. Elle n’aura plus du tout envi de passer à l’acte, ce qui m’arrange beaucoup. Elle voudra toujours crever, ça je n’ai pas modifié, mais l’idée poser un geste suicidaire ne sera plus jamais envisageable. Ce petit tour de magie, les scientifiques en mutation de la Terre l’on adorablement baptisé la « reprogrammation neuronale ». Je ne le vois pas de la même manière, mais je ne suis pas celui qui possède le diplôme universitaire donc j’ai forcément tord. Selon eux, je peux autant réparer des choses avec mes mains de mécano qu’avec mon esprit. J’arrive à modifier la façon de penser ou d’être des autres, à les reprogrammer quoi. À les changer de façon permanente et très efficacement. J’ai une un taux de réussite de cent pour cent, d’ailleurs. Mais le cerveau est plus complexe qu’un ordinateur. Une modification de travers et on se retrouve avec un drame sur les bras. Addition : Acrophobie. Tiens, comme ça je m’assure qu’elle ne s’approche plus des hauteurs, même accidentellement. Je grimpe sur le toit et je m’approche d’elle, lui faisant signe de la tête de me suivre lorsque finalement elle me regarde. Je descends l’échelle et je vais au garage afin de sortir le Rover de là. Le moteur demeure allumé afin de le réchauffer un peu pendant que je fais un ultime tour du véhicule et que j’attends que la jeune femme ne me rejoigne. Mon regard se perd dans la vallée de l’ouest au loin. Pas possible de la contourner, ça nous rallongerait trop. J’entends des pas derrière moi et je m’installe enfin dans le siège conducteur. Les six prochains jours risque d’être d’un ennui total.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptySam 12 Nov - 23:33



   
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U
n pas, un seul et me voilà libérer de cette vie misérable vie. Paupières closes, je lève lentement mon pied pour franchir la dernière barrière qui me sépare d’un repos éternel. Papa, attends-moi. Mon corps s’avance légèrement, avant de s’arrêter presque aussitôt. Je rouvre les yeux, tombant sur cette vaste étendue carmin, perdue, déboussolée pendant quelques secondes. Qu’est-ce que je fais sur ce toit ? Quelles sont les raisons qui m’ont poussé à monter jusqu’ici ? Une main sur la tempe, je la masse délicatement, ressentant une légère douleur à ce niveau, avant d’être prise soudainement de vertige après avoir constaté la hauteur. Dans un réflexe de survie,  je me jette entièrement au sol, apeurée comme jamais. Mon corps se met à trembler avec une certaine violence, tandis que des larmes commencent à s’agglutiner au bord de mes yeux. La hauteur ne m’a jamais effrayé, et ce depuis mon enfance, alors pourquoi avoir cette réaction aujourd’hui ? C’est l’incompréhension totale. Paralysée par la peur, le moindre mouvement m’est impossible pour le moment. Je tente par tous les moyens de me calmer, mais à la simple pensée de la proximité du vide je m’effondre aussitôt. Du bruit résonne un peu plus loin, je me focalise dessus, avant de parvenir enfin à relever légèrement la tête pour essayer de voir ce qu’il se passe. J’ai surestimé le coup que j’ai pris à la tête, il y a beaucoup trop d’effets secondaires. Étrangement, je ne parviens pas à me souvenir des raisons qui m’ont poussé ici. Je me sens toujours aussi mal moralement, noyée dans un semblant de dépression, de remise en question, mais j’ignore comment je suis arrivée ici. C’est comme si cette partie avait été effacé, ou du moins brouillée. Mes yeux se posent sur cette silhouette surgissant de la trappe, Robbie. J’ai envie de lui crier de m’aider, mais la rancœur que je lui porte m’en empêche. Ce mépris qui transparait sur son visage me blesse. Ce regard, celui de l’indifférence, celui que l’on porte à un quelconque objet sans valeur. C’est tout ce que je suis pour lui, la clé qui va lui permettre d’ouvrir ce foutu laboratoire. M’échapper de nouveau est une idée tentante, mais pour aller où ? Mon état physique ne me permet pas de parcourir de longues distances pour le moment. Je dois prendre sur moi, me remettre d’aplomb, calmer cette haine grandissante, et attendre une opportunité. En silence, j’essaie avec tant de bien que de mal de me remettre sur pieds. Mes jambes tremblent toujours, mais un pas après l’autre je tente d’atteindre l’échelle. En y réfléchissant bien, si je lui donne ce qu’il souhaite, il n’aura plus besoin de moi par la suite, et je serais libre enfin de partir loin de lui. Plusieurs minutes s’écoulent avant que je ne parvienne à atteindre le garage. Je ne suis pas prête pour un tel voyage, mais au moins une fois cela fait, je n’aurais plus à le supporter, à le craindre.

JOUR 23  

Quarante-huit heures se sont écoulées depuis que l’on a quitté la maison. Quarante-huit heures de silence, d’une atmosphère pesante. Lui parler ne sert à rien, je n’en éprouve aucunement l’envie ni le besoin. C’est un monstre sans âme, égoïste, et qui ne sert uniquement que ses intérêts personnels.  Le visage collé contre la vitre du rover, j’observe le paysage défiler. Le même depuis deux jours. Un soupire m’échappe. Quelque chose attire soudainement mon attention au loin. Un nuage de poussière, épais et assez vaste. Je fronce les sourcils, cherchant les signes quelconques d’une tempête, mais rien. Etrange. Je plisse les yeux, afin d’essayer d’y voir un peu plus clair. Des formes commencent à se dessiner, et se rapprochent, ou du moins foncent dans notre direction. Des formes familières, celles de rovers. Je me redresse instantanément en comprenant ce qu’il se passe.

—Oh non…

Mon regard balaie l’habitacle tout entier, cherchant une solution, mais bien évidemment, rien ne se présente. Leurs véhiculent sont modifiés et roulent donc plus rapidement que ce pauvre rover. Dans un dernier recours, désespéré, je me tourne vers Robbie. Le seul à pouvoir tenter quelque chose.

—Si tu ne fais rien, on est dans la merde.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 13 Nov - 1:08

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Respecter le plan de route conçu il y a une éternité il me semble se révèle plus simple que je l’avais imaginé. Les 4800 km peuvent aisément être parcouru en quatre ou cinq jours. Mon choix de l’étaler sur six est pour me permettre de pratiquer des inspections de l’état de la mécanique régulièrement. Rien ne sert de nous presser. Seul, j’aurais adopté une mentalité différente, mais restreindre le temps de conduite à dix heures par jour est déjà énorme en soit. Pour le moment, le Rover ne montre aucun signe de défaillance. Le moteur supporte très bien l’utilisation prolongée à plein régime. Malgré la chaleur de la vallée, la mécanique ne surchauffe pas. C’est grâce au système de refroidissement que j’ai bricolé et qui m’a prit deux jours entiers. La batterie soutient sa charge, mais je ne la laisse jamais se vider complètement, me servant d’un panneau solaire sur le toit pour absorber une charge et la stocker pour la nuit. C’est d’ailleurs la deuxième fois que nous dormons à l’arrière du Rover. L’espace est restreint, mais j’ai organisé le tout pour être un minimum confortable. Pas pour faire plaisir à la fille de riche, mais parce que je n’ai pas envi d’attraper un mal de dos à dormir directement contre le sol du véhicule. J’encourage l’atmosphère de silence qui s’est installé entre nous. Je ne lui dis absolument plus rien. Je n’en vois pas l’utilité. En retour, elle ne demande rien. Tant mieux. Au matin du troisième jour, la routine que j’ai instauré ce déroule normalement. Je reprends le volant après avoir vérifié que nous sommes toujours dans la bonne direction. Après une heure de route, Karen s’agite à côté. Je tourne la tête dans la direction qu’elle regarde et je reconnais la présence de pilleurs au loin. Aussitôt, j’applique les freins. Nous ne pouvons pas les semer. Je coupe le moteur, ce qui devrait foutre la trouille à la blonde, mais je sais ce que je fais. Les pilleurs ne mettent pas long à nous rejoindre et à commencer leur intimidation. Dans une cérémonie grotesque, les Rover ennemis commencent à nous tourner autour dans un cercle parfait. Je demeure calmement assis à mon siège, fixant le spectacle à travers le pare-brise. Enfin, les véhicules s’arrêtent et un nuage de poussière nous englobe subitement. Des silhouettes se forment dans la poussière et je me tourne vers Karen, sans la moindre trace d’émotion.

« Cache-toi à l’arrière et ne sort pas du Rover. »

La poussière commence à se dissiper à cause du vent fort de la vallée de l’ouest. Je sors alors du véhicule. Les hommes qui me voient siffle pour m’intimider, mais je me contente d’avancer jusqu’à atteindre l’avant de mon Rover. Mark fend alors le regroupement de pilleurs excités par l’idée d’une bagarre. Les traits de son visage trahissent sa rage envers moi. Je ne le blâme pas, elle est justifiée. Sauf qu’il ne gagnera jamais contre moi. Les armes aux mains de ses sbires attirent mon attention. Remédions à la situation. Il y a très exactement vingt-sept pilleurs devant moi, incluant Mark. J’ai déjà connu pire. Suppression : Maniement d’armes à feu. L’ordre n’a pas été lancé à une cible, mais bien à toutes les cibles à la fois. Pour m’amuser un peu de la situation, je continue ma progression vers eux. Les hommes lèvent leur arme mais se retrouve incapable de s’en servir. Un peu comme s’ils avaient oubliés comment. Oups. Mark est lui-même trop surpris de me voir ainsi s’approcher de lui sans pouvoir répliquer de son arme. Il a à peine le temps de voir venir ma main qui s’abat sur son bras, l’agrippant simplement. Il me fixe dans les yeux, souhaitant probablement me foutre une raclée dans les secondes qui suivent. Il est déjà trop tard pour lui. Implantation : virus.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 13 Nov - 2:26



   
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U
n silence soudain s’installe dans l’habitacle. Je fixe Robbie, surprise par son geste, et paniquée en imaginant les conséquences de ce dernier. Pourquoi ? Certes leurs véhicules sont beaucoup mieux équipés, mais ce n’est pas une raison pour abandonner, se donner, aussi facilement. Il ne sait pas de quoi ces hommes sont capable, encore plus lorsque la vengeance les aveugle. La première confrontation à la maison, ce n’était rien, une partie de rigolade, mais maintenant qu’ils savent à quoi s’attendre, ces retrouvailles risquent d’être un sacré carnage. Certes je ne le porte pas dans mon cœur, une certaine crainte s’installant même, mais je ne lui souhaite pas de mourir entre leurs mains. Je ne le souhaite à personne. Mon regard se pose de nouveau sur ces formes, qui se précisent au fur et à mesure que les secondes s’écoulent. Je soupire discrètement face à leur valse d’intimidation. Décidément, il faut toujours qu’ils en rajoutent. Mon exaspération ne demeure pas face aux silhouettes qui se forment, et prennent place tout autour de notre rover. Une en particulière attire mon attention. Grande, imposante, effrayante. Je déglutis. Cela ne fait que confirmer mes craintes. Un ordre, un énième me parvient. Je jette un bref regard en direction de Robbie, peu amical encore une fois. Seulement cette fois-ci je ne démontre aucune objection, et crapahute donc jusqu’à l’arrière, tentant de me cacher du mieux que possible derrière les sièges. En penchant légèrement la tête au centre, je parviens à avoir une vue dégagée de la scène. Un groupe armé nous encercle, et parmi eux Mark. Cet homme dégage un charisme malsain, effrayant.  Les nombreuses cicatrices sur son visage témoignent de sa vie d’entant, de son fort caractère et de sa détermination. L’issue de la confrontation semble scellée.

Mes ongles s’enfoncent inconsciemment dans les sièges. S’en est terminé de ma cavale, Robbie n’a aucune chance face à eux. Je me lance dans une recherche désespérée d’un moyen de défense, une possible arme, mais rien. Ce ne sont pas des coussins qui vont me permettre d’assommer quelqu’un. Un reflet attire finalement mon attention. Une clé à molette. Parfait. Je m’en empare, serrant l’objet de toute mes forces, comme si elle était mon dernier espoir. Mon attention se reporte sur la petite scène, et ce que j’y vois me surprend encore une fois. Personne ne tire. Généralement ils n’hésitent pas à trouer la moindre personne qui est assez stupide pour les provoquer comme est en train de faire Robbie. C’est à n’y rien comprendre. Sa proximité avec Mark m’angoisse. Qu’est-ce qu’il attend pour agir ? Ce n’est pas en le fixant droit dans les yeux et en le prenant par la main que l’on va s’en sortir. S’en est trop. Je quitte ma cachette, descends du rover pour m’approcher d’eux. J’ignore les sifflements, les insultes qui fusent. L’un d’entre eux s’approche du blondinet pour lui donner un coup de crosse, mais ma clé frappe violemment son crâne avant qu’il n’ait le temps de le faire. Un de moins.  

— Robbie ! Fais quelque ch…

Un contact dur et froid au niveau de ma gorge m’empêche de terminer ma phrase. Je baisse les yeux, et aperçoit une lame crantée, et plus qu’imposante frôler dangereusement ma peau. Je sais très bien à qui elle appartient malheureusement, et je ne connais que trop bien les blessures qu’elle assène. De légères marques sont encore visibles sur certaines parties de mon corps, à mon grand regret. Il va m’en vouloir, me haïr d’avantage de ne pas avoir respecté son ordre. Par ma faute la situation s’aggrave un peu plus. La pression de la lame contre ma gorge m’empêche de respirer convenablement, et la main baladeuse de mon ravisseur réveille un profond sentiment de dégoût, ainsi que des souvenirs que je préférerais oublier.

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 13 Nov - 4:27

The Red Planet
“Karen Page & Robert Aylen”
L’implantation d’un virus neuronal... Ce n’est pas comme ça que les scientifiques l’on baptisé mais je m’en fous, c’est ma mutation. J’appelle les choses comme je le veux. D’ailleurs, je trouvais que le terme « virus » est la meilleure façon de le décrire. Pas le genre de virus qui vous rend malade, mais je parle bien du genre « virus informatique ». Celui qui s’infiltre dans un ordinateur et qui en prend le contrôle. C’est exactement ce que je viens de faire avec Mark. Contrairement à mes capacités mentales habituelles, les virus demandent un contact physique. C’est vraiment la seule condition particulière. Et c’est immensément pratique, ça je peux vous l’assurez. Le corps et l’esprit de Mark se retrouvent momentanément sous mon contrôle et je peux en faire ce que je veux. Je recule d’un pas, retirant ma main. Les yeux du pilleur sont vides, son corps immobile. Il est à moi. Du mouvement derrière moi me fait me retourner pour voir Karen cogner un type. Je ne l’avais pas vu venir lui. Et c’est normal puisque le virus m’a demandé une sacrée concentration pour que l’implantation soit une réussite. Les sbires de Mark s’approchent de nous et tentent de nous avoir. Je réveille ma marionnette qui se retourne vers ses hommes et leur ordonne sévèrement de demeurer à leur position. La surprise est généralisée. La commande fonctionne, mais pas sur tous. Je ressens l’esprit agité d’un trouble fête près de Karen. La voix de cette dernière me confirme qu’il souhaite s’amuser avec elle pour me menacer. Je me retourne vers lui, ignorant la panique dans le regard de la jeune femme. Je cherche plutôt son regard à lui qui me sera d’une plus grande utilité. Ce que je m’apprête à faire me demande un lien plus grand que d’ordinaire puisque je dois rejoindre son état de conscience et non seulement le reprogrammer. Je cherche ses yeux. Lorsque finalement je les obtiens en faisant quelques pas vers lui, je ne perds pas de temps. État : syncope. J’arrive à temps pour lui enlever le couteau des mains, pour ne pas qu’il blesse Karen en s’écroulant d’un coup. D’ailleurs, il tombe assez lourdement dans le sable. Derrière moi, nouvelle vague d’agitation. Mark leur grogne dessus sans que j’aie à vraiment y penser, étant en symbiose avec mon esprit désormais. Les pilleurs n’apprécient pas vraiment, je dois dire. Il donne après tout l’impression de nous défendre. La grogne perdure et certains pointent même leur lame dans la direction de Mark. Alors que j’observe Karen et que je pose une main sur son bras pour la relever sur ses pieds, je me laisse prendre au jeu.

« Défend ton autorité, Mark. » Je chuchote sans émotion.

Je n’ai pas besoin de lui donner des ordres de la sorte et encore moins à haute voix, mais le commentaire sort instinctivement. Mark me répond en engageant le combat avec ses propres hommes. Je me retourne pour le voir de mes yeux. C’est assez divertissant, je dois dire. Je fixe la scène jusqu’à ce que je commence à sentir que le virus perd de son implantation. Mark subit des blessures et donc de la douleur. C’est l’une des deux façons de se sortir d’une possession par mon virus : souffrir ou mourir. Autrement, c’est moi qui décide. L’attention ne tarde pas à revenir vers nous et ceux qui s’approchent et me regarde subissent le même sort que le gars qui s’en ai pris à Karen. Il tombe un à un, avant d’hésiter à m’approcher. Ils n’arrêtent en fait tous de bouger que lorsque Mark est immobile au sol. Pour ce qui est de mon virus sur lui, il a disparu.
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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 13 Nov - 19:18



   
   THE RED PLANET
    ft Robert Aylen

L
a lame caresse ma peau dans de légers vas-viens, laissant à une ou deux reprises la trace de son passage. Poing serrés, je me contente de rester immobile, d’éviter de provoquer cet homme instable. Ce n’est pas pour rien qu’il est le bras droit de Mark. Il est apprécié pour sa folie, sa violence. Sa main rugueuse glisse sous mon débardeur, et m’arrache un frisson malgré moi. Ma mâchoire se resserre, et une boule commence à se former au niveau de mon estomac, engendrée par la peur et le stress. Je cherche Robbie du regard, réclamant une quelconque aide de sa part, mais ce qui m’interpelle le plus est la réaction de Mark face à tout cela. Stoïque, figé, rien ne semble le tirer de sa soudaine torpeur. Ce qui est fortement inhabituel, lui qui généralement privilégie les confrontations physiques et porte un très grand intérêt à la torture, voilà qu’il ne fait rien. Je me demande bien ce qui a pu le plonger dans un tel état ; un véritable légume. Une silhouette familière me coupe de mes pensées. Qu’est-ce qu’il fait ? Le sbire resserre l’emprise de son couteau contre ma gorge en voyant Robbie se rapprocher. Cet homme est véritablement idiot ou… ? Je ne trouve pas cela amusant, mais alors pas du tout. Un simple mouvement, et je me vide de mon sang devant tout le monde, ce n’est donc pas le moment propice pour jouer au cowboy avec ce duel de regard complètement ridicule. J’essaie de comprendre ce qu’il se passe, en tentant de m’interposer dans ce duel, mais sans savoir comment, et pourquoi, mon corps glisse vers l’arrière, suivant celui de mon ravisseur dans sa chute. Par réflexe, je m’extirpe de son emprise avant de me pencher vers l’avant, et de me retrouver à genoux dans la poussière. Aussitôt mes mains se portent à ma gorge pour vérifier qu’elle est intacte. Hormis de petites entailles, c’est le cas. Un léger soupir de soulagement m’échappe. Un sursaut me prend lorsqu’un contact se fait au niveau de mon bras. Je lève les yeux, et me retrouve brièvement rassurée en constatant que ce n’est que Robbie.

Une fois sur pieds, mon regard balaie les environs, tombant sur une scène qui me plonge dans l’incompréhension totale. Mark qui s’en prend à ses hommes, moi qui pensais avoir tout vu. Rien n’explique un tel comportement. Certains d’entre eux commencent à s’approcher de nous dangereusement. Armes en main, cette haine qui se lit si facilement sur leurs visage est loin de me rassurer. Je recule de quelques pas, avant de me stopper en les voyant tomber un à un comme des mouches. Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Robbie n’a pas bougé d’un millimètre, et semble un peu trop calme à mon goût. C’est comme si une barrière invisible nous protège, empêche quiconque de nous approcher. Impossible. Ça n’existe pas ce genre de chose.

— Comment est-ce possible…  Une interrogation, un simple chuchotement qui se perd aussitôt dans le vent qui surplombe la vallée.

Tous ces corps étalés dans le sable ravivent de sombres souvenirs. Ils sont simplement inconscients, du moins je crois, mais leur inertie me projette violemment dans un passé violent, rouvre de profondes cicatrices. Toutes ces femmes croisées dans les couloirs poisseux de cette soit disant usine qui leur sert de planque, avec leurs corps mutilés, et leurs esprits à jamais marqués. J’ai réussi à m’en sortir, à trouver un moyen de leur échapper, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Il faut que ça cesse. Une bouffée de chaleur me submerge, embrouille mon esprit, noyé dans ces souvenirs, cette haine que j’éprouve à l’égard de ces monstres. Mon visage reste figé dans une expression de neutralité troublante, mon regard se perd dans le néant, tandis que j’enjambe tous ces corps évanouis, pour m’approcher de celui de Mark, inerte également. J’attrape son arme, pointant sa poitrine, doigt sur la détente. Tu ne tortureras plus personne. Un coup, un second, puis un dernier. Un silence s’installe, seule la dernière détonation résonne encore contre les roches. Aucuns remords, juste un soulagement. Je ne m’en pensais pas capable, et pourtant. J’inspire profondément avant de me retourner, faisant face au reste du groupe, l’arme toujours en main, et prête à l’emploie. D’autres coups partent, un peu partout, au hasard. C’est le moment où jamais pour me débarrasser d’eux, telle occasion ne se représentera pas. Ils reviendront, encore et toujours, et continueront de me traquer. Mes tirs sont imprécis. N’ayant pas l’habitude de manier ce genre d’objet, je ne vise pas tellement. Mes balles se logent principalement dans leurs bras, leurs jambes, mais rien de bien mortel, pour le moment.

Un dernier coup, puis je me tourne une énième fois, dans la direction de Robbie. Le canon le vise ouvertement, et plus précisément sa tête. Une cible immobile. Mon regard s’ancre dans le sien, mon doigt toujours la détente, prêt à y exercer une pression pour tirer. Après tout il ne vaut pas mieux qu’eux, non ? Je ne suis rien d’autre que la clé qui va lui permettre de piller le laboratoire de mon père, rien d’autre. Il m’a battu, ne s’est pas gêné pour me faire mal, et n’a jamais présenté d’excuses. Mes mains resserrent leur emprise sur l’arme. Un mouvement, un seul et je me retrouve seule pour de bon, libre. Mais quelque chose m’empêche d’aller jusqu’au bout, des souvenirs, ceux de notre rencontre, des journées passées au garage à essayer de réparer le rover à deux et à la chute… le soir où j’ai pris conscience de son humanité, où il a commencé à laisser échapper de petites confessions. Pourquoi est-il devenu aussi sombre d’un coup ? Est-ce de ma faute ? Celle de mon départ précipité ? Non.  C’est beaucoup plus profond que ça. Sans m’en rendre compte, je me décrispe enfin, baissant l’arme contre ma jambe. Je n’ai pas la force de le faire. Je ferme les yeux, prenant enfin conscience de mes actes. Je ne remarque pas l’un des sbires de nouveau sur ses jambes, titubant dangereusement dans ma direction avec son arme. Un bruit sourd, un sursaut.

Ou se loge la balle tirée par le pilleur ?:
 


Cette détonation me surprend, mais dans un réflexe de défense, je me retourne dans sa direction en tirant aussitôt une fois la silhouette dans mon champ de vision. Une étrange chaleur caresse ma joue, mes doigts se posent sur cette dernière, et un liquide rougeâtre en découlent légèrement.C’était moins une ! Je regarde par-dessus mon épaule, afin de vérifier où cette balle a bien pu aller, et le constat me glace. Du sang, de nouveau, partout et en grande quantité. Je lâche l’arme, pour courir vers Robbie, me jetant littéralement à ses côtés pour le soutenir du mieux que je peux, et éviter d’aggraver son cas avec une chute.

— Mon Dieu, Robbie …  

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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 13 Nov - 19:18

Le membre 'Karen Page' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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MessageSujet: Re: The Red Planet [Karen & Robbie]   The Red Planet [Karen & Robbie] - Page 2 EmptyDim 13 Nov - 20:41

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Nous sommes tous immobiles à nous fixer l’un et l’autre. Mon esprit est concentré sur les hommes qui restent toujours debout. La personne qui bouge en premier est celle que je ne m’attendais pas. D’un pas décidé, rigide, Karen passe à côté de moi et s’approche de Mark. Ses sbires ne tentent rien pour l’arrêter, malgré l’arme à feu qui est dans sa main. Je fixe son dos, sachant ce qu’elle compte faire. Elle m’a parlé vaguement de ce que Mark lui a fait par le passé. La vendetta qu’elle s’apprête à exécuter est légitime à mon opinion. Nous l’observons tous, alors qu’elle vise l’homme au sol. Les coups partent et résonnent dans mes oreilles. Je regarde la scène avec neutralité, comme d’habitude désormais. Je fais tourner le couteau qui est toujours dans ma main et m’attarde sur les détails du manche un instant. Lorsque d’autres coups résonnent, je lève vivement la tête, presque dans un sursaut. Karen tire sur les hommes qui restent, n’épargnant personne, il semblerait. Je demeure sur place, attendant la fin. Le canon se retrouve sur moi et je me fige. La menace de l’arme réveille une émotion. Un désir. Celui de mourir. Je regarde Karen dans les yeux, lui suppliant en silence d’abréger mes souffrances. Mais dans mon œil, le message n’est pas visible. Mon corps n’arrive tout simplement plus à transmettre d’émotion. Je suis ainsi de marbre, mais la pensée d’une mort imminente m’agite à l’intérieur. Alors, elle baisse son arme et le sort se brise. Mes traits forment une surprise sur mon visage, ma bouche est entre ouverte. Je suis confus. Pourquoi m’avoir épargné? Je n’arrive pas à refaire fonctionner mon cerveau sur le coup. Je demeure avec cette interrogation insensée. Je ne remarque ainsi pas la menace imminente. L’homme qui vraisemblablement a apprit de Karen comment se servir d’une arme à feu et qui dans sa dernière réplique vise de façon erronée. La balle frôle la jeune femme et vient ensuite s’enfoncer dans mon flanc droit, à quelques millimètres sous le foie. Ratant par chance la veine porte. Une vive douleur m’arrache un gémissement de surprise alors que je sens mon corps être paralysé par le choc. J’ai mal. Avoir mal ne m’était pas arrivé depuis le pire jour de ma vie, il y a un peu plus de deux semaines. Après que Karen soit partie, j’ai pris la décision de retourner sur Terre pour trouver les pièces manquantes du Rover. C’est là que j’ai appris la nouvelle. C’est là que ma vie à complètement perdue sa valeur si c’est pour porter un tel souvenir, une telle souffrance. Je sens des bras m’entourer alors que la douleur de la blessure me fait gémir à nouveau. Je réagis en agrippant Karen d’un bras ferme, la rapprochant ainsi involontairement un peu plus de mon visage.

« Le Rover. » Est tout ce que j’articule dans mes grognements de douleur.

Je remue afin de me relever moi-même, mais mes jambes sont molles à cause du choc. Je dois donc me laisser presque entièrement porté par elle. J’insiste fortement pour qu’elle me fasse monter dans le siège conducteur. Je ne lui laisse aucun autre choix. Une fois tous les deux dans le Rover, je démarre en entrant mon code et je ne perds pas de temps pour appuyer sur l’accélérateur. Je me fiche des corps que j’écrase en passant tout droit, je veux juste qu’on foute le camp d’ici. Alors qu’on s’éloigne des autres Rover, je prends une des mains de Karen et je la plaque contre ma blessure.

« Appuie fortement. La balle est toujours dans mon corps. Dès qu’on aura prit un peu de distance, tu vas l’enlever. »

J’halète en parlant et ma peau est couverte de sueur. Je ne fais que penser à la balle, à rien d’autre et cela est perturbant pour ma concentration. Lorsque je ne vois plus les pilleurs dans le rétroviseur, j’applique les freins et j’éteins le moteur. Je fais ensuite signe à Karen de transférer à l’arrière des sièges. Je pointe dans la pile de matériel que j’ai emporté un sac qui contient un kit médical. Pendant qu’elle l’attrape, je déchire mon t-shirt, révélant le trou de balle. Je fixe la blessure et j’appuie doucement avec mes doigts, rassuré par le flot de sang normal qui sort. Aucun vaisseau important n’a été touché. Je me laisse retomber sur le dos doucement, étourdie.

« Utilise les pinces du kit pour aller chercher la balle. Elle ne semble pas très profonde. Ne remonte pas trop haut, sinon tu vas percer la veine du foie.»

J’ai l’air de savoir ce que je fais, mais c’est uniquement parce que ma mère était médecin de guerre et que je lui volais toujours ses livres de référence en douce. J’étais du genre studieux comme gamin. J’ignore ce qui est arrivé pour que je finisse mécano.
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